Après l’appellation picpoul-de-pinet en blanc, l’Inao vient de distinguer une seconde appellation de l’ancienne famille de vins des Coteaux du Languedoc, productrice de rouge cette fois. Depuis jeudi, les cinq coopératives et soixante caves particulières travaillant les 2 000 hectares de ce vignoble situé au nord-ouest de Montpellier sont autorisés à étiqueter leurs vins « AOC terrasses-du-larzac », ce qui sera fait pour le millésime 2014, dès que le décret sera publié. Sur ce territoire de 45 km sur 20, relèvement brutal du Massif Central où l’altitude favorise des nuits plus fraîches qu’au cœur du Languedoc, trente-deux communes sont concernées par ce dossier en reconnaissance constitué en 2010 : Aniane, Arboras, Argelliers, Le Bosc, Brissac, Causse-de-la-Selle, Ceyras, Jonquières, Lagamas, Lauroux, Mérifons (la plus à l’ouest), Montoulieu, Montpeyroux, Moulès-et-Baucels (la plus au nord), Murles, Octon, Pégairolles-de-Buègues, Pégairolles-de-l’Escalette, Poujols, Puéchabon, Saint-André-de-Buègues, Saint-André-de-Sangonis, Saint-Félix-de-Lodez, Saint-Guiraud, Saint-Jean-de-Buèges, Saint-Jean-de-Fos, Saint-Jean-de-la-Blaquière, Saint-Privat,Saint-Saturnin, Soubès, Usclas-du-Bosc et, en partie, la commune de Gignac. La production de terrasses-du-larzac est de 10 300 hectolitres. Exclusivement rouge, un terrasses-du-larzac doit être issu d’au moins trois cépages parmi les cinq variétés du Languedoc* et d’un rendement n’excédant pas les 45 hectolitres à l’hectare.

Président du syndicat de l’appellation créé en 1997, Vincent Goumard voit dans cette reconnaissance spécifique de leur terroir « un message fort message fort adressé aux vignerons », qui rayonne selon lui sur l’ensemble du Languedoc, à qui l’on a longtemps refusé le statut de région « où naissent de très grands vins. ». Interrogé sur la célérité avec laquelle l’Inao a rendu sa décision, il admet que « le chemin a été assez rapide » tout en rappelant que les fondements de l’appellation sont bien antérieurs. « Olivier Julien a commencé à faire de grands vins dans ce terroir dès 1985. Or, à l’époque, on “jouait collectif” sous la bannière Coteaux du Languedoc. Si les Terrasses du Larzac bénéficient d’une belle réputation, alors que la dénomination (accolée à l’AOC languedoc, NDLR) date seulement de 2005, c’est, à l’évidence, qu’il y avait de solides fondations bien avant. » Rien ne va vraiment changer pour les amateurs qui donnaient déjà à ces vins le nom simplifié de terrasses-du-larzac. En revanche, et au-delà de la satisfaction qu’il y a à voir reconnue la qualité de son travail, la donne est toute autre pour les vignerons. Sur le plan juridique, ils bénéficieront désormais « d’une sécurité à l’international à laquelle ils n’avaient pas accès avec le seul statut de dénomination Terrasses du Larzac au sein de l’appellation languedoc », l’AOC – dite aussi AOP au niveau européen – agissant comme une protection contre les contrefaçons étrangères. Ils disposeront également de leur propre organisme de défense et de gestion. Vincent Goumard précise qu’il n’y a pas de volonté de s’éloigner de la maison mère qu’est l’AOC languedoc. « En revanche, elle ne pourra pas prendre de décision pour nous. »

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* Grenache, mourvèdre, syrah, carignan et cinsault, qui doivent représenter ensemble au minimum 75 % de l’encépagement, et ne peuvent pas représenter plus de 75 % séparément.

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