2014 est un millésime furieusement hétérogène. On parle souvent de “millésime de vignerons”, là c’est franchement un “millésime de terroirs”. Les secteurs tardifs – je pense par exemple à Moulis-Listrac – n’ont pas eu les mêmes chances que les autres et il fallut redoubler d’efforts et de précision pour faire, comme à Poujeaux, un grand vin. Mais tous n’ont pas redoublé d’efforts et de précision.

Au milieu d’une centaine de vins dégustés chez un excellent négociant (Dourthe, en l’occurrence), un moment d’éblouissement avec un couple Grand Vin – Second Vin d’un extraordinaire éclat : Calon-Ségur et Marquis-de-Calon. Tous deux avaient la fraîcheur, la distinction, la sveltesse et l’énergie qui seront les marques de naissance de ce millésime. Je dégusterai certainement d’autres grands vins cette semaine, mais je sais d’ores et déjà que Calon-Ségur sera l’une des stars de l’année.

L’homogénéité, je l’ai dit, n’est pas le fort de ce millésime. Margaux et même Saint-Julien offrent ainsi de saisissantes différences de style et de niveau. Curieusement, le niveau est plus soutenu globalement chez les cinquièmes crus classés 1855 du Haut-Médoc. Remplacez Camensac par Sociando-Mallet et, avec Cantemerle, Belgrave et La Tour-Carnet, vous avez un beau quatuor. Je n’ai pas encore goûté La Lagune, mais on en reparlera.


1 COMMENTAIRE

  1. Cher Philippe,
    A propos des Haur-Medoc classes en 1855.
    Vous excluez Camensac et je trouve cela injuste. Bien-sûr vous noterez qu’au cote de Celine Villars, mon épouse, je suis en charger de cette propriété.
    Je ne vois aucun problème pour que Sociando-Mallet soit remarqué par sa qualité évidente.
    Mais Camensac a complètement sa place dans ces rangs. Un travail important a été fait depuis notre achat en 2005. Ce changement est noté par tous les wine-critics mais je constate que les réputations ont la vie dure.
    Quand goûterez vous Camensac avec un palais neuf?
    Jean-Pierre

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