Les 25 et 26 octobre dernier, la deuxième édition de la Bettane+Desseauve Wine Experience London a accueilli pour la première fois les Wine Premiere Awards. Ce concours a pour objet de récompenser des projets viticoles originaux et novateurs venus du monde entier. Les quatorze vins en compétition ont été sélectionnés par Michel Bettane et Thierry Desseauve, mais le palmarès a été établi par un jury de professionnels et par les votes du public.

À l’unanimité, le jury a attribué la première place à la propriété Il Carnasciale et son vin Il Caberlot (que Thierry Desseauve a dégusté ici), crée par Wolf Rogosky et produit aujourd’hui par son fils Moritz. Ce vin est produit à partir d’un cépage hybride unique au monde, le caberlot, qui présente tous les caractères du cabernet et du merlot. La propriété réalise un cru d’une classe folle, uniquement en magnum, démontrant à tous que l’innovation en matière de vin peut aussi s’inscrire même dans les régions de très grande tradition.


QUATRE QUESTIONS À MORITZ ROGOSKY :

Quel est votre sentiment après cette première place obtenue à ce concours rassemblant qualité du vin et innovation ?
Je suis fier. C’est la récompense de 25 années de travail, 25 millésimes, ce qui est assez peu pour un domaine. Mais ce n’est pas rien non plus. C’est aussi beaucoup de plaisir, je vois que nos vins surprennent, intriguent et ouvrent une toute nouvelle perspective pour les dégustateurs. Il faut malgré tout rester modeste puisque chaque année est incertaine en raison du sol et du microclimat si particuliers à notre colline du Valdarno en Toscane et le caberlot est un cépage capricieux, une diva, d’après notre œnologue Peter Schilling.

Cette première place est-elle un pas de plus pour faire connaître votre vin au public français et étranger ?
Les 3 000 magnums du caberlot partent dans le monde entier. Aujourd’hui, 26 pays attendent les allocations du nouveau millésime. La France a toujours joué un rôle essentiel dans la vie de ma famille, j’y ai vécu avec mes parents, ma mère vit aujourd’hui à la propriété et je reste un Parisien qui « commute » en Toscane. L’Ambroisie à Paris était une des premières grandes tables à proposer il-caberlot et cette maison tient dans nos cœurs le rôle d’une ambassade, comme le Tantris à Munich et Il Cibrèo à Florence.

Quelles sont les prochaines étapes pour vous et votre vin ?
Au delà de la plantation de deux nouvelles parcelles très intéressantes qui se joindront dans quelques années aux 2,3 hectares en production aujourd’hui, nous terminons les plans d’un nouveau chai. En effet, le garage est devenu trop petit et les barriques commencent à monter dans la maison. Le prochain grand pas décisif sera la construction du nouveau chai Carnasciale, dessinée par l’architecte suisse Valerio Olgiati, dédiée à la vinification et à l’élevage du caberlot et de son cépage singulier.

Quelle est votre philosophie dans la conception du vin et dans sa finalité ?
Nous cherchons la corrélation de l’expression des caractéristiques du cépage, de nos sols, du climat particulier du millésime, de la précision de notre savoir-faire pour élaborer des vins droits, savoureux, frais et très élégants. Nous n’employons pas de produits chimiques à la vigne et intervenons très peu durant la vinification et l’élevage. Le plus important, nous réalisons nos vins avec passion. Et seulement en magnum.

Propos recueillis par Pierre Grenié

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