Chacun, un jour, est passé par là. Le vin, comme les langues vivantes,
dispose d’une grammaire et d’une orthographe, une somme de choses qu’il est agréable d’apprendre. Dans cette rubrique, nous essayons d’apporter toutes les réponses
à toutes les questions que vous vous posez.


Bordeaux rive gauche


20 Peut-on faire de bonnes affaires dans les graves ?

Peut-on faire de bonnes affaires dans les graves ?

Il y a quelques années les vins des Graves présentaient un excellent rapport qualité-prix. Étouffés par la notoriété des médocs et des saint-émilion, ils peinaient à être reconnus. Aujourd’hui, les crus classés de Pessac-Léognan ont rattrapé la notoriété et les prix des crus classés du Médoc. Les bonnes affaires sont donc rares et les vins se paient à leur prix. Ce constat vaut également pour les crus situés sur l’aire d’appellation Graves : les plus réussis sont maintenant connus et reconnus et leurs tarifs sont comparables aux vins de qualité équivalente dans les autres appellations de la rive gauche.
19 Quel est le style des vins rouges de Pessac-Léognan ?

Quel est le style des vins rouges de Pessac-Léognan ?

Pessac-Léognan produit environ neuf millions de bouteilles (80 % de rouges et 20 % de blancs). Le sol et le sous-sol sont composés de graviers, galets roulés par les eaux d’une épaisseur allant de vingt centimètres à trois mètres et plus. Sur ce terroir, la variété de cailloutis est exceptionnelle avec des quartz, quartzites blancs, ocres, rouges et roses, des jaspes et des silex... Ainsi, le rayonnement du sol est parfaitement réfléchi et la chaleur, redistribuée sur les grappes, contribue à une meilleure maturation du raisin. D’autre part, les dépôts de graves formant des croupes exposent très bien les raisins au soleil, tout en assurant un bon drainage. C’est la pauvreté de ce sol si rare et l’encépagement (cabernet-sauvignon mais aussi cabernet franc dominent) qui donnent des vins d’une grande finesse aromatique, avec des arômes typiquement fumés et minéraux, des tanins fins et harmonieux, d’une grande aptitude au vieillissement.
18 Quelle est la différence entre les pessac-léognan et les graves ?

Quelle est la différence entre les pessac-léognan et les graves ?

Il n’existait pas un réel classement dans les Graves, si bien que l’on y trouvait le pire comme le meilleur sous la même appellation. Au nord des Graves, plus près de Bordeaux, les propriétaires revendiquèrent une appellation les distinguant de leurs confrères du sud. Ainsi, naquit en 1987, l’AOC Pessac-Léognan où l’on trouve la totalité des quinze crus classés des Graves, auxquels s’ajoute le château Haut-Brion déjà présent dans le grand classement de 1855.
17 Pourquoi Listrac et Moulis sont-ils moins réputés que les autres appellations communales ?

Pourquoi Listrac et Moulis sont-ils moins réputés que les autres appellations communales ?

Moulis et Listrac avaient envisagé de fusionner en prenant, soit les deux premières syllabes de chacun, Mou-Lis, soit les deux dernières, Lis-Trac ! Trois raisons essentielles défavorisent le développement de la notoriété de ces deux appellations : l’éloignement du fleuve rendant autrefois plus complexe l’acheminement du vin qui s’effectuait par voie d’eau ; le fait que le métier de la vigne ne fut pas primordial pour les propriétaires, car ils tiraient leurs principaux revenus de la sylviculture et de l’élevage ; enfin, l’absence de “piston” au moment du classement de 1855. Il existe pourtant à Moulis le fameux terroir de Poujeaux qui égale les meilleurs du Médoc.
16 Les appellations Médoc et Haut-Médoc sont-elles qualitativement homogènes ?

Les appellations Médoc et Haut-Médoc sont-elles qualitativement homogènes ?

