Demain, les plus grands producteurs du Liban viendront présenter pour la première fois leurs vins au cours
d’un événement organisé par le ministère de l’Agriculture, sous le haut patronage du président de la République Libanaise, le Général Michel Sleiman, et en partenariat avec l’OIV. Vieille comme le monde, l’histoire de la vigne
se confond ici avec celle de l’humanité. C’est Noé, dont le tombeau se trouverait dans la mosquée de Kerak, dans la vallée de la Beqaa, qui aurait planté la première vigne sur le Mont Sannine, ce Mont Liban emblématique du pays du cèdre. Si la vigne semble avoir été cultivées dès 6000 ans avant JC, ce sont les phéniciens qui perfectionnèrent son élaboration. Leurs lourds navires sillonnaient la Méditerranée, chargés d’amphores de vin capiteux, d’huile,
de grain et de métaux précieux. L’empire de la mer a capitulé devant Alexandre le Grand, mais la culture de la vigne n’a jamais cessé de croître et de prospérer. Au Moyen-Age et à la Renaissance, les vins du Liban étaient très prisés. Voyageant dans les cales vénitiennes, ils alimentaient les cours occidentales, séduisant par leur robe pourpre et de leurs arômes épicés. Fruit d’une longue histoire d’amitié avec la France, qui contribua à en relancer la production
au début du XXe siècle, le vin libanais entame avec dynamisme une nouvelle page de son histoire que les trente domaines* réunis ce 14 mai illustrent brillamment, chacun à leur manière.

Dans les années 90, au sortir de quinze ans de guerre, le Liban s’est patiemment attelé à reconstruire sa viticulture. Dans les années 60, on ne comptait que trois producteurs « historiques ». Une quarantaine de domaines cultive aujourd’hui 2 000 hectares de vignes dont sont issus 8 millions de bouteilles. Deux régions sont particulièrement propices à la culture de la vigne. Celle du Mont Liban, sur les contreforts de la chaîne montagneuse du même nom, bénéficie dans sa partie occidentale d’un climat typiquement méditerranéen, baigné d’influences maritimes tempérant les ardeurs du soleil et favorisant une maturation optimale des raisins. A l’est, ses pentes orientées plein ouest regardent la vaste plaine de la Beqaa. Entre les deux chaînes du Liban et de l’Anti-Liban, cet étroit ruban de dix kilomètres de large sur cent-vingt de long, à dominante argilo-calcaire, constitue la plus importante zone viticole. 95 % des volumes de vin libanais y sont produits. Cette longue plaine fertile est remarquablement irriguée par les eaux dévalant des deux barrières montagneuses qui la protègent, alimentant ainsi le Litani, son principal fleuve nourricier. Située à mille mètres d’altitude, bénéficiant d’un climat semi-continental aux saisons bien tranchées, elle engendre des vins d’un remarquable équilibre. Ici, l’ensoleillement diurne et les nuits fraîches génèrent une amplitude thermique importante, propice à une harmonieuse maturation des baies.

Les grands crus libanais s’illustrent majoritairement par leur puissance et leur matière. Le cabernet-sauvignon, second cépage le plus planté au monde, constitue 23 % de l’encépagement des rouges. Le cinsault le suit de près, avec près de 450 hectares plantés. Récemment, comme partout ailleurs, la syrah s’est taillée une belle part (20 % du vignoble). Grenache, mourvèdre, petit verdot et merlot complètent cette belle palette, aux côtés de cépages de lointaine origine espagnole tels l’aramon, le carignan ou l’alicante. En blanc, deux cépages autochtones comme le merwahi et l’obeidy sont toujours amoureusement cultivés. Ils voisinent avec des stars internationales comme le chardonnay, le sauvignon ou encore le viognier, le sémillon, le muscat la clairette ou la roussanne. Le Liban est majoritairement producteur de grands vins rouges (75 %). Tantôt opulents, tantôt d’une surprenante finesse, ils portent tous une empreinte solaire et une âme bien née. Les blancs (20 %) et les rosés (5 %) méritent également d’être découverts.

* Batroun :
Sanctus, Atibaïa, Coteaux de Botrys, Ixsir, Batroun Mountains et Aurora Winery.

Mont Liban :
Château Florentine, Oumsiyat, Le Monastère Saint Jean, Château Fakra, Musar, Adyar.

Bekaa :
Château Qanafar, Château Marsyas, Château Kefraya, la Cave Kouroum, Clos Saint-Thomas,
Château Héritage, Château Ka, Château Nakad, Vin Caprice, le Domaine des Tourelles,
Massaya, Château Ksara, Domaine Wardy, les Coteaux du Liban, le Domaine de Baal, Château Khoury.

Sud du Liban :
Karam Winery

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