Prenons le comme un hommage : notre vigne de Richebourg, vinifiée par le désormais légendaire Henri Jayer, se retrouve en tête de ce classement des vins les plus chers du monde.
Nous n’en tirons aucune gloriole mais sommes fiers de la reconnaissance que cela implique pour notre terroir.

Ce classement suscite pourtant plusieurs commentaires

– Très peu de médias dits “sérieux” ont souligné ce qui est pourtant une remarque de bon sens : il n’y a plus de domaine Henri Jayer et encore moins de Richebourg Henri Jayer de produit puisque nous avions repris cette vigne en exploitation dès 1989 et que le domaine Henri Jayer ne produit plus rien depuis 2001. Contrairement à la Romanée Conti, qui continue de sortir ses vins tous les ans, il n’y a donc plus de production “Henri Jayer”. Les bouteilles sont en nombre fini désormais, pas étonnant donc que l’effet rareté joue à plein ! Les deux domaines ne sont donc pas comparables, ce qui rend ce classement quelque peu oiseux et les gros titres du genre “la Romanée-Conti n’est plus le vin le plus cher du monde” assez décalés, pour ne pas dire ridicules …
– L’absence de production et le nombre extrêmement limité de bouteilles “Henri Jayer” rend les manipulations de cours par certains cavistes ou marchands faciles … Peut on vraiment parler de marché pour ces bouteilles ?
– La vraie information de ce classement, c’est l’omniprésence de la Bourgogne dans les 50 vins les plus chers. C’est une tendance qui s’affirme d’année en année et on peut la considérer comme une reconnaissance pour notre région.
– Enfin, la demande est telle pour nos grands crus que les prix sont multipliés par 3 ou 4 par le marché. Inutile de nier que les prix ont bien augmenté ces dernières années en Bourgogne, ils n’ont pourtant rien à voir, départ propriété, avec les prix affichés dans ce classement.”

Vendanges 2015

Après des mois de juin et juillet caniculaires, août fut bien arrosé : les vignes se sont remises en route, les raisins ont grossi et la maturation s’est accélérée dans les derniers jours d’août suite à un regain de chaleur. Ce millésime précoce a donc encore accéléré et nous commençons les vendanges le 3 septembre.
La situation à la veille des vendanges est excellente : la récolte est saine, elle mûrit gentiment désormais, même si les raisins ont atteint des niveaux de sucre très élevés. Les blancs sont particulièrement en avance et vont être vendangés dans les tous prochains jours, y compris notre Clos St Philibert, pourtant situé dans les Hautes Côtes et d’habitude beaucoup plus tardif. Les rouges ne sont pas loin derrière, toutes les appellations semblent en passe d’atteindre des maturations élevées, avec moins de décalage entre elles qu’à l’ordinaire. La récolte n’est pas très abondante mais devrait tout de même être proche de la normale.
Même avec la météo clémente, telle qu’elle est annoncée, il faut se dépêcher désormais, pour éviter toute sur-maturation. À ce stade, l’acidité est encore bien présente dans les raisins et soutient la dégustation. Certes, elle est atypique : il n’y a plus beaucoup d’acide malique, brûlé par les chaleurs de l’été ; l’acide tartrique est encore assez abondant mais tout dépendra des remontées de potasse, qui ont le pouvoir de le faire précipiter.
Ce ne sont pas les quantités, l’état sanitaire ou la maturation qui se jouent en ce moment : c’est l’équilibre futur du vin ; il est temps d’y aller : à nos sécateurs !



Jean-Nicolas Méo


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1 COMMENTAIRE

  1. Désolé de vous contredire, je confirme la remarque de Roger Gauthier : vos pages animées sont insupportables et j’ai tout ce qu’il faut pour éviter les spams.
    Cordialement,
    Pierre van Overeem
    Bruxelles

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