Le Médoc (la partie nord de la zone, située aux alentours de Lesparre) et le Haut-Médoc (qui s’étend sur la partie sud, depuis Saint-Seurin-de-Cadourne jusqu’à Blanquefort) se distinguent notamment au niveau du sous-sol, du climat et de l’encépagement. En effet, si le sous-sol du Médoc est composé essentiellement de graves provenant des moraines glaciaires des Pyrénées, le Haut-Médoc repose sur des sols plus lourds à dominante argilo-calcaire. De même, l’influence océanique, plus présente dans le Médoc, est à l’origine d’un climat plus frais, qui ralentit la maturation des cépages. Ces deux éléments favorisent la maturation du merlot, cépage plus précoce que le cabernet-sauvignon. La part du merlot dans l’encépagement est donc plus importante dans le Médoc, même si le cabernet-sauvignon reste le cépage majoritaire. Sur le plan gustatif, les médocs vont se révéler plus charnus, plus accessibles dans leur jeunesse, mais peut-être moins typiques que leurs cousins du Haut-Médoc. Ces deux appellations ne sont donc pas homogènes, à tel point que les appellations communales et les crus classés se situent sans exception en Haut-Médoc.
15 Comment bien choisir un saint-estèphe ?

Comment bien choisir un saint-estèphe ?

La plus septentrionale des appellations communales du Médoc, Saint-Estèphe, produit des vins robustes, d’une grande richesse tannique, et constitués pour la longue garde. Présentant parfois de fortes similitudes avec leurs voisins de Pauillac, les vins de Saint-Estèphe sont sans doute plus charnus, mais tout aussi astringents et fermes dans leur jeunesse. Avec seulement cinq crus classés en 1855, qui constituent des valeurs sûres pour l’amateur, l’appellation comporte également d’excellents crus bourgeois, probablement les plus médiatisés de la région, mais elle est vaste et, comme Margaux, nécessairement hétérogène.
14 Comment bien choisir un pauillac ?

Comment bien choisir un pauillac ?

Commune mythique du Médoc, puisqu’elle abrite trois Premiers crus classés (Latour, Lafite Rothschild, Mouton Rothschild), Pauillac produit sans doute les vins les plus spectaculaires de la région. Puissants et fortement bouquetés, ils possèdent une grande structure tannique qui les rend souvent austères dans leur jeunesse et ne s’assouplissent qu’après cinq à dix ans de vieillissement en bouteille. Très bien représentée dans le classement de 1855, avec dix-huit élus, l’appellation Pauillac constitue une valeur sûre pour le consommateur, puisque seuls trois ou quatre crus classés sont indignes de leur rang. Sans parler d’excellents crus bourgeois.
13 Comment bien choisir un saint-julien ?

Comment bien choisir un saint-julien ?

Saint-Julien est l’appellation la plus régulière du Médoc, dont on dit que si elle offre beaucoup d’excellentes bouteilles, elle en produit peu de médiocres. Structurés et équilibrés, les vins de Saint-Julien sont reconnus pour leur harmonie, synthèse réussie de la finesse d’un margaux et de la puissance d’un pauillac, qui n’entrave en rien leur grand potentiel de garde. Avec onze crus classés, tous irréprochables, l’appellation représente une aubaine pour le consommateur, qui trouvera très facilement dans le commerce ou en restauration ces châteaux dont les volumes de production sont conséquents.
12 Comment bien choisir un margaux ?

Comment bien choisir un margaux ?

Les vins de Margaux sont régulièrement décrits comme étant fins, délicats et élégants. Certains vont même jusqu’à conférer à leur morphologie soyeuse un caractère presque féminin ! Si l’encépagement de Margaux est l’un des plus complexes du Médoc, où le petit verdot et le cabernet franc sont bien représentés, le cabernet-sauvignon domine très largement (à 69 %). Cette complexité de l’assemblage se retrouve à la dégustation, un margaux bien fait devant justement présenter une complexité de saveurs sans égale dans le Médoc. Revers de la médaille, plus qu’ailleurs dans le Médoc, certains margaux peuvent apparaitre dilués en année pluvieuse et leurs tanins manquent de maturité en année sèche. Margaux a longtemps été l’appellation la plus irrégulière. C’est aujourd’hui bien différent pour la plupart des crus classés (22 crus) et plusieurs autres crus revenus spectaculairement à leur meilleur niveau.
11 Quels sont les crus médocains de bonne qualité les plus largement diffusés ?

Quels sont les crus médocains de bonne qualité les plus largement diffusés ?

