Avec des origines remontant jusqu’en 1632, la Maison Henri Maire est le propriétaire le plus important du Jura,
dont elle exploite 16 % du vignoble. Aujourd’hui, ce vigneron historique dans ses appellations s’unit à un autre opérateur historique, la maison bourguignonne Labouré-Roi, fondée en 1832. Cette fusion inclut aussi la société Nicolas Potel, renommée pour ses micro vinifications. Fin septembre 2013, la société Henri Maire et le groupe Cottin Frères ont conclu un accord de principe portant sur l’acquisition de la totalité des fonds de commerce et des actifs d’exploitation détenus par les sociétés Labouré-Roi et Nicolas Potel. Henri Maire avait beau avoir une passion pour le vignoble jurassien, qu’il a passé sa vie à entretenir et révéler, il n’en avait pas moins un rêve de Bourgogne. Il avait d’ailleurs ouvert un magasin au cœur de Beaune, juste en face des Hospices, il a fait de son château de Grange Grillard son “Petit Clos de Vougeot” et il avait même caressé un temps le projet de reprendre la maison Labouré-Roi. Prémonitoire. 


Cette fusion permet de créer un groupe équilibré disposant d’un fort ancrage vigneron dans le Jura, d’une expertise des vins tranquilles dans les deux régions, mais aussi des vins effervescents (dont Henri Maire est un spécialiste,
« Vin Fou » et crémants, depuis plus de 60 ans) et d’une grande maîtrise des exportations, Labouré-Roi étant fortement ancré sur certains marchés clés comme le Japon, les Etats Unis, le Royaume Uni. La distribution se fera par des réseaux traditionnels, mais aussi directement vers les particuliers, un canal que la Maison Henri Maire, fondateur de ce métier en France, maîtrise tout particulièrement. En avril 2013, la société a d’ailleurs repris la société bourguignonne Dufouleur (Père et Fils Distribution) qui achevait le travail de recomposition de son métier historique de vente à domicile. Le groupe ainsi constitué devrait réaliser en 2014 un chiffre d’affaires de plus de
50 millions d’euros (45 % à l’export / 55 % en France, 40 % en vente directe / 60% par des canaux indirects, environ 60 % en bourgognes / 20 % en vins du Jura et 20 % en autres vins).

Enfin, cette nouvelle entité viticole souligne la complémentarité entre les vignobles de Bourgogne et du Jura, proches par les cépages et la géologie – ils tous deux nés lors de l’affaissement du bassin de la Saône.
Un cousinage géographique et historique – les racines des domaines emblématiques d’Henri Maire sont liées à l’Empereur Frédéric Barberousse, comte de Bourgogne et aux moines de Cîteaux installés à l’abbaye de Balerme – désormais représenté par un groupe viticole qui portera, selon Patrick Coupier, président des Domaines Henri Maire, « les valeurs et les produits des deux vignobles dont nous sommes issus ». La mise en place de ces nombreuses synergies «  tant sur le plan technique que commercial » permettra d’assurer un développement qualitatif important. « Chaque entité gardera sa structure actuelle et sera animée par les mêmes collaborateurs.
Elle conservera ses spécificités et répondra au mieux aux demandes de ses clients.
»


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