D’après les observations de Vinea Transaction*, l’ambiance économique morose n’a pas d’influence
sur le marché foncier viticole français qui, aussi fiable que stable, se porte bien. Valeur refuge qui permet de diversifier et sécuriser son patrimoine, fiscalité attractive et véritable sésame d’entrée, vecteur d’image positive, sur un marché du vin désormais mondialisé, le vignoble français attire 60 % d’investisseurs français et 40 % d’étrangers. Parmi ces derniers, on trouve une majorité d’Européens (60 %), suivis par
les Américains et les Chinois. En 2010, seul un domaine viticole avait été acheté par un homme d’affaires chinois, 2011 a vu se conclure près de 15 transactions et plus de trente domaines bordelais seront sous pavillon chinois en 2012. Aujourd’hui, l’engouement de ces investisseurs pour Bordeaux ne se dément pas et gagne d’autres vignobles (Bourgogne, Val de Loire et vallée du Rhône).

Chez les Français, Vinea Transaction distingue plusieurs profils d’acheteurs : les professionnels du vin forment le gros des bataillons (40 %) suivis par les chefs d’entreprise et «faux retraités retirés des affaires» (20 %), pour le challenge et le cadre de vie, les commerçants et hôteliers porteurs d’un projet œnotouristique (20 %) et les œnophiles (20 %) qui disposent de moyens financiers variables et investissent sur les petits domaines à fort potentiel. En 2011, près de 20 000 hectares de vignes ont changé de propriétaire, à un prix moyen situé entre 10 000 et 30 000 euros l’hectare pour 80 % des transactions (IGP et génériques) et autour de 100 000 euros et plus pour les crus AOP. Pour acquérir
une propriété viticole en France, il faut compter 2 à 4 millions d’euros dans la plupart des régions. Cette fourchette représente environ 80 % des transactions.

Sur le marché des crus AOP (10 % des surfaces échangées), toujours en hausse, on ne peut pas établir de moyenne. Le prix à l’hectare varie de 100 000 euros à quelques millions selon les crus. Sur le marché des appellations génériques AOP (60 % des surfaces échangées), la revalorisation annuelle de l’hectare a très légèrement baissé (- 0,3% par an sur les dix dernières années). Toutefois, cette baisse est largement compensée par la hausse de l’immobilier qui lui est affectée. Les valeurs de l’hectare se situent entre
15 000 et 20 000 euros selon l’état des vignes. Sur le marché des IGP (30 % des surfaces échangées), devenu moins spéculatif après les fortes hausses des années 2000, l’hectare de vigne est actuellement ferme, légèrement inférieur à 10 000 euros pour l’hectare à restructurer et 15 000 euros pour l’hectare offrant des cépages adaptés au marché (merlot, cabernet, sauvignon, chardonnay, pinot). Les vignobles stars des transactions sont ceux des régions viticoles «méditerranéennes» (Côtes du Rhône, Provence, Languedoc-Roussillon), d’Aquitaine et du Val de Loire. Suivi par les marchés plus confidentiels de Cognac, Bourgogne et Champagne, ce trio de tête représente plus de 70 % des transactions en volume.

* Seul réseau français spécialisé dans la transaction de domaines viticoles, Vinea Transaction a été créé en 2000 à l’initiative de Michel Veyrier avec le concours d’autres agences spécialisées dans le vignoble. Ses huit agences immobilières réparties sur l’ensemble de la France couvrent l’essentiel du vignoble et réalisent, selon les régions, entre un et trois quarts des ventes des grands domaines. Si le réseau propose déjà des propriétés à la vente en Argentine, au Canada, en Bulgarie, il souhaite s’implanter plus fermement en Espagne et en Italie d’’ici à 2014.

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