1 500 viticulteurs, 15 000 hectares en exploitation, 92 millions de bouteilles chaque année : les chiffres du Médoc perturbent souvent le consommateur. Pourtant, le mode de production bordelais permet la mise sur le marché de marques de bonne qualité et largement diffusées, contrairement à la Bourgogne par exemple. Si tous les négociants (Cordier, Ginestet, etc.) proposent une cuvée de médoc, l’amateur plus exigeant profitera du grand nombre de châteaux élaborant de grands vins en grandes quantités (500 000 bouteilles ou plus) et aisément disponibles : crus bourgeois (Citran, Chasse-Spleen, Coufran, Greysac), et même, crus classés (Lagrange, Cantemerle, Talbot).
10 Comment bien choisir un vin du Médoc ?

Comment bien choisir un vin du Médoc ?

Les vins du Médoc, dont la typicité repose sur le cabernet-sauvignon, se révèlent d’autant mieux réussis que la maturité de ce dernier a été optimale. Il faut donc privilégier les millésimes où septembre et octobre ont été ensoleillé. À la dégustation, le nez est marqué par les fruits (cassis), la bouche doit être structurée par des tanins fermes, mûrs mais présents. De nombreux classements coexistent (classement des crus classés de 1855, des crus bourgeois, des crus artisans et même des crus paysans !) qui déroutent l’amateur néophyte. Si le classement de 1855 est figé depuis sa publication, celui des crus bourgeois donnera, après la révision prévue, une nouvelle hiérarchie des châteaux médocains.
9 Pourquoi le prix des grands vins de la rive gauche varie si souvent ?

Pourquoi le prix des grands vins de la rive gauche varie si souvent ?

Le prix des crus de Bordeaux, et en particulier celui des grands médocs, subit de fortes variations qui correspondent le plus souvent à l’état économique des grands pays acheteurs, c’est à dire Europe de l’ouest, USA et Asie du sud-est. Ainsi, les tarifs s’envolèrent à la fin des années 80, puis chutèrent brutalement après la Guerre du Golfe en 1991 et jusqu’à 1995. A partir de 1996, les cours étaient chaque année en forte hausse avec la vente du millésime 2000 en point culminant. Entre 2001 et 2004, on assista à une baisse et même à une mévente sur certains marchés, en particulier les Etats-Unis. Mais les millésimes 2005 puis surtout 2009 et 2010, de très haute qualité et correspondant à l’ouverture très spectaculaire d’un nouveau marché, la Chine, ont suscité une nouvelle et très forte envolée des prix. Entre deux, des millésimes intéressants (2001, 2004, 2007, 2008, 2011, 2012) subissent à l’inverse une forte absence de médiatisation et le désintérêt d’acheteurs ou de marchés plus axés sur la spéculation que sur la consommation. Curieusement, alors que la différence qualitative entre grands et moyens millésimes n’a jamais été aussi réduite (du fait des progrès techniques, des investissements et des sélections drastiques des grands vins), celles de côte entre ces deux types d’année n’ont cessé de s’accroître.
8 Qu’est-ce qu’un second vin ?

Qu’est-ce qu’un second vin ?

Partant du principe de bon sens que toutes les vignes d’une propriété ne donnent pas la même qualité de vin, certains propriétaires ont pris l’habitude d’éliminer de leur cuvée principale certaines cuves. On revendait autrefois ces vins aux négociants qui les commercialisaient sous une autre marque, mais c’est le baron Philippe de Rothschild qui inventa dès les années trente, pour son cru de Mouton Rothschild, un second vin baptisé Mouton Cadet (connaissant un succès commercial très fort, Mouton Cadet s’est rapidement séparé de cette fonction et n’est plus aujourd’hui élaboré à partir des raisins du vignoble de Mouton). La plupart des grands crus (mais pas tous !) possèdent un second vin, certains poussant même le scrupule jusqu’à proposer une troisième étiquette. La qualité de ces vins est cependant assez hétérogène, en particulier dans les millésimes moyens.
7 Quelles sont les appellations communales offrant la meilleure homogénéité ?

Quelles sont les appellations communales offrant la meilleure homogénéité ?

Ce n’est certes pas dans l’appellation Haut-Médoc (4 200 ha) que l’homogénéité règne : c’est assez logique car son terroir est très étendu et les viticulteurs nombreux. Il en est de même pour le Médoc (4 700 ha) pour des raisons identiques. C’est dans les quatre célèbres appellations communales du Médoc que l’on trouvera une plus grande homogénéité qualitative. Margaux, tout d’abord, qui se trouve en plein renouveau qualitatif, mais dont le terroir très varié (il s’étend sur cinq communes) entraîne une hétérogénéité du style des vins. Les appellations Pauillac et Saint-Estèphe s’avèrent plutôt homogènes, on y trouve généralement des vins de bonne qualité. Le champion toutes catégories est Saint-Julien : le terroir est très homogène, cette seule commune compte onze crus classés (qui représentent 80 % de la production), le nombre de viticulteurs ne dépasse pas vingt-cinq et les vins y sont toujours très réussis.
6 Quelles sont les principales appellations du Médoc ?

Quelles sont les principales appellations du Médoc ?

En Médoc, qui représente près de 15 000 hectares en production, il existe huit appellations d’origine contrôlée (AOC) : les appellations sous-régionales Médoc et Haut-Médoc et six appellations communales, Moulis, Listrac, Margaux, Saint-Julien, Pauillac et Saint-Estèphe. À l’intérieur de chaque AOC, une certaine hiérarchie est établie avec des crus tout simples, des crus artisans, des crus bourgeois et des crus classés (61 châteaux). Si, généralement, les crus classés méritent maintenant leurs galons, il n’en est pas de même pour les niveaux inférieurs où tout devient possible, d’où la décision récente d’une refonte du classement des crus bourgeois qui devrait, si elle est objectivement réalisée, provoquer larmes et grincements de dents.
5 Comment définir le style des vins du Médoc ?

Comment définir le style des vins du Médoc ?

D’un point de vue œnologique, les médocs et les graves sont parmi les vins rouges les mieux taillés pour la garde : ses tanins forment des chaînes moléculaires solides qui retiennent prisonnières les toutes petites molécules colorantes et les minuscules arômes. Une garde de vingt ans ne fait pas peur aux meilleurs vins. En vieillissant, ils fondent leurs tanins et cisèlent leurs arômes. Après une dizaine d’années, les crus majoritairement issus de cabernet-sauvignon évoluent ainsi vers des notes de cassis, de cuir, d’humus, avec une pointe de menthol, voire de cigare (à Pauillac ou Pessac-Léognan), tandis qu’un margaux gardera longtemps une délicate odeur de violette. Le cépage roi du Médoc est le cabernet-sauvignon dont les qualités naturelles (concentration, charpente, tanins, acidité) apportent tout ce qu’il faut pour pouvoir bien vieillir. Le merlot ne possède pas toutes ces caractéristiques, mais donne des vins plus rapidement plaisants, si bien que certains viticulteurs médocains ont tendance, pour des raisons commerciales, à augmenter progressivement la proportion de merlot dans leurs vignes... C’est dommage, car nous risquons au fil des décennies de ne plus découvrir dans les grands millésimes ces sublimes médocs qui nous donnaient avec l’âge de pures merveilles. Dans les vins des Graves, il faut toujours distinguer les appellations : les qualités citées ci-dessus s’avèrent toujours plus évidentes pour les pessac-léognan que pour les graves. Les plus grands peuvent vieillir bien souvent au-delà de trente ans dans les grands millésimes, avec des arômes fumés très caractéristiques. C’est la ville de Bordeaux et la fin de l’estuaire de la Gironde qui sépare les Graves du Médoc. Mais en fait le terroir reste similaire, bien que de nature plus varié. De Pessac-Léognan aux Graves du sud, de Bordeaux jusqu’à Langon, les Graves, qui borde sur cinquante kilomètres la Garonne, doivent leur nom à la nature de leur sol : des terrasses façonnées par la Garonne, qui a déposé une grande variété de débris caillouteux – galets, graviers – provenant des Pyrénées et du Massif Central. On voit apparaître la dénomination de graves au Moyen Âge pour qualifier toutes les terres situées en amont de Bordeaux, jusqu’aux Landes. Dans les Graves comme en Médoc, les meilleurs vignobles sont assez proches du cours d’eau. Plus on s’en éloigne, plus le sol devient sableux, la vigne laissant alors progressivement la place aux forêts de pins.
4 Quels sont les classements officiels des vins de Bordeaux ?

Quels sont les classements officiels des vins de Bordeaux ?

Réalisé à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1855, le Classement des crus du Médoc demeure – à une exception près – inchangé. La seule modification est survenue en 1973, lors du passage de Deuxième cru à celui de Premier cru du château Mouton Rothschild. Autre aménagement, le château Haut-Brion (Graves) a été incorporé à ce classement. Le classement des médocs comprend : quatre premiers crus, quinze deuxièmes, quatorze troisièmes, dix quatrièmes et dix-huit cinquièmes. Souvent critiqué à cause de son immuabilité, ce classement fut établi selon le cours moyen des vins. Cette hiérarchie reste relativement fiable, en particulier pour les premiers. La majorité des seconds méritent leur position, à laquelle ont peut adjoindre une troisième (Palmer) et un cinquième (Lynch-Bages). Si certains châteaux ne sont pas à leur niveau, on peut penser qu’il s’agit d’un problème temporaire d’hommes, de moyens ou de compétences. Le Médoc a ajouté un classement supplémentaire : il concerne les crus bourgeois, c’est à dire les propriétés non classées en 1855, mais d’un niveau méritant en théorie d’être distingué. Ce n’est plus aujourd’hui un classement mais un label. Chaque année depuis le millésime 2008, chaque domaine et chaque étape de la labellisation sont contrôlés et certifiés par l’Alliance des Crus Bourgeois et par le bureau Veritas. Un comité de dégustateurs définit dans un premier temps le vin « référent » du millésime à l’aune duquel ceux des candidats seront ensuite dégustés et notés à l’aveugle par six experts qui ne se concertent pas. Si la moyenne des notes obtenues est supérieure ou égale à celle du référent, le vin est agréé “cru bourgeois”. Chaque bouteille est obligatoirement dotée du sticker du label, sécurisé et à code unique. Longtemps, Haut-Brion fut le seul cru des Graves bénéficiant d’un classement. D’autres crus finirent à établir un classement en 1959, qu’on estimait alors provisoire. Seize crus, tous des pessac-léognan, en bénéficient. D’autres (comme par exemple La Louvière, quasiment pas exploité en 1959 mais aujourd’hui excellent) mériteraient d’y entrer. C’est la ville de Bordeaux et la fin de l’estuaire de la Gironde qui sépare les Graves du Médoc. Mais en fait le terroir reste similaire, bien que de nature plus varié. De Pessac-Léognan aux Graves du sud, de Bordeaux jusqu’à Langon, les Graves, qui borde sur cinquante kilomètres la Garonne, doivent leur nom à la nature de leur sol : des terrasses façonnées par la Garonne, qui a déposé une grande variété de débris caillouteux – galets, graviers – provenant des Pyrénées et du Massif Central. On voit apparaître la dénomination de graves au Moyen Âge pour qualifier toutes les terres situées en amont de Bordeaux, jusqu’aux Landes. Dans les Graves comme en Médoc, les meilleurs vignobles sont assez proches du cours d’eau. Plus on s’en éloigne, plus le sol devient sableux, la vigne laissant alors progressivement la place aux forêts de pins.
3 Comment la topographie et la géologie de la rive gauche influent-elles sur la qualité des vins ?

Comment la topographie et la géologie de la rive gauche influent-elles sur la qualité des vins ?

Si le Médoc est une région relativement plate au nord (au-delà de Saint-Seurin-de-Cadourne), la partie sud se compose en revanche de croupes graveleuses légèrement surélevées surplombant la Gironde, qui offrent au regard un paysage plus vallonné. Cette distinction topographique est reconnue depuis longtemps par les amateurs des vins de Bordeaux, puisque les six appellations communales (Margaux, Moulis, Listrac, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe) ainsi que tous les crus classés de 1855 se situent dans cette partie sud, le Haut-Médoc. En outre, la qualité des médocs n’est pas seulement due au relief, elle est surtout liée à un sous-sol exceptionnel, composé de graves, peu fertiles mais propices à la viticulture, car ils restituent à la vigne, la nuit, la chaleur emmagasinée le jour. Ce sol permet d’évacuer rapidement les eaux de pluie dans un sous-sol argilo-calcaire et impose à la plante de s’enraciner profondément pour chercher sa nourriture : ces éléments sont extrêmement bénéfiques pour produire des vins de qualité. En outre, la proximité de la Gironde limite les variations de températures et permet un climat doux, frais, aux risques de gel printanier limités. Ces conditions exceptionnelles, auxquelles il faut ajouter l’impact du travail de l’homme (notamment le drainage de ces sols longtemps marécageux), permettent à cette région faiblement vallonnée de produire de très grands vins. C’est la ville de Bordeaux et la fin de l’estuaire de la Gironde qui sépare les Graves du Médoc. Mais en fait le terroir reste similaire, bien que de nature plus varié. De Pessac-Léognan aux Graves du sud, de Bordeaux jusqu’à Langon, les Graves, qui borde sur cinquante kilomètres la Garonne, doivent leur nom à la nature de leur sol : des terrasses façonnées par la Garonne, qui a déposé une grande variété de débris caillouteux – galets, graviers – provenant des Pyrénées et du Massif Central. On voit apparaître la dénomination de graves au Moyen Âge pour qualifier toutes les terres situées en amont de Bordeaux, jusqu’aux Landes. Dans les Graves comme en Médoc, les meilleurs vignobles sont assez proches du cours d’eau. Plus on s’en éloigne, plus le sol devient sableux, la vigne laissant alors progressivement la place aux forêts de pins.
2 Qu’est-ce que la rive gauche de Bordeaux et pourquoi y produit-on de bons vins ?

Qu’est-ce que la rive gauche de Bordeaux et pourquoi y produit-on de bons vins ?

La Rive Gauche bordelaise se définit par rapport à un fleuve, la Garonne, puis par rapport à son estuaire, la Gironde. Se succèdent ainsi sur plus de 150 kilomètres des vignobles qui tous subissent l’influence rafraîchissante et modératrice (en matière de température) des cours d’eau. En fait, ces vignobles se divisent en trois grandes parties géographiques d’est en ouest, le Sauternais, voué aux seuls vins blancs, puis les Graves, qui longent la Garonne jusqu’à la très vaste agglomération de Bordeaux, et enfin le Médoc, presqu’île accompagnant le cours de la Gironde depuis Bordeaux jusqu’à l’Océan Atlantique. Si les Graves constituent un vignoble de très ancienne installation (certainement à l’époque Romaine), le Médoc est d’origine plus récente et sa notoriété ne s’est vraiment installée qu’au XVIIIème siècle. Néanmoins, ces vignobles possèdent des caractéristiques géologiques communes : ils reposent tous deux sur un sol d’alluvions récentes, nées avec l’émergence des Pyrénées et charriées par le fleuve. Ces alluvions très caractéristiques se visualisent par un sol de gros galets appelés graves et qui apportent des conditions très adaptées à la culture de la vigne.
1 Quels cépages utilise-t-on et quelles sont leurs forces et faiblesses ?

Quels cépages utilise-t-on et quelles sont leurs forces et faiblesses ?

Le cabernet-sauvignon est très présent dans le Médoc et les Graves, où il peut représenter jusqu’à 80 % de l’encépagement d’un cru. Il donne des vins colorés à qui l’élevage en fût réussit. Mais il mûrit tardivement, donc il craint les automnes froids et les terroirs argileux : quand le début de l’automne est beau et chaud, comme en 2009, 2010 ou 2014, on va vers de grand millésime médocains. Quand le temps est pluvieux en octobre, comme en 2013, c’est le contraire. Si le merlot n’est pas aussi prédominant que sur la Rive Droite, il est néanmoins très présent également Rive Gauche, où il peut représenter entre 20 et 60% de l’encépagement selon les crus. Il mûrit précocement et réussit bien sur des terrains frais. Il donne un vin souple, coloré, d’un bon degré alcoolique. En revanche, le cabernet franc et le malbec sont très peu présents. Les médocains préfèrent comme cépage d’appoint planter du petit verdot, apparenté à la famille des cabernets. S’il est récolté bien mûr, il donne un vin tannique et coloré.
...
Si les Graves constituent un vignoble de très ancienne installation (certainement à l’époque Romaine), le Médoc est d’origine plus récente et sa notoriété ne s’est vraiment installée qu’au XVIIIème siècle. Néanmoins, ces vignobles possèdent des caractéristiques géologiques communes : ils reposent tous deux sur un sol d’alluvions récentes, nées avec l’émergence des Pyrénées et charriées par le fleuve. Ces alluvions très caractéristiques se visualisent par un sol de gros galets appelés graves et qui apportent des conditions très adaptées à la culture de la vigne.

PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE