Une nouvelle fois réunis, la directrice technique des propriétés médocaines de CA Grands Crus et les directeurs de Rollan de By, Fieuzal, Marquis de Terme et La Pointe nous disent pourquoi, en dépit du goût du jour, les vignobles dont ils ont la charge ne sont pas conduits en agriculture biologique.

Toute la filière attend du bio, le caviste, le distributeur, l’importateur, et vous êtes toujours en conventionnel. Comment osez-vous ?
Anne Le Naour : Voilà bien notre époque, nous sommes diabolisés (rires). Il importe, à mon sens, d’être prêt pour cette conversion. On ne mène pas un vignoble en bio sans un personnel qui y croit. Une sensibilité des équipes techniques est indispensable. On ne passe pas en bio parce que c’est dans l’air.

Le bio n’est possible que sur une propriété menée par son propriétaire ?
A.L.N : Non. Mais dans les propriétés dont j’ai la charge, tout le monde n’est pas forcément convaincu de l’intérêt du bio. Ce qui ne nous empêche pas de faire des essais sur 19 hectares. En tant que directrice technique, je ne peux pas faire ce choix seule. Il y a un risque. Sur les millésimes…

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1 COMMENTAIRE

  1. Laisser entendre que le marketing du bio est déloyal quand on travaille dans de grands châteaux bordelais, ça n’est pas très sérieux. Parlez-nous donc aussi de l’arnaque des dégustations primeur, des millésimes du siècles tous les deux ou trois ans, de la flambée des prix des étiquettes. Quant à l’argument concernant la “mode” du bio, c’est vrai que Bordeaux a toujours su garder le cap face aux modes idiotes du 100% fût neuf et autres “parkerisation” ! Le jour où les riches clients de ces investisseurs (je ne parle pas des techniciens interviewés ici, bien sûr) voudront du bio ou rien, nous verrons ces messieurs nous expliquer pourquoi il n’est pas concevable de faire du vin autrement. D’ailleurs ce besoin de se justifier montre bien que le vent est en train de tourner. Le lobbying des grands groupes pour réduire le cahier des charges du bio à Bruxelles en est un autre exemple. Il ne s’agit que de gros sous. Il est d’ailleurs symptomatique que se sont (quasi) les seuls vignerons paysans qui prennent le risque de cultiver et vinifier en bio alors qu’on aurait pu s’imaginer que les gros investisseurs dont il est ici question, avec les moyens techniques et financiers dont ils disposent, se seraient plus facilement lancés dans l’aventure. Chacun est libre de faire produire du vin, de le vendre et de boire comme il l’entend, mais pas de donner des leçons à l’emporte-pièce.

  2. Philippe parle de vinification en bio ?????

    Peut être suis je mal informé mais j’ai travaillé dans le monde agroviticole toute ma vie professionnelle.

    Jusqu”à la dernière récolte Si l’on peut cultiver en bio le vin ne peut officiellement etre “certifié” vinifié en Bio

    l’appellation Vin bio n’etait elle pas une astuce commerciale, ce qui est exact c’est vin issus de vignes cultivées en bio

    Mais que fait on les années comme 2012 ou les atteintes de mildiou ont été si fréquentes….

    voir ce site
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vin_issu_de_la_viticulture_biologique

    LMa législation change heureusement mais on nous a tant menti sur les étiquettes

    “”Depuis le 8 mars 2012, le règlement no 203/2012, paru au Journal officiel du 9 mars 20123 accorde aussi une certification pour la vinification (notamment un dosage en sulfites réduit). Son application est prévue pour le 1er août 2012 avec des possibilités de rétroactivité pour les producteurs qui pourront prouver la conformité de leur vin aux nouvelles contraintes.””

  3. Quand je demandais à Jean-Michel Comme “pourquoi devant un tel succès d’autres domaines prestigieux du Médoc ne prennent-ils pas exemple sur vous dans leurs pratiques viticoles ?” Ce dernier me répondait : “Il faudrait leur demander… Je crois que dans ce projet-là, il y a pour ma part autre chose que de la technique, on a dépassé le stade de travail depuis longtemps. Ce que je fais à Pontet-Canet n’est plus un travail. J’ai l’impression qu’il y a une dimension quasi mystique dans ma présence ici et qui me fait avancer [rires]. Les embuches rencontrées depuis le départ nécessitent d’avoir une certaine énergie. Quand il arrive des difficultés, et il n’est pas rare qu’on en rencontre, il faut trouver cette énergie pour continuer et recommencer. Souvent je parle de mon travail ici comme un chemin de Croix au sens noble du terme.”
    L’intégralité de l’interview de Jean-Michel Comme à retrouver ici : http://lapassiondugout.com/rencontres/jean-michel-comme-au-service-de-la-vigne/

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