Au château de Versailles, l’histoire est aussi racontée par les arbres

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Chêne pédonculé des avant-cours (Quercus robur). Planté en 1668, il mesure 36 mètres de haut. Photo : EPV - Didier Saulnier

Parcours conçu grâce au mécénat de la maison de cognac Rémy Martin, qui porte un intérêt tout particulier aux chênes, « matériau nécessaire et exclusif du vieillissement de ses eaux-de-vie », la nouvelle promenade proposée depuis peu par le château de Versailles (et commentée en trois langues, français, anglais et espagnol, sur son application) a été baptisé “Arbres admirables”. Admirables de beauté, sans aucun doute, admirables d’éternité aussi, tant ils ont su défier le temps et ses aléas. Pas tous, évidemment, et s’il faut trouver un point positif à cette terrible tempête de 1999 qui a mis à mal des siècles de racines*, c’est bien d’avoir généré une prise de conscience générale quant à la préservation de ce précieux patrimoine végétal.

L’élan de solidarité qui a suivi a permis le renouvellement de plantations fatiguées et une reconstitution des jardins proche de leur dessin d’origine. Le domaine de Versailles est aujourd’hui dans un bon état sanitaire et quelle plus belle saison que l’automne pour venir admirer les spécimens les plus remarquables identifiés par ses jardiniers ? Des jardins à la française situés devant le château au jardin anglais de Trianon, une trentaine d’arbres ont été recensés comme sujets exceptionnels par leur âge, leur dimension et leur beauté. « Composé à l’origine essentiellement de tilleuls et de marronniers issus des forêts avoisinantes, le patrimoine arboré de Versailles s’est enrichi au fil des siècles d’espèces rares provenant de lointaines contrées : tulipier et genévrier de Virginie, sophora du Japon, catalpa de Chine. »

Ce premier engagement de Rémy Martin auprès du château de Versailles est autant une mise à l’honneur de préoccupations communes, « les savoir-faire d’excellence et leur transmission », que le fruit de la longue histoire de cette maison fondée en 1724 : « Tandis que des naturalistes parmi les plus illustres partaient découvrir le monde pour apporter aux rois de France des essences d’arbres jamais vues en Europe, la maison Rémy Martin se faisait connaître en Asie, dans les Amériques et en Russie. » Prolongement de l’histoire architecturale du château (planté en 1668, le chêne en photo ci-dessus est un contemporain de Louis XIV), cet itinéraire balisé inauguré la semaine dernière est accompagné d’une publication disponible dans les boutiques du château et en librairie.

Versailles, côté jardins :

800, le nombre d’hectares
(432 hectares pour le grand parc, 96 pour le domaine de Trianon, 77 hectares pour le jardin et ses bosquets)

350 000, le nombre d’arbres
(dont 700 topiaires de 67 formes différentes et 1 500 arbres en caisse dans l’Orangerie)

300 000, le nombre de fleurs plantées chaque année

(dont 260 000 produites dans les serres du domaine)

Les Arbres admirables du domaine de Versailles, Reliefs Éditions, 14 euros

Ci-dessus et ci-dessous, un sophora pleureur planté en 1920 (Styphnolobium japonicum ‘pendula’). Photos : EPV – Didier Saulnier

* 18 500 arbres ont été irrémédiablement mutilés ou détruits dans la nuit du 25 au 26 décembre 1999. Des arbres plantés aux XVII et XVIIIe siècles ont été abattus, comme le tulipier de Virginie planté sous Marie-Antoinette et le pin de Corse, dernier témoin du séjour de Napoléon au Petit Trianon.

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