Cette dégustation verticale s’est faite au domaine fin octobre 2014, mais pour le millésime 1978 j’ai ouvert une semaine plus tard une bouteille de ma cave, encore plus chanceuse, et le commentaire et la note se rapportent à cette bouteille.


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2012 18/20

Le vin sera mis en bouteille en septembre. Ce fut une petite récolte d’environ 20hl/ha, marquée par un printemps et un été humides , rendant les traitements très délicats et le feuillage pas très reluisant. Mais le retournement climatique et une longue patience ont permis de récolter des raisins parvenus à jolie maturité sur les terres maigres, les terres grasses ayant dévissé. L’ensemble est né fort séduisant, marqué par une très belle couleur profonde, des arômes larges, francs, épicés et balsamiques, avec une touche de poivre donnée par la rafle, une texture généreuse et harmonieuse, sans la moindre réduction, plaie des vinifications modernes ! Ce n’est pas très corsé mais la race aromatique du cru est bien présente avec des notes de rose ancienne en formation. Le tannin est typique des vins du domaine, un rien rugueux mais sans sécheresse, s’assouplissant après une très longue aération (trois heures ou plus).


2011 16,5/20

Superbe printemps mais été fort pluvieux, viticulture très délicate dans le contrôle de l’herbe et la préservation de l’état sanitaire des raisins. Il a fallu beaucoup trier la vendange, mais une petite quantité de raisins (moins de 20hl/ha) est parvenue à bonne maturité.
Robe moins riche et un peu plus évoluée que celle du 2012. Le nez est encore réservé et affaibli par une mise en bouteille encore récente. Le tannin de rafle semble plus agressif, mais la forme du vin montre la tension et la droiture propre aux vins du domaine. Le vin restera sans doute un peu austère, exigera une mise en carafe plusieurs heures avant le service pour assouplir les sensations tactiles.


2009 18/20

Temps variable jusqu’à la mi-août mais remarquablement favorable après, vendanges parfaites vers les 27/28 septembre, degré naturel supérieur à 13°.
Grand vin puissant et onctueux, large, sans réduction (merci au long élevage !), contrastant avec le sérieux du tannin. Finale légèrement mentholée, ce qui lui donne une fraîcheur étonnante pour autant de maturité de raisin, ensemble noble, terrien, énergique, venant des profondeurs. Une fois la matière domptée par le temps cela devrait faire une bouteille remarquable, digne des grands millésimes du passé.


2008 17/20

Millésime froid, vendanges d’octobre.
Voici le premier millésime où le caractère aromatique propre aux Suchots commence à se développer suffisamment, avec des notes de roncier, d’épices douces, de chocolat noir et une touche de menthe. Le tout donne une sensation fumée et empyreumatique très racée, liéé à la nature des marnes jaunes du terroir bathonien. Vin de fond, très intéressant sur le plan tactile, remarquable pour le millésime. On peut commencer à en parler mais pas vraiment encore à le boire…


2007 17/20

Millésime chaud, très précoce au début du cycle, ralenti par un été froid et pluvieux puis à nouveau chaud pendant les vendanges, à l’opposé du 2008. Pour atteindre la pleine maturité il a fallu allonger le cycle végétatif jusqu’au 15 septembre, soit plus de 115 jours après floraison.
La robe commence à tuiler et à se dégrader mais certainement pas le nez, très noble, très ouvert, avec des notes florales mêlées d’épices, de nuances de tabac, de truffe, superbement Suchots et Confuron ! Grand vin de haute tradition, sans concession, donnant des émotions à tout amateur un tant soit peu cultivé ou instinctif. Vin de consensus, au début de sa carrière.


2005 18,5/20

Année idéale pour le vigneron, vendange parfaite d’état sanitaire et de maturité. Rendements faible, 25hl/ha.
Grande robe profonde, comme celle du 2012, nez plus discret que la matière, énorme, somptueuse de texture et d’éclat en fin de bouche. Vin cathédrale, vinifié sans concession, au futur garanti, qu’il faut continuer d’attendre en cave.


