Dans les années 80, alors que la Bourgogne faisait dans la facilité, le Domaine de Montille, telle la statue du commandeur rappelait aux nombreuses brebis égarées la voie à suivre. L’arrivée d’Étienne à la tête de la maison familiale fait entrer celle-ci dans le XXIe siècle, dans sa dimension économique autant que tellurique. Biodynamique, partisan autant que faire se peut de la vendange entière, Étienne produit l’une des expressions les plus pures des grands rouges des Côtes de Beaune et de Nuits. Comme le patrimoine de blancs est pris en charge par sa soeur Alix, on est vraiment sur l’un des toits de la Bourgogne, avec des vins qui ont de la résonance. En 2011, ce duo transcende le millésime tout en faisant parler les climats, les vins font frissonner et la cohérence entre le nez et la bouche sont d’une lisibilité parfaite.

Beaune premier cru Perrières 2011: Tanins serrés sur l’attaque, puis ils prennent de l’élégance avec de délicieux accents floraux et une finale sur les fruits rouges frais.

Volnay premier cru Mitans 2011 : Profondeur aromatique sur les fruits rouges, le poivre blanc et la pivoine, densité aérienne en bouche de première saveur.

Pommard premier cru Pézerolles 2011 : toucher de tanin soyeux, charme fou en bouche avec une élégance florale , épicée et une touche minérale et vibrante en fin de bouche.

Pommard premier cru Rugiens 2011 : on a l’intensité propre au cru, avec une finale florale et fraîche qui fait frissonner.

Corton grand cru Clos du Roy 2011 : de l’énergie, avec une résonance florale et épicée admirables.

Puligny premier cru Cailleret 2011 : pureté cristalline au nez comme en bouche, avec des frissons et de la vibration et une résonance de fin de bouche exceptionnelle: c’est l’un des sommets en blanc du millésime.

Corton-charlemagne 2011 : beaucoup d’éclat pour ce charlemagne qui joue dans la cour des grands du millésime avec sa puissance à la fois tranchante et cristalline. 

Un domaine renversant.
Denis Hervier

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1 COMMENTAIRE

  1. Ben voila: la biodynamie ca veut pas dire grand chose et les vendanges entieres c’est franchement discutable. Comme quoi il y a des modes…

  2. dommage, j’aimais bien ce domaine qui va devenir inaccessible… c’est le seul domaine qui vous a provoqué ce “coup de coeur absolu”, et pour la première fois ?

  3. Nous étions trois de l’équipe Bettane et Desseauve à déguster et les vins de ce domaine ont fait l’unanimité: premier bon point dans un millésime 2011 difficile, ici tous les vins présentaient une juste maturité; étant habitué de ce domaine depuis 1986, je préfère le style actuel des Pommard qui font la part belle à la vendange entière à ceux du XX ème siècle, au niveau des fins de bouche plus aériennes et plus florales. Je ne renie nullement ce qui s’est pratiqué avant car je suis toujours un fana des Rugiens 1972, des 1978 ou du superbe 1990. Le style a simplement évolué vers plus d’arômes et une plus grande précision des finales. Quant aux prix, ils sont ceux des grands Bourgogne. En revanche je vous conseille de vous pencher sur les blancs du négoce Deux Montille, le Montagny, le Pernand sous Frétille ou le Saint Aubin avaient en 2011 beaucoup plus de percussion que bon nombre de blancs d’AOC plus prestigieuses, et les rapports qualité/prix sont ici!

  4. Cher Denis Hervier vous dites “plus d’aromes avec les vendanges entieres”? Disons des aromes qui peuvent etre franchement differents si les macerations prefermentaires ont ete anaerobiques… J’en ai goutes des comme ca il y a peu. Je les ai trouves flatteurs mais le aromes sont en fait tres communs — ca ressemble a` du Beaujolais-bonbon anglais. Est ce que ce sont la les aromes que vous avez trouve’s sur les vins de de Montille?

