On ne contredira pas l’interprofession des vignerons du Beaujolais quand elle dit que les quelques mots vraisemblablement écrits un jour « sur une ardoise accrochée par un patron de bistrot au-dessus de son zinc » ne sont pas tout à fait justes. Certes, « il est arrivé » le beaujolais nouveau 2014, ce jeudi 20 novembre à minuit. L’image divine fait mouche. Mais la réalité c’est qu’ils sