Condrieu compte aujourd’hui près de 70 producteurs réguliers mais seule une bonne trentaine peut offrir un volume de commercialisation non confidentiel. Comme le cru n’a pas cessé d’augmenter la taille de son vignoble,beaucoup de ces producteurs ne le sont que depuis peu et il n’est pas encore possible de porter un jugement correct sur leur valeur, faute d’un nombre suffisant de millésimes vinifiés. Dans son superbe livre The wines of Northern Rhône, le marchand de vins anglais John Livingstone-Learmonth s’y est pourtant essayé, mais je ne le suivrai pas sur ce point car je serais incapable de généraliser à partir d’une ou deux bouteilles et encore moins à partir d’échantillons non encore mis en bouteille.
Les dix-huit entrées qui suivent correspondent quand même à une bonne centaine d’hectares,
c’est-à-dire les deux tiers du volume actuel de production de l’appellation.


À LIRE

>Condrieu, la renaissance du viognier… >Condrieu, les villages et les lieux-dits… >Condrieu, vinification et caractère du vin…





[row] [col width=”six”] [toggle] [toggle_item title =”Domaine Bernard à Tupins et Semon”] Les deux frères Bernard exploitent environ 0,7 ha sur le coteau de Bassenon à l’extrême nord de l’appellation sur du granit à muscovite. Le ruisseau de Bassenon sépare ce lieu-dit des coteaux du même nom de l’appellation Côte-Rôtie, point fort de l’exploitation viticole du domaine. Les vins sont nets, agréables, mais sans distinction particulière et les prix restent sages. [/toggle_item] [toggle_item title =”Domaine Boissonet à Serrières”] Frédéric Boissonet est un viticulteur fort sympathique de Serrières en Ardèche, spécialiste de l’appellation Saint-Joseph, où il réussit particulièrement les blancs. Cela l’aide à produire une petite quantité d’un délicieux condrieu sur Limony et Chavanay avec, en particulier, une jolie vigne au lieu-dit La Coste sur le migmatique à biotique. [/toggle_item] [toggle_item title =”Domaine du Chêne, Marc Rouvière à Chavanay”] L’essentiel du domaine se situe aux Eyguets, lieu-dit de Chavanay sur des arènes granitiques très pures, avec une petite vigne plus tardive sur les schistes de Volan, à Malleval, terroir plus froid et tardif. Les vins du domaine sont riches, chaleureux, et mieux équilibrés en boisé qu’il y a quelques années. [/toggle_item] [toggle_item title =”Domaine Louis Chèze à Limony “]Le domaine exploite un peu plus de 3 hectares sur le coteau le plus au sud de l’appellation, à Limony, sur les lieux-dits Braise (gneiss) Côte Fournet (granit à muscovite) et Montrond. Braise a naturellement inspiré le nom de la cuvée Brèze. Pagus Luminis est en général récolté sur les parties les plus élevées du vignoble. Les vins présentés à la dégustation dans certains millésimes récents semblaient anormalement évolués, mais dans le passé nous avons à plusieurs reprises dégusté des vins très aromatiques et typés. [/toggle_item] [toggle_item title =”Domaine Clusel-Roch à Verenay “]Ce domaine est avant tout un excellent producteur de côte-rôtie et il y joue un rôle capital par sa croisade pour la défense des plants fins de syrah. Il a eu la gentillesse de présenter son condrieu, issu d’un demi-hectare cultivé sur le remarquable coteau de Chéry à Condrieu, archétype du micro-climat favorable au viognier. Le vin ne se présentait pas au mieux, mais à d’autres occasions nous l’avons beaucoup apprécié. [/toggle_item] [toggle_item title =”Yves Cuilleron à Chavanay “]Voici le wonder boy non seulement de Condrieu mais de toutes les Côtes du Rhône septentrionales. En un peu plus de dix ans de travail acharné et de prises considérables de risque le voici à la tête d’une bonne cinquantaine d’hectares de vigne de coteau, dont 8,5 sur Condrieu, dont il est devenu le principal viticulteur indépendant. À cela s’ajoute une activité de négociant (il est l’un des trois fondateurs des Vins de Vienne). Ce n’est pas une simple affaire que de vendanger au juste moment de Cornas à Seyssuel, de vinifier et d’élever avec précision autant de parcelles différentes, de cépages différents, mais force est de constater son étonnante régularité de réussite depuis trois ou quatre ans. Les vignes de Condrieu proviennent de plusieurs coteaux, dont le plus important se trouve à Chavanay, au lieu-dit La Côte, mais aussi sur Ribaudy, Peyrolland, Izéras, les Eyguets et un superbe demi-hectare sur Vernon à Condrieu même et qui donne la cuvée Vertige. Les vins des années 1990 flirtaient souvent avec le sucre résiduel et présentaient des arômes exotiques un peu chargés, ils ont sur ce point beaucoup progressé en pureté et en finesse avec un boisé mieux intégré et une présence du granit plus transparente. [/toggle_item] [toggle_item title =”Delas à Saint-Jean-de-Muziols “]La firme de Saint-Jean-de-Muzols appartient au Champagne Deutz (lui-même propriété de Roederer) qui lui donne les moyens de travailler avec le maximum d’efficacité et de précision sous la houlette de l’excellent œnologue Jacques Grange. Sur Condrieu, la maison vinifie les 3,2 hectares de Maurice Bruyère, gendre de Michel Delas, dont les deux hectares du clos Bouché, à Vérin, sur quelques-unes des arènes granitiques les plus pures de l’appellation, à proximité de château Grillet. Les vins sont peu aromatiques à la naissance et exigent trois ans pour se présenter à leur meilleur, avec une élégance considérable. Le Condrieu régulier “la Galopine” est moins excitant. [/toggle_item] [toggle_item title =”Philippe Faury à Chavanay “]Le domaine gère trois hectares sur des vignes proches de celles d’Yves Cuilleron, à Chavanay (lieux dits Ribaudy, Peyrolland). Une cuvée de pure Ribaudy, un peu plus boisée que les autres est vendue sous la marque “la Berne”. Les vins sont riches, charmeurs, moins précis que d’autres dans les derniers millésimes. [/toggle_item] [toggle_item title =”Pierre Gaillard à Malleval “]Cet excellent vigneron, qui a fait ses classes chez Guigal, possède 2,5 hectares en condrieu, sur Chery, d’abord, dans le secteur central et classique, puis dans la vallée encaissée et spectaculaire de Malleval sur Gonon (granits purs) et Côte Bellay (gneiss). Il aime vendanger le viognier très mûr, ce qui donne parfois des vins un peu lourds et trop avancés pour leur âge. Mais en année réussie le parfum de son condrieu est magnifique. [/toggle_item] [toggle_item title =”E.Guigal à Ampuis “]La célèbre maison d’Ampuis a beaucoup contribué à l’agrandissement de l’appellation et à sa prospérité actuelle, en assurant à tous les nouveaux vignerons un revenu régulier par l’achat de leur raisin. En bonne année, elle produit largement plus de 100 000 bouteilles, ce qui correspond à 35/40 hectares de vendanges vinifiées sur place, à Ampuis, dans des installations techniques magnifiques. Les Guigal possèdent maintenant de jolies vignes, ayant acheté à Patrice Porte les superbes Chaillets de la Côte Châtillon au cœur de Condrieu (qui entre largement dans la composition de la Doriane, leur cuvée de prestige), près de quatre hectares autour du pittoresque château de Volan à Malleval, en association avec Alain Paret et Gérard Depardieu (comme dit plus haut), et de très belles expositions sur Colombier à Saint-Michel-sur-Rhône. Le condrieu générique, diffusé un peu partout dans le monde est remarquable de constance, la Doriane possède plus de corps, mais aussi davantage la marque de la barrique, ce qui peut déplaire à certains. Philippe Guigal a tout récemment changé les origines des bois pour cette cuvée et l’on suivra attentivement son évolution.[/toggle_item] [/toggle] [/col] [col width=”six”] [toggle] [toggle_item title =”Domaine du Monteillet, Stéphane Montez à Chavanay “]Stéphane Montez est un des jeunes viticulteurs les plus dynamiques du secteur et un vinificateur très adroit. Ses 2,50 hectares de condrieu sont très morcelés, du classique Chanson à Chavanay, jusqu’à Saint-Michel et les crus moins connus, mais excellents de la Bourdonnerie, Chauramond et Sous l’église. Une petite et remarquable cuvée de liquoreux est vendue sous le nom de Grain de Folie, et conserve dans sa richesse toute la pureté des fruits récoltés sur le granit. Chanson est un peu plus lourd, même en vin sec. [/toggle_item] [toggle_item title =”Robert Niéro à Condrieu “]Robert Niéro a épousé Claude Pinchon et repris une partie des vignes de son beau-père Jean, sur le coteau de Chéry, et a beaucoup planté sur la Roncharde, la Caille, au dessus de Vernon, Vergelas et Châtillon. Ses vins sont en général nets, bien équilibrés, plus longs à se faire que d’autres, moins exotiques dans leur parfum. [/toggle_item] [toggle_item title =”André Perret à Verlieu-Chavanay “]Voici à mon sens l’un des deux grands couturiers du viognier de toute l’appellation, avec des vins qui ont toujours un peu plus de finesse, de précision et d’élégance de texture que chez la plupart de ses collègues. Il est aujourd’hui à la tête de cinq hectares de vignes, dont les trois hectares du coteau de Chéry, sur les granits purs de Condrieu, recouverts de loess sur le dessus et les magnifiques Chanson et Chauramond. Il continue à défricher le coteau de Verlieux en face de sa cave. Ses deux cuvées de lieux-dits, Chéry et Chanson, ont en commun la noblesse d’expression du fruité du raisin avec dans les tout derniers millésimes une petite préférence pour la finesse et la tension de Chanson. La cuvée normale ravit par sa finesse et peut servir de modèle de style. [/toggle_item] [toggle_item title =”Christophe Pichon à Chavanay “]Ce producteur est une des valeurs sûres de l’appellation, ayant la chance d’avoir trois de ses quatre hectares dans le secteur classique de Saint-Michel-sur-Rhône sur les granits à muscovite de Roche Coulante, plus un hectare de Mève, un rien plus au sud. Les vins sont harmonieux et exacts dans leur rendu du terroir. [/toggle_item] [toggle_item title =”Hervé et Marie-Thérèse Richard à Chavanay “]Ce couple de viticulteurs de Chavanay a particulièrement brillé lors de notre dégustation comparative et mérite d’être mieux connu, d’autant qu’il n’est pas débutant, ayant commencé à planter du viognier en 1983. Le domaine exploite trois hectares dont deux sur le pur granit de la Maraze à Saint-Michel-sur-Rhône, d’où le nom de la cuvée Amaraze ! Les vins ont beaucoup de style, de cristallinité, comme je les aime, et ce n’est pas étonnant car Hervé Richard a travaillé un temps au domaine Vernay. [/toggle_item] [toggle_item title =”René Rostaing à Ampuis “]René Rostaing, sans doute le viticulteur indépendant ayant le plus beau patrimoine de vignes en Côte-Rôtie n’est pas le plus facile des caractères. Mais c’est un superbe professionnel et il le prouve avec son délicieux condrieu, issu d’un hectare de vignes réparties entre Bonnette, près du Rozay et Sainte-Agathe, alternant sous-sol d’argile rouge et de granit pur. Aucune influence du bois dans son vin qui respecte parfaitement l’intégrité du fruit du viognier et la cristallinité de terroirs exceptionnels. [/toggle_item] [toggle_item title =”Domaine Georges Vernay à Condrieu “]Georges Vernay a sauvé Condrieu par son courage et sa ténacité à entretenir à lui seul pendant longtemps la moitié de l’appellation quand elle ne faisait que 10 hectares à la fin des années 1970. Son père avait commencé à défricher l’impressionnant coteau de Vernon, il a continué son œuvre et c’est désormais à sa fille Christine Vernay–Amsellem de finir le travail en plantant une troisième tranche. Entre temps, la superbe maison et le parc non moins superbe qui se trouve directement en dessous du coteau sont devenus sa résidence, juste récompense des efforts colossaux fournis par les trois générations. Georges était un maître vinificateur, mais je me demande si Christine ne lui est pas encore supérieure. C’est évident pour les côte-rôtie, mais il est difficile bon an, mal an de trouver des condrieus plus purs, plus raffinés que ses trois cuvées, toutes issues de leurs 7,5 hectares de vignes centrées autour de Vernon et ses voisins immédiats Sainte-Agathe, Cailles, Mirebaudy. Les Chaillées de l’Enfer (orthographe propre à Christine) viennent de la Caille et donnent un vin profond et charmeur, expression à mon sens idéale de l’appellation. Les Terrasses de l’Empire, assemblage en général de Mirebaudy et Sainte-Agathe, est plus tendre, plus souple, mais tout aussi cristallin malgré l’utilisation de la barrique pour la phase d’élevage. Reste le coteau de Vernon, élaboré à partir des plus vieilles vignes en production de l’appellation, sur un terroir vraiment exceptionnel. Il lui faut trois ou quatre ans de bouteille pour digérer son bois et porter sa splendide constitution à son maximum d’harmonie. Il donne incontestablement le frisson unique des grands crus, c’est-à-dire des cuvées qui expriment le meilleur de toutes les autres. Son parfum de violette inimitable en fait un des plus grands vins de France. [/toggle_item] [toggle_item title =”Domaine François Villard à Saint-Michel-sur-Rhône “]Cet ancien cuistot est devenu le plus bouillant et le plus entreprenant des vignerons de l’appellation, en reconstituant avec ses copains Gaillard et Cuilleron un vrai trio de Pieds nickelés, amoureux fous du vin du Rhône et d’ailleurs, mais à la différence de Ribouldingue et ses potes, infatigables travailleurs. Nous l’avons connu à la tête de deux petits fûts de blanc, le voici en charge de quatre hectares de vignes (Verlieux à Chavanay, Le Grand Val à Saint-Pierre-de-Bœuf, Poncin et la Rouillère à Saint-Michel). Cela ne suffit pas à la demande et il complète cette production par la partie qui lui revient des vins de Vienne. C’est un adepte des vendanges les plus retardées possibles, avec, si le temps est clément, un départ de pourriture noble dans le raisin et, bien entendu, de la vinification en barrique. De ses trois cuvées, je préfère souvent le Deponcins qui rappelle par sa noblesse le Vernon de Vernay. Le Grand Vallon est plus souple, mais aussi sensuel tandis que les Terrasses du Palat (essentiellement Verlieux) s’ouvre le premier, mais parfois avec de la lourdeur. [/toggle_item] [toggle_item title =”Les Vins de Vienne – Seyssuel “]À l’origine, l’association des trois mousquetaires (si Pieds nickelés vous dérange) Gaillard, Villard et Cuilleron, avait pour but de replanter en syrah les beaux coteaux de Seyssuel au nord de Vienne. Mais comme ils étaient à court de leurs autres rouges de Côte-Rôtie ou de Saint-Joseph et que de nombreuses opportunités d’achats de raisins s’étaient créées, ils ont poursuivi par la création d’un petit négoce. En condrieu il est responsable de deux cuvées, l’une régulière, facile, souple, agréable, mais évidemment non comparable à ce qu’ils font de mieux individuellement et une cuvée plus ambitieuse et aussi plus boisée, la Chambée. [/toggle_item] [/toggle] [/col] [/row]

