Que la Champagne perde un point ou deux à l’export ou sur le marché national et chacun d’y aller de son commentaire. En ce moment, c’est un festival. Pourtant, il y a des choses à dire. Nous l’avions fait avant l’été, ici . Rappeler par exemple que le positionnement festif historique du champagne devient un boulet très lourd à traîner. Qu’il serait temps que nos amis les directeurs de marketing retrouve le chemin d’une certaine sagesse (qui n’exclut ni l’humour, ni la fantaisie, évidemment) et rende au champagne son bel habit de grand vin, le seul capable de faire pièce aux visées des sparklings de toutes provenances. Parce que sur le chemin de la night, il y a mille pièges qui font le lit des cavas espagnols et du prosecco d’Italie, en attendant les plus bas de gamme des effervescents anglais. Parmi lesquels pièges, le prix bas. Qui est un problème, oui.
S’apercevoir que le champagne « de vigneron » est une route difficile où les déconvenues s’enchaînent rapidement, sauf pour ceux qui ont vraiment su donner une identité originale à l’expression de leur terroir. Ils sont peu nombreux et très célèbres, déjà. Pour la foule des autres, le déficit de qualité se traduit en difficultés à vendre, ce qui est logique. On le sait moins, mais depuis deux ou trois ans, ils sont de plus en plus nombreux à se remettre à vendre leur raisin aux maisons ou à rejoindre la coopération, conservant juste de quoi embouteiller quelques centaines de cols à leur nom. Voilà des gens réalistes. Autant faire ce qu’on sait faire et se concentrer sur la production des plus beaux raisins possibles. Surtout au prix du kilo.
Redire enfin que le champagne à 9,90 euros en promo est un coup bas porté à toute l’appellation, à tous ses acteurs et à tous ses amateurs.
Le champagne est et restera un grand vin et un produit de luxe. Pas un produit d’accès, ni un avion.

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1 COMMENTAIRE

  1. Surtout, comme à Bordeaux, ne pas mettre en cause la politique de prix de la région… On goûte effectivement bien meilleur pour deux fois moins cher, sans même aller à Prosecco ou vers le Cava, à moins de 300km de la Champagne… La segmentation marketing d’une grande firme française du “luxe” n’a que peu à voir avec le goût des bonnes choses, et tant pis si on ne trouve plus de bon Champagne à prix raisonnable, cela nous permet de boire d’autres bulles!

    • Quelle sournoise manière de vouloir la pauvreté des entrepreneurs du vin, vignerons, maisons, etc. Dans chaque région de production, il y a tout les vins qu’on veut à tous les prix possibles, y compris en Champagne. On peut très bien goûter “d’autres bulles”, comme vous dites et aimer le champagne. L’un n’est pas exclusif de l’autre. L’ouverture à la découverte, c’est très bien. La confirmation de ses goûts, aussi.

      • Peut-être vous expliquerez-vous sur l’utilisation du mot sournois? Vous êtes bien impoli cher Monsieur… Quant à vouloir la pauvreté, oui elles est partout en Alsace, en Bourgogne et dans la Loire, n’est-ce pas?

        • Se plaindre avec des accents consuméristes du prix des vins, c’est militer pour lea baisse de revenus des vignerons. D’une certaine manière.
          Zéro impolitesse dans mes mots.
          Et si on parle de vignes, de vignerons, de vins, non je ne vois pas beaucoup de pauvreté même dans les régions que vous citez.
          Que certains vignerons, battus par la grêle ou les macrhés rétifs jettent l’éponge, ça existe. Ceux qui vendent ne partent pas les mains vides, loin s’en faut. De quelle pauvreté parlez-vous ?

  2. Merci M. de Rouyn ! En cet article se résume notre vocation de tous les jours : nous sommes l’Agence Cidéo, agence de branding en Champagne (entendez par là que nous créons et gérons des identités de marque) et avons pour clients, les vignerons de la Champagne ; dont nous faisons aujourd’hui des marques.
    Notre mot d’ordre : la valorisation ! Car comme vous l’énonciez, le marché se fait concurrentiel et les prix bas ne font que rendre toujours plus difficile le maintien de l’aura de l’Appellation Champagne. Séculaire, certes, mais fragile ! Nous nous y tenons chaque jour à l’agence et au-delà, dans une envie de sensibiliser la Champagne et le Champagne à cette problématique qu’il est urgent de résoudre. Par le branding notamment… en respectant les fondements des producteurs qui donnent naissance bien souvent à de remarquables cuvées.

    Bien à vous et à vos lecteurs,

    Julie Marano
    Agence Cidéo

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