Un imbécile (il a de la chance, personne ne se soucie de savoir qui il est) a fait rayer de l’appellation Rasteau, pourtant toute neuve et ayant bien besoin de tous ses talents, le meilleur vin de son aire et contraint son producteur a rejoindre les rangs des vins de pays. Motif : avoir planté des cépages provençaux autorisés pour le meilleur cru du Vaucluse (Châteauneuf-du-Pape), mais oubliés par les ignares qui avaient rédigé le cahier des charges de Rasteau. Cette plantation, loin d’être un caprice d’excentrique, avait été longuement réfléchie : les picardans blancs apportent du nerf, de la tension et diminuent la richesse en alcool des grenaches qui flirtent avec les 16°. Les counoises donnent de l’épice et se marient parfaitement avec les mourvèdres. Jerôme Bressy, en fait, a eu le tort d’avoir trente ans d’avance sur certains de ses confrères et plus de 50 sur les experts locaux de l’l.N.A.O. Ses vins blancs, rosés et rouges n’ont jamais mieux exprimé la force et l’élégance des marnes de Rasteau qui font surgir l’eau des collines dans des “gourts” qui ont donné leur nom à son domaine.

Michel Bettane

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