2013 fut certainement l’une des années les plus difficiles du dernier quart de siècle pour le vigneron bordelais. Sans parler de larges zones complètement ravagées par la grêle et n’ayant rien pu produire, l’alternance schizophrénique de périodes trop froides ou trop chaudes, trop sèches ou trop humides et toujours au mauvais moment a été un vrai cauchemar. D’immenses progrès techniques au niveau des matériels de tri du raisin et de réception des vendanges ont permis de produire des vins d’une qualité qui aurait été inconcevable il y a encore vingt ans.

Les blancs secs récoltés à la mi-septembre ont profité de leur précocité. Nerveux, très aromatiques, très denses en raison des petits rendements, ils réconcilieront peut-être le public international avec leur style bien tranché. Les raisins rouges n’ont pu aller jusqu’au bout d’une maturité tardive en raison du développement galopant de la pourriture, mais le mois de juillet très chaud a paradoxalement brûlé les marqueurs aromatiques d’une vendange rentrée pas assez mûre et on trouvera rarement des arômes excessifs de poivron qui déplaisent tant aux professionnels.

Les meilleurs rouges sont certes nerveux, mais très francs et on se réjouira de l’habileté avec laquelle la nouvelle génération de vinificateurs a su éviter les excès d’extraction. Enfin, les vins liquoreux ont été les grands gagnants de cette vendange. Ici, le développement de la pourriture noble était nécessaire pour l’obtention de la qualité. Les vins sont riches, frais, sans aucune lourdeur dans leur liqueur et devraient faire de très belles bouteilles.

Voici 10 vins d’un futur rapport qualité prix probable

  • Château Olivier, pessac-léognan rouge
  • Château Labégorce, margaux
  • Château Durfort-Vivens, margaux
  • Château Meyney, saint-estèphe
  • Château Pédesclaux, pauillac
  • Château Sigalas-Rabaud, sauternes
  • Château Fonplégade, saint-émilion
  • Château Marjosse, bordeaux blanc
  • Château Rahoul, graves blanc
  • Château de Cérons, cérons

Château Climens à Barsac n’a pas été noté
Comme d’habitude, l’assemblage du vin n’est pas fait et nous dégustons les lots successifs en suivant l’ordre des vendanges. La base du vin sera formée d’une première trie de fin septembre somptueuse et d’un passage plus tardif après la mi-octobre ayant bénéficié d’une très chanceuse accalmie des pluies. Ce sera certainement un très beau climens, opulent, dense, noblement aromatique, mais évidemment on ne peut pas encore noter un vin qui n’existe pas. Certains le feront peut-être…

Michel Bettane

Photo : Guy Charneau

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