La dégustation s’est effectuée au domaine le 15 Octobre 2015, toutes les bouteilles ont été ouvertes quatre heures avant le service.
Dans un premier temps les vins ont été goûtés seuls du 2003 au 2012, puis en les sortant du contexte chronologique. Les mets servis ensuite ont permis de tester le ressenti gastronomique de chaque cru durant 2H30. Les notes peuvent alors varier de 0,5 à 1 point suivant la disponibilité de chaque millésime.

 

À LIRE > La constitution du domaine de l’Arlot

 


2003

16,5/20

Vendangé fin Aout, ce 2003 offre un nez expressif qui prend des accents confiturés avec une touche de cuir. L’aspect solaire qui apparaît n’est pas excessif. L’attaque se révèle pleine et enveloppante, il y a une juste concentration sans aucune trace de lourdeur avec un tannin déjà bien lissé. Cet équilibre est à souligner. Ce cru prêt à boire possède encore une bonne dizaine d’années devant lui, il surpasse la plupart de ses pairs sur le millésime.

Ressenti gastronomique : Ce vin complet est à ce jour idéal pour la table. Il joue volontiers avec la sucrosité du pâté en croûte de Marcel Sabatier l’un des as de la spécialité à Arc sur Tille. Il s’affirme également sur une daube de sanglier ou un chaource truffé. (+ 1)


2004

16/20

Le nez ouvre sur une petite pointe végétale de type asperge mais derrière il y a du fruit qui prend progressivement le dessus. La bouche se révèle tendre et subtile. Dégusté derrière le 2003, ce millésime peut paraître léger dans sa matière. Si on le prend en sens inverse, il passe derrière le superbe 2005…. Il convient donc de le sortir de la comparaison verticale. On apprécie alors son fondu de tannin qui se présente tout en douceur dans son attaque ; son prolongement se révèle plus tonique, on a une belle envolée finale sur les petits fruits rouges et le poivre de Sichuan.

Ressenti gastronomique : Tout en tendreté et en droiture ce vin convient à un filet de lieu jaune réveillé par des légumes printaniers.(=)


2005

17,5/20

On est sur un grand nez profond qui exhale la fraise des bois avec une petite touche épicée. L’attaque se révèle énergique, elle est d’une grande distinction avec un tannin traçant de grand style. On sent un boisé parfaitement intégré, il permet à la texture ferme et soyeuse de s’affirmer. La finale montante montre toute la fougue de ce millésime encore très riche de promesses.

Ressenti gastronomique : Un tendron de veau lui va bien avec une petite purée pomme de terre carotte et une huile d’oeillette qui permet de faire ressortir les franges florales du vin. (=)


2006

16,5/20

Très beau nez tout en délicatesse, avec un fruit bien dégagé. C’est un 2004 mais sans ses franges végétales ; on est sur la tendreté et l’amabilité. Le vin parait de demi-corps, cependant il convient d’aller le chercher dans le verre. Au fil de l’ouverture, le tannin s’étire et gagne en longueur.

Ressenti gastronomique : Ses ressemblances dans sa structure avec le 2004 le font se rapprocher d’une queue de lotte enroulée dans un jambon légèrement fumé. La droiture du vin prolonge le plat. (=)


2007

17/20

Cohérence parfaite entre le nez et la bouche : des flaveurs d’épices avec une légère touche animale qui disparaît pour la rose agrémentent de la plus belle des façons la dégustation. Ce millésime sous-estimé est parfait aujourd’hui, les tannins sont fondus en bouche, l’aromatique rebondit, on est sur un vin de grand plaisir très expressif.

Ressenti gastronomique : Une pintade noire du Berry et des pommes sautées permettent au vin de se faire encore plus enveloppant. (+0,5)


2008

18/20

Nez plus réservé, il faut aller le chercher, on est plus en texture et en structure qu’en arômes, avec une acidité qui tient bien le vin ; par rapport à ce millésime difficile, la propriété s’en est très bien sortie, on a en même temps de l’énergie et de la maturité. On est impressionné par sa profondeur et sa précision de caractère. C’est une réussite majeure avec encore un très fort potentiel.