Domaine Boissonet

Condrieu 2012 16/20

Robe or vert, nez tout en finesse et en pureté de fruit, sur les expressions classiques de granite, abricot et pêche de vigne. Beau gras, belle longueur, ne le manquez pas !

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Yves Cuilleron

Les Chaillets Vieilles Vignes 2012 16,5/20

Robe or vert, nez gourmand, fumé, avec de jolis amers qu’on retrouve en bouche, gras, long, complexe, élevage discret.

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Delas

La Galopine 2012 16/20

Excellent nez tout en finesse sur la poire, corps équilibré, finale pure, viognier parfaitement vinifié.

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Clos Boucher 2012 17/20

Boisé intégré, remarquable complexité aromatique, grande élégance, un des sommets de l’année.

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E. Guigal

Condrieu 2012 17/20

Définition idéale du couple viognier-granite, gras mais cristallin, avec une pureté spectaculaire pour une cuvée aussi importante en volume.

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La Doriane 2012 17/20

Plus intense et complexe que le condrieu normal mais pas forcément plus harmonieux ni plus gourmand, une touche fumée supplémentaire venue du terroir et du bois perturbant encore la pureté de l’ensemble. Dans deux ans il l’emportera certainement.

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Robert Niéro

Chéry 2012 13,5/20

Nez manquant un peu de pureté, entre la pomme et la poire, avec un net goût de levain, mais le fruité est plutôt sensuel.

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Les Ravines 2012 16/20

Mieux défini que chery, beau nez de fruits blancs mais avec de la tension et une dimension « sèche » assez racée, tout en légèreté et longueur en bouche, vin de style et de sincérité.

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André Perret

Chéry 2012 15/20

Fruité, pur, glissant, facile à boire, plus sympathique que vraiment racé.

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Clos Chanson 2012 16,5/20

Plus complet que chery en tout dans ce millésime, vin d’une délicieuse pureté cristalline, frais, racé, sans aucune sollicitation du bois.

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Christophe Pichon

Condrieu 2012 15/20

Robe or vert, touche de surmaturité du raisin (abricot confit), puissant, gras, savoureux mais moyennement fin.

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Caresse 2012 17/20

Sur cette cuvée, finesse superlative, grand nez citronné d’une élégance irréprochable, long, généreux, grand vin.

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Georges Vernay

Terrasses de l’Empire 2012 16/20

Robe pâle, plus nerveux que la moyenne, très pur, légèrement fumé, à la fois long et discret, lui donner un an pour s’épanouir.

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Coteau de Vernon 2012 17/20

Merveilleusement pur et cristallin, encore un rien fermé mais le vin ne sera commercialisé qu’en 2015.

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Les Chaillées de l’Enfer 2012 16/20

Tout en délicatesse et en subtilité, presque en demi-teinte, choix sans doute volontaire de vendanges au point maximum de fraîcheur, vin de style, àè attendre lui aussi un an.

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