Avant d’aller déjeuner, nous nous sommes assis au bord de l’eau, sur la berge aristocratique du lac de Côme, celle qui est au soleil toute la journée. Nous sommes à la Villa d’Este, à l’occasion du World Wine Symposium, aka le Davos du vin. Autour de la table blanche en dentelle de tôle, dans ce décor raffiné et sous un pâle soleil de novembre, Éric Rousseau raconte sa vie de viticulteur consciencieux.
L’homme est un paysan, un vrai. Dernier rejeton d’une dynastie établie avec le succès qu’on sait à Gevrey-Chambertin, le Bourguignon n’est pas du genre à se répandre en confidences. Sans être vraiment taiseux, il a cette pudeur de terrien qui cache très bien les joies et les peines. Il répond aux questions sans en rajouter. Il faudra un moment pour qu’il comprenne qu’on ne lui veut pas de mal, qu’il se livre un peu. La presse a mauvaise presse, décidément.

Éric Rousseau et Madame

Allons-y.
– C’est qui, Armand Rousseau ?
– Mon grand-père. C’est lui qui a fondé le domaine en 1910. Il était épicier, il avait le goût du vin, il en vendait. Ma grand-mère avait apporté quelques vignes en dot. Il s’y est mis. Puis il a acheté des raisins de Chambertin qui lui plaisaient. Du coup, à partir de 1921, il a acheté des parcelles, peu à peu. Il a commencé avec le Clos de la Roche, puis des ouvrées du Chambertin. Il a commencé à vendre son vin en Amérique juste après la Prohibition. Mon père a développé cette activité d’export vers d’autres pays.

Pour parler de lui, Éric pose d’abord deux fondamentaux qui lui semblent très importants :
« Je ne fais pas du tout de négoce »
et
« tous les actionnaires du domaine sont de la famille ».
Bien. Cela dit, ça va mieux, on peut… lire la suite

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