Nulle intention ici de vous inciter à le faire, mais plutôt quelques conseils et quelques données si vous êtes fermement décidés à jouer quelques sous sur des grands crus dont l’histoire récente nous enseigne qu’ils prennent beaucoup de valeur. Cette enquête de Vincent Bussière sera publiée en trois parties.

Avec plus de dix milliards d’euros de recettes à l’export, le vin devait un jour ou l’autre intéresser les marchés financiers. Cet intérêt s’explique d’abord par la hausse continue de la demande mondiale, en progrès de près de 5 % l’an dernier à 232 milliards de litres selon les données compilées par Vinexpo. Les raisons de ces succès sont connues : l’engouement des pays émergents qui fait plus que compenser le déclin inexorable de la consommation en Europe. Mieux, cet essor se double d’une hausse de la valeur des vins vendus, du fait là-encore de l’explosion du nombre de milliardaires, qui ne jurent que par les grands crus tricolores.

Les marchés pointent deux autres atouts. Une valorisation constante des flacons, même en période de récession. Et des rendements plutôt élevés, de l’ordre de 15 % annuels depuis près de 60 ans. Mais ces qualités ne concernent qu’une petite minorité de marques premium, avec des prix de vente dépassant les 80 euros le col, comme l’explique Jean-Marie Godet, DG de la Financière d’Uzès : « Sur un million de vignobles dans le monde, nous en suivons à peine 200, et n’en retenons qu’une quinzaine pour intégrer notre fonds Uzès Grand Cru. Si le marché mondial du vin pèse entre dix et quinze milliards d’euros par an, notre cœur de cible ne dépasse pas deux ou trois milliards d’euros ».

Et puis, à l’inverse de produits toxiques et alambiqués comme les subprimes, les grands crus représentent « un univers concret, sain et facile à comprendre » pour les gérants d’actifs comme Myriam Mascherin, à la tête de Nobles Crus, le fonds luxembourgeois lancé il y a deux ans par Elite Advisors.

D’abord initiée au Royaume-Uni, ce mouvement de création de fonds spéculant sur les millésimes s’est propagé à l’Europe continentale via le Luxembourg, avant de gagner la France. Et le point de départ londonien ne s’explique pas que par son attractivité fiscale. La City abrite en effet le Liv-Ex, véritable Cac 40 du Vin. Cet indice contribue grandement à fluidifier et clarifier un univers qui traîne encore une réputation d’opacité. (à suivre ici, lundi prochain)

Vincent Bussière

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