    Ces macerations anaerobiques donnent des vins qui presentent bien tout de suite. Je ne parlerais pas de “precision” avec une palette d’aromes fermentaires type esthers qui n’ont pas grand chose a` voir avec le climat ni le cepage et qui vont de toutes facons s’attenuer avec le temps. Pour des Pommards et autres vins de garde je n’aimerais pas ce type de vin.
    Je doute de plus de la capacite’ de ces vins a` e’voluer avec la garde.

    Vins du XXieme siecle ou du XXIieme siecle, cela n’a pas de sens.
    Les macerations anaerobiques sont des techniques qui ont ete mises au point en Beaujolais
    pour des vins simples et consommables tout de suite. C’est pas pour les grands terroirs.

    Encore une fois je n’ai pas goute’ les vins de de Montille mais le keyword “vendanges entieres” m’a fait reagir. J’ai goute’ trop de vins qui ne m’ont pas plu a` cause de cela.

    • Bonjour Vincent,

      Il est important de ne pas confondre macération carbonique comme en Beaujolais (anaérobie) et vinifcation en vendanges entières (Bourgogne) où certes il y a une fraction de la fermentation qui se passe en anaérobie mais la grande part se fait en présence d’oxygène. Les arômes, textures, et structure développés sont très différents.

      De très grands domaines pratiquent avec constance et réussite la vendanges entière, qui à mon sens, apporte beaucoup au vin et à l’expression de son terroir (note florales, épicées, minéralité, tannins soyeux, extraction plus douce, meilleure conservation et plus grandes longévité).

      Après c’est une question stylistique et de goût. Et là cela ne se discute plus, où au contraire, cela peut se discuter à l’infini sans jamais trancher car tous les palais doivent etre respectés.

      Cordialement,

      • Bonjour Etienne,
        et merci de preciser, Bien sur je realise qu’il y a beaucoup de facons de faire des vinifications avec des vendanges entieres. Il y a plusieurs choses que l’on peut chercher: tannins de rafles, extractions douces ou fermentations anaerobiques…
        En tout cas j’ai souvenir des vins de Roch ou Pacalet ou d’autres plus recemmment.., en vendanges entieres, et la je pense que c’etait vraiment des macerations anaerobiques et pour mon palais ca ressemblait a` du Beaujolais-bonbon anglais, du moins dans les premieres anneees. Personnellement je ne recherche pas de ce type d’aromes hyper masquants. Par contre les extractions douces, les tannins fins ou tannins de rafle bien mures, ca c’est bon!

        En tout cas, j’espere avoir l’opportunite de deguster vos vins. Seule facon
        d’etre bien convaincu…

        Meilleures salutations.

  5. Merci de votre retour, je connais déjà le négoce que j’apprécie. Je ne remets aucunement en cause les qualités des vins du domaine. Je me dis simplement que même si cela est vrai, quel est l’intérêt de faire un tel gros titre sur un seul domaine ?
    Nous l’aurions découvert dans votre guide, non ?

    La critique est toujours facile c’est vrai, surtout que je n’ai pas votre expérience, mais j’ai vu sur d’autres sites des récits sur une tournée en bourgogne avec à chaque fois plusieurs domaines décrits et cela me semble peut être plus emprunt de mesure.

    Au passage, je ne pense pas qu’il y est de prix pour les les “grands bourgognes”, si ce n’est celui de domaines réputés qui produisent des grands bourgognes, mais qui ne sont pas les seuls…

  6. Monsieur,
    Je comprends votre position, et votre critique scientifique de la vendange entière, mais vous ne m’empêcherez pas d’aimer ce style de vin chez Sylvie Esmonin, au Domaine Leroy ou de Montille…….

    • Cher Hervier Denis, je voulais juste en savoir + sur les vins que vous avez degustes car il y a beaucoup de facons de faire des vinifications avec des vendanges entieres. Personnellement ce que je n’aime pas c’est l’acetate d’amyle, que je trouve vulgaire et artificiel (sans rapport ni avec le cepage, ni le climat), c’est tout.

      Meilleures salutations

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