Ressenti gastronomique : Ce vin évolue parfaitement dans le verre, il appelle un très grand plat comme un chapon aux truffes. C’est le très grand millésime de gastronomie. (+0,5)


2009

16,5/20

Nez de fraise des bois et de poivre, rondeurs bien corsetées en bouche, mais pour l’instant le vin se montre monovalent, c’est un coureur de fond qui n’en est qu’à ses premiers échauffements. A ce stade, ce millésime manque de nuances.

Ressenti gastronomique : Dans son évolution actuelle, il faut absolument accompagner ce cru avec une côte de sanglier à l’embeurée de chou. Le plat détend le vin qui gagne en complexité. (+0,5)


2010

17/20

Nez très frais, on a une tension bien enrobée dans l’expression du tannin qui se prolonge de belle façon. Il y a du potentiel. On est encore sur un vin de très grand style d’une étonnante jeunesse et d’une subtilité de texture bien dans le profil du cru.

Ressenti gastronomique : Sa fraîcheur de constitution le destine pour l’instant à des filets d’oie. On a alors un accord d’une grande subtilité. (=)


2011

17/20

Vin cohérent au nez comme en bouche, il y a une belle allonge épicée avec une profondeur stylée. Une réduction fumée ajoute à son charme et devrait garantir sa bonne évolution à travers le temps.

Ressenti gastronomique : Son intensité de structure et son aromatique entrent volontiers en composition avec un bœuf bourguignon. Le vin allège de belle façon la sauce. (=)


2012

18/20

Une texture soyeuse, ferme, épicée signe ce millésime qui est l’un des meilleurs de la dégustation. Le vin peut paraître facile, mais il se révèle également complexe avec une grande pureté aromatique déclinant la rose épicée et la pivoine. On sent la fraîcheur du raisin entier sur sa finale superbe. Il y a une vraie envolée en même temps qu’un frisson.

Ressenti gastronomique : La très grande jeunesse aromatique destine ce vin à une daube de bœuf au grattin. (Eu égard à sa fraîcheur aromatique, sa texture et à sa finale montante, ce vin se boit seul vers 17H en excellente compagnie)


Une cohérence et une grande précision de caractère

 

Malgré les changements survenus à la tête du domaine, il existe une vraie cohérence sur cette succession de millésimes, avec de belles envolées sur les derniers. Il y a un respect parfait des années en même temps qu’une grande précision de caractère. L’élévage respecte parfaitement la qualité du raisin, il restitue un fruit plein de saveurs complexes comme d’émotion soutenu par un boisé parfaitement intégré. Les finales sont marquées par un déroulé long et nuancé favorisé sur la plupart des millésimes par la vinification en vendange entière.
Ce ne sont pas des vins qui s’expriment dès leur ouverture, il faut les carafer au moins 3 heures avant le service et surtout il convient de les attendre au minimum une douzaine d’années en cave.

Si l’on compare le Clos des Forêts avec son homologue de l’Arlot qui ne sont séparés que par deux climats les Corvées et les Argillières, on a deux expressions différentes : le Clos de l’Arlot est aérien alors que le Clos des Forêts possède une structure dense avec une bouche plus séveuse tout en étirant son tannin élégant plus en profondeur. Sur certains millésimes, la réduction fumée qui ajoute à son charme constitue une bonne garantie pour le vieillissement. Au niveau du ressenti gastronomique, ce vin possède un spectre plus large pour les accords avec les mets, tant au niveau de la texture que de la structure. Il se classe suivant les millésimes dans les meilleurs premiers crus de Nuits-Saint-Georges.

 


LAISSER UN COMMENTAIRE