Si l’on retire les vins cités dans les trois catégories précédentes, il reste plus de 95% de la production bordelaise, un océan de cinq millions d’hectolitres de vin où se côtoient, hélas le plus souvent dans un obscur anonymat, de pures merveilles et des produits d’une affligeante banalité. Aujourd’hui, la plupart des crus de Bordeaux sont livrés à eux-mêmes, sans l’aide du négoce traditionnel qui ne se soucie pas d’eux, sans non plus celle de nouveaux modes de commercialisation issus de la révolution numérique. Certains crus ont créé leur propre circuit de distribution, d’autres font appel à quelques rares réseaux organisés. Le monde du vin évolue, mais lentement… Pour le consommateur averti, cette grande famille des bordeaux peut être l’occasion de dénicher des perles pas si rares que cela, car contrairement à l’idée reçue, le vignoble bordelais en son ensemble est certainement celui où l’on rencontre le plus de tentatives individuelles excitantes et dynamiques de faire progresser un terroir ou une propriété.

Toutes les appellations sont concernées, mais certaines plus que d’autres. Rive droite, Fronsac, Canon-Fronsac, Castillon, Lalande de Pomerol comptent ainsi une proportion significative d’excellents crus et démontrent que ces terroirs méritent d’être beaucoup mieux considérés par les amateurs comme les professionnels. Rive gauche, les appellations régionales, très vastes, du Médoc et du Haut-Médoc, possèdent de nombreux secteurs à fort potentiel qui sont aujourd’hui bien exploités par des producteurs ambitieux et sérieux, voisinant hélas avec d’autres beaucoup plus routiniers. Les Graves, entre Pessac-Léognan et le Sauternais, fait figure de belle endormie, seulement réveillée par quelques stars. Enfin, l’Entre-deux-mers, entre Bordeaux et Libourne, qui fournit les gros bataillons des bordeaux et bordeaux supérieurs, démontre chez une minorité de producteurs qu’elle peut produire de très grands vins.

Certains représentants de cette élite modeste mais excitante seront proposés en primeur, mais pas tous. Le plus simple et le plus sûr est encore de les contacter et souvent d’acheter en direct les vins chez eux ou auprès du revendeur qu’ils conseillent. Les prix sont très accessibles et la qualité de production peut être largement comparée aux étiquettes plus installées.

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