2003 18/20

Eté caniculaire, cycle végétatif extraordinairement précoce. La côte fe Nuits a eu la chance d’être décalée de 8 jours sur la côte de Beaune et de bénéficier de pluies providentielles dès la fin août. Le raisin comme la feuille se sont métamorphosés à une vitesse éclair. Toute petite récolte (moins de 20hl/ha).
Grand vin original, au fort arôme de truffe, et à la texture incroyablement veloutée, exotique par rapport au classicisme du pinot noir. On pense à Pomerol ! Tannin enveloppé, sève magnifique, persistance hors norme. Contrairement au 2005 on peut commencer à le consommer car sa fin de bouche sensuelle n’a pas la raideur habituelle du tannin de rafle. Vin grandiose mais à ne pas mettre entre toutes les mains.


1999 18,5/20

Récolte facile à vinifier, relativement abondante, mais le travail des vignes et du sol propre au domaine a ici protégé le vin de la petite dilution qui ternit bien des vins du millésime.
Sublime coup de nez, très « Romanée », rappelant la pivoine ou la rose ancienne, suavité remarquable, grande longueur, exceptionnelle race de pinot noir entier mais fin ! On n’oublie pas un vin d’une telle séduction et d’une telle intégrité. Il se gardera encore longtemps mais il n’est pas criminel de commencer à le boire.


1996 17/20

Volume généreux de récolte, pour le domaine, près de 35hl/ha. Climat assez froid mais lumineux et très venté, forte acidité du raisin même cueilli à maturité complète.
Parfaitement suchots au nez, sur des notes de ronce, de chocolat noir et d’épices, plus impressionnant que la bouche. Une pointe d’acidité encore trop marquée la simplifie un peu mais on ne peut qu’admirer la pureté et la netteté de la forme, la droiture du tannin et la classe de la retro olfaction. Un vin distingué, encore un peu fringant, pour amateurs. Il fera un grand vieillard dans une vingtaine d’années.


1993 18/20

Nez parfait, expressif, complexe, avec une petite note saline caractéristique, des nuances originales rappelant pour certains le beurre de cacahuète. Mo palais est davantage sensible à la finale mentholée et aérienne, qui est une transformation du tannin de rafle et qui donne un envole et une fraîcheur que les vins de vinifications chaudes n’approcheront jamais. Une merveille de sincérité.


1988 17/20

Millésime classique et tardif du domaine, qui fut un des rares à vendanger un raisin mûr, ce que permettait une fin de saison éblouissante jusqu’à la toussaint !
Ample, sérieux, épicé, construit, plus austère que le 1993, fait pour la table. A point si on le carafe deux heures à l’avance.


1987 16,5/20

Millésime difficile et ici parfaitement réussi avec la collaboration de Guy Accad, conseiller œnologique du domaine, discuté et caricaturé par tous ceux qui ne l’ont pas connu.
Tout à fait étonnant de puissance pour le millésime, très homogène, construit, complexe, terrien épicé et encore jeune. Lui donner le temps de se développer dans le verre. Peu de côtes de Nuits ont été vendangés à ce degré de maturité.


1983 17,5/20

Millésime vraiment tordu marqué par des grêles, des développements de toute sortes de maladie, mais la toute petite quantité de raisins a donné aux meilleurs une forme monumentale.
Nez grandiose et complexe de champignon et de sous-bois, fortement truffé, exotique comme le 2003 mais ici rappelant plus le Piémont et le nebbiolo que le merlot de Pomerol. Violent, sans finesse mais terriblement dense, tendu, musclé, et doté d’un soutien tannique épique qui ne plaira pas à tous : il faut le juger à table, sur du gibier, et aimer les beaux monstres pour l’apprécier à sa vraie mesure .


1978 18,5/20

Toute petite récolte tardive (fin octobre) et mise pour une fois dans 100 de fûts neufs du tonnelier local d’alors, Beaudinet, à partir de bois de la forêt de Citeaux. J’ai eu la chance de le déguster depuis sa naissance et je n’ai jamais retrouvé depuis de grains plus adaptés à ce type de vin issu de raisins non égrappés. Très poivron à son départ (on n’accepterait plus ce caractère) il a merveilleusement évolué !
Nez sublime rappelant la rose ancienne, où le végétal de naissance s’est métamorphosé en essence de pinot noir, subtil, long, plus en parfum qu’en corps, ce qui ne surprendra personne, mais qui est bien dans le génie du cépage. Le charme incomparable d’un grand Vosne, parvenu à glorieuse maturité en bouteille.

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