A l’heure où vins et champagnes vont prendre leur place à table pour les fêtes de fin d’année, on continue avec
les études publiées par Vin & Société (voir ici celle d’hier). Depuis 2 ans, cette association mène avec l’appui du cabinet Alcimed une étude bibliographique* sur les effets du vin sur différentes pathologies chroniques telles que les maladies cardio-vasculaires, les maladies métaboliques (diabète, obésité…), les maladies neuro-dégénératives (Alzheimer, Parkinson…), les cancers, les maladies osseuses, etc. Constance Hervieu, qui mène cette étude pour le cabinet Alcimed considère qu’elle permet d’affirmer que « dans le cadre d’une consommation régulière et mesurée, le vin a des effets bénéfiques dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, du diabète de type 2 et de certains cancer, résultats bénéfiques qui riment avec consommation mesurée et responsable. »

Quatre niveaux de preuve ont été définis. Le consensus signifie qu’au moins 8 études montrent toutes le même effet ou qu’au moins 4 études portant sur des populations de plus 100 000 personnes montrent des effets similaires. La piste sérieuse est établie lorsqu’au moins 4 études montrent une tendance claire ou qu’au moins deux études portant sur plus de 10 000 sujets permettent de dégager une tendance claire. La piste émergente est conséquence d’une tendance montrée par 2 à 4 études. Enfin, la controverse naît lorsque plusieurs études montrent des résultats contradictoires.
 De manière consensuelle, l’étude montre que la consommation modérée de vin a des effets bénéfiques sur la mortalité générale et dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, du cancer colorectal
et du cancer de l’oesophage.

Parmi les pistes sérieuses, les études démontrent un bénéfice de la consommation modérée de vin dans la prévention du diabète de type 2 et des maladies neuro-dégénératives ainsi que dans l’amélioration des fonctions cognitives. Concernant les cancers, les études de cette année permettent de confirmer que la consommation responsable de vin serait intéressante dans la prévention des cancers du poumon, de la thyroïde ou du rein et sans effet dans le déclenchement des cancers de la prostate et de l’estomac. 


Parmi les pistes émergentes, comme les années précédentes, les études montrent que la survie après le diagnostic d’un cancer est meilleure chez les consommateurs modérés de vin. De même, l’étude montre que le vin aurait des bénéfices dans la prévention des cancers de la vessie et du sein non hormono-dépendant. Cependant, comme évoqué l’an passé, il semble que la consommation régulière de vin, tout comme celle d’alcool en général, augmente les risques de cancer du sein hormono-dépendant. Cette forme de cancer qui est la plus fréquente est également fortement influencée par d’autres facteurs de risque comme une puberté précoce, une ménopause tardive, une maternité tardive, une absence d’allaitement…

Pour finir, deux controverses existent. L’une porte sur les effets du vin sur les cancers des VADS (voies aéro-digestives supérieures), sauf l’oesophage, et l’autre sur le cancer de la peau. Les publications scientifiques concernant ces pathologies seront suivies avec attention par Alcimed et Vin & Société en 2013. En attendant,
on rappellera que ce qu’on appelle une consommation modérée correspond à trois verres par jour maximum pour un homme et deux pour une femme.


* Depuis septembre 2011, 869 publications ont été recensées dans la base Pubmed portant sur le vin, l’alcool et la santé. 99 études ont été sélectionnées à l’issue de ce premier regroupement. Les études in vitro, celles ne portant pas sur les thématiques retenues ou encore celles n’étudiant l’effet du vin que dans le cas d’un régime global ont été exclues. Les résumés de ces 99 études ont été lus attentivement et l’analyse a été complétée par une étude plus détaillée de 18 publications.

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