Chacun, un jour, est passé par là. Le vin, comme les langues vivantes,
dispose d’une grammaire et d’une orthographe, une somme de choses qu’il est agréable d’apprendre. Dans cette rubrique, nous essayons d’apporter toutes les réponses
à toutes les questions que vous vous posez.


Toi aussi, apprends à écrire le vin


1 Toi aussi, apprends à écrire le vin

Toi aussi, apprends à écrire le vin

No pain, no gain, on connaît la chanson. Le vin, c’est pareil. Pour en parler, il faut de l’orthographe et de la grammaire. Nous, @bettane+desseauve, veillons autant que faire se peut à livrer à l’œil sévère de nos lecteurs la meilleure expression possible. L’orthographe du vin, c’est comme pour le camembert ou le saint-nectaire. T’as vu ? Pas de majuscule à camembert ou à saint-nectaire. Le délicieux village de Camembert en Normandie en prend-t-il ombrage ? Non, bien sûr. Et les habitants de Saint-Nectaire, pas plus. Alors quoi ? Il y a une règle d’une idéale simplicité qui énonce que s’agissant de vin, pas de majuscule (un moët-et-chandon, un angélus, un riesling, des vosne-romanée, etc.) et quand on parle des lieux, majuscule (Champagne, Saint-Émilion, Languedoc). Ce qui vaut pour le vin, vaut pour le reste de notre alimentation. Des coquilles saint-jacques, pas Saint-Jacques. Les vins s’écrivent sans majuscules, les appellations et les régions de production aussi. Un rhône, un saint-joseph. Mais un Jaboulet, un Rousseau, un Ganevat, un Deiss. Ah oui, il s’agit des patronymes des producteurs, ce n’est pas pareil. Dans le même ordre d’idées, on ajoutera un « s » aux noms des vins quand il y a lieu (des pauillacs, des saint-julien) en suivant la règle de base de la grammaire française (les noms composés sont invariables à très peu d’exceptions près). On ne va pas commencer à ajouter un « s » à margaux ou à pessac-léognan, hein. De même, quand on évoque une marque, la maison Moët et Chandon, on lui accorde sa ou ses majuscules ainsi qu’aux noms de cuvées dites fantaisistes, c’est-à-dire qui ne sont pas dictées par le cadastre, l’histoire ou l’usage : la cuvée Invitare est un condrieu de chez Chapoutier, mais le clos-des-mouches est un beaune de Joseph Drouhin ou de la maison Chanson. « Oui, mais » s’insurge le naïf, il y a des majuscules sur les étiquettes ou dans les catalogues. Ok, super, ils font comme ils veulent, cela ne nous regarde pas et ne saurait constituer une contre-vérité à ce qui précède. En plus, c’est admis dans ces circonstances par le dictionnaire (en l’espèce, il s’agit du Robert). Évidemment, ami lecteur, tu te demandes à qui cet envoi est adressé. Tu vas rire. Il est adressé d’abord à mes collègues de bureau, les dégustateurs de Bettane+Desseauve. Oui, Michel. Oui, Thierry. Oui, Denis et oui, tous les autres, ça se passe comme ça en français, même dans l’urgence. Et puisque je vous tiens, je vous rappelle que sans circonflexe, on va dans le mur s’il s’agit de valoriser les nerfs du vigneron qui vendange mûr. Et que, à des niveaux divers, tous les vins dégagent une certaine fraîcheur, avec un flex, oui, messieurs-z-et-dames. Merci de vous en souvenir le moment venu, vos oreille siffleront beaucoup moins quand je relis vos commentaires de dégustation. Jouons, maintenant. Une ou deux fautes d’orthographe se sont glissées dans ce texte. Saurez-vous les découvrir ? Nicolas de Rouyn
2 L'écriture des noms de vins

L'écriture des noms de vins

1° Dans un texte quand le vin est désigné par son lieu d'origine ou son producteur, on met la capitale : vin de Champagne, vin de Château Margaux, vin du Beaujolais, vin de Brouilly, vin de Porto. Mais si le nom est traité comme nom commun, sans le mot vin ou cru, on met une minuscule, et les noms composés s'écrivent avec trait d'union : du champagne, du sauternes, du bourgogne, du bordeaux, du porto, du jurançon, du manzanilla, du château-lafite ; un fameux côtes-du-rhône, un médiocre muscadet, un grand fleurie, du château-mouton-rothschild, un pommery, un veuve-cliquot, un châteaux-margaux, une bouteille de sainte-croix-du-mont. 2° Les vins d’Alsace étant désignés par le cépage (muscat, pinot, riesling, sylvaner, traminer...) et non le clos, leurs noms ne prennent pas la capitale : une bouteille de riesling, des gewurztraminers. 3° Comme pour les fromages, les noms simples prennent la marque du pluriel : des champagnes, des bourgognes, des madères, des montrachets, les rosés, des pommards 1887. Les noms composés sont invariables : des châteaux-talbot, des lacryma-christi, des pouilly-fuissé (Fuissé est un village) des moët-et-chandon. 4° L'étiquette de la bouteille, le catalogue, porteront des majuscules au nom du vin : Château Haut-Brion ; Saint-Émilion, Romanée Conti, Arboir jaune, Sylvaner de Barr. Du blanc de blanc(s) ; des bourgognes aligotés (ce nom de cépage a valeur d’adjectif) ; des blancs fumés (adjectif indiquant la teinte) ; de la malvoisie (seul de vin au féminin) (Extrait du Robert)
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Si les Graves constituent un vignoble de très ancienne installation (certainement à l’époque Romaine), le Médoc est d’origine plus récente et sa notoriété ne s’est vraiment installée qu’au XVIIIème siècle. Néanmoins, ces vignobles possèdent des caractéristiques géologiques communes : ils reposent tous deux sur un sol d’alluvions récentes, nées avec l’émergence des Pyrénées et charriées par le fleuve. Ces alluvions très caractéristiques se visualisent par un sol de gros galets appelés graves et qui apportent des conditions très adaptées à la culture de la vigne.

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