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Avec son frère Dominique, Laurent Courbis gère 24 hectares à Saint-Joseph, 8 ha à Cornas et, depuis peu, 1 ha à Crozes-Hermitage et ½ ha à Saint-Péray. Le travail leur réussit bien, leur domaine a une super cote. Ils bossent dur.

Vous n’aviez pas assez boulot, pour vouloir vinifier deux nouvelles appellations ?
C’est un échange de parcelles que nous avons fait avec deux autres vignerons. Nous leur louons Crozes-Hermitage et Saint-Péray et eux nous louent des parcelles de Saint-Joseph. Donc, nous ne nous sommes pas agrandis, nous nous sommes diversifiés. Ce n’est pas un procédé très courant, mais on apprécie le travail de ces vignerons, ça donne envie.

Vous vous ennuyiez ?
Non, mais c’est important d’avoir une gamme à proposer à nos clients. C’est plus grisant que de ne faire qu’une seule appellation. On change de terroir, de style de vins, ça permet de découvrir autre chose.

Vous travaillez avec votre frère depuis 1990. Comment vous vous entendez ?
C’est mon grand frère. On a pas du tout les mêmes caractères mais on a la même vision des choses. Dominique s’occupe de l’aspect viticole et de la gestion. Moi je m’occupe de la vinification et du commerce. Après on discute beaucoup, on fait les dégustations ensemble. On s’entend beaucoup mieux maintenant que quand on était gamin. C’était plus compliqué avec mon père, car la place de patriarche, ça compte. C’était plus difficile de trouver sa place. Maintenant qu’il est décédé, qu’on est que tous les deux, l’entente est plus évidente. Il y a moins de compétition, nous sommes deux adultes.

Qu’est-ce qui vous apaise ?
J’essaie de passer le plus de temps possible avec ma famille, d’être avec eux au moins le dimanche, me promener avec les enfants. Vous savez, Victor et Agathe sont ma plus grande fierté. Le vin, j’en suis content mais on ne peut pas comparer. Sinon, quand il y a des moments plus calmes dans l’année, je profite de la mairie.

De la mairie ? Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans ?
Ben, je suis maire de mon village. Je suis sans-étiquette. Mon père était maire. C’est mon deuxième mandat. Ce sont des choses de terroir, de territoire. Quand vous aimez votre terroir, vous défendez votre territoire. En essayant de faire des beaux vins et de les vendre et, après, en le mettant en avant en tant que maire. On a des projets pour le village. C’est rural. C’est une passion, une envie de faire progresser son lieu.

Le vin et vous – l’anecdote honteuse :
Mmmmh. Avoir goûté mes vins à 6 heures du matin tout seul comme un couillon, parce qu’on y a pensé toute la nuit, mais c’est pas drôle. Ben oui, parfois on ne peut pas dormir. Il y a bien aussi quelques soirées aux magnums. Disons qu’avec les potes, on aime bien faire la fête.

Cet interview a été publié le 1er décembre sous une forme différente dans Mes Dimanches Vin, le supplément mensuel du Journal du Dimanche.

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