A la fin du XVIIIème, Jean-Charles Vienot, héritier d’une grande famille bourguignonne fait l’acquisition d’une maison et de vignes dans le village de Prémeaux. Il construit des murs autour du domaine et crée ainsi le Clos de l’Arlot. En 1891, la propriété est achetée par un négociant en vins, Jules Belin qui s’offre le Clos des Forêts Saint-Georges et le Clos du Chapeau. Ces trois terroirs réunis forment le domaine de l’Arlot racheté par Axa Millésimes, au début de l’année 1987. La propriété s’agrandit alors sur Vosne Romanée avec de belles parcelles en Suchots 1er Cru et Romanée-Saint-Vivant, Grand Cru.

Le Clos des Forêts sous la protection
de Saint-Georges

Le Clos des Forêts Saint-Georges est un monopole de 7,20 hectares situé au sud de l’appellation Nuits-Saint-Georges à la sortie du village de Premeaux, lorsqu’on vient de Beaune. Le toponyme vient naturellement de la présence de bois sur ce coteau qui est désormais couvert de rangs de vignes. Le « Saint-Georges » a vraisemblablement été rajouté dans les années 1930 pour des raisons commerciales, puisque le célèbre climat qui donne son nom à l’appellation n’est séparé du Clos des Forêts que par le premier cru « Les Didiers ».

Un terroir unique

Le terroir du Clos des Forêts se divise en trois : sa partie haute se situe sur des sols d’oolithes blanches calcaires avec très peu de terre et un sol peu profond. Un autre élément du cru se trouve sur le calcaire de Ladoix ; la roche mère y est plus profonde en argile, il existe alors une plus grande épaisseur de sol. Des failles passent par le milieu. La portion la plus argileuse se localise sur le bas de coteau.

Une agriculture soignée

Avec des pratiques bio depuis 2000 et une certification AB en 2014, le domaine a initié la biodynamie en 2003, pratique aujourd’hui étendue à l’ensemble de la propriété. Cette initiative semble la meilleure pour exprimer l’originalité de chaque climat. Palissé en vignes basses, ce premier cru opte pour 80 % de sélection massale, avec des porte-greffes adaptés à l’âge des parcelles et à la topographie des lieux. La taille Guyot à raison de 65 % et la taille en cordon pour 35 % s’effectuent selon les cycles de la lune. Ceux-ci déterminent également les préparations pour le sol à base de bouse de corne et de silice pour le matériel végétal. En période de végétation, les traitements sont complétés par des tisanes à base de plante.

Vendange entière et vinification spontanée

Les vendanges manuelles s’accompagnent de deux tries drastiques à la vigne et un à l’arrivée en cuverie où les fermentations démarrent naturellement. Elles s’effectuent grâce à des micro-organismes indigènes. Les vins sont soutirés après la fermentation malolactique. La vinification comporte une partie de vendange entière quand le millésime le permet, contribuant ainsi à l’élégance des vins et à leur complexité aromatique. Le travail en cave, soutirage, filtration et mise en bouteille se déroule en fonction du calendrier lunaire.
Durant les macérations, l’extraction est la plus délicate possible. Les pigeages s’effectuent manuellement et le nombre de remontages semble toujours très limité. Les vins sont mis en barrique durant 15 mois. Les bois choisis sont séchés entre 2 et 3 ans. Ils proviennent des forêts de chênes de la Région Parisienne et de Tronçay. Les chauffes, de très légères à légères, sont là pour préserver le goût du vin. Il n’y a pas de matraquage du bois puisque seulement 50% des fûts sont neufs. Un petit passage en cuve avant la mise en bouteille s’impose. Jusqu’en 2010, les vins n’étaient pas filtrés, depuis on procède à une légère filtration toute en douceur qui respecte le profil aromatique et structurel du vin.

Quatre directeurs techniques en huit ans

De 2003 à 2015, quatre directeurs se sont succédés à la tête de l’Arlot : Jean-Pierre Smet présent depuis 1987 a pris sa retraite en 2007 remplacé par Olivier Leriche. Parti sur un vignoble en Ardèche, celui-ci a transmis sur le millésime 2011 le témoin à Jacques Devauges. Ce dernier quitte le domaine à la fin de 2014 pour prendre en main les destinées du Clos de Tart. Depuis le millésime 2015, Géraldine Godot ex vinificatrice d’Alex Gambal dirige la manoeuvre. Cette instabilité à la tête du domaine pose une problématique : va t’on percevoir des changements dans le style des vins à travers la dégustation qui couvre les millésimes de 2003 à 2012 ?

 

À SUIVRE > Lundi 8 février : La verticale du Clos des Forêts Saint-Georges

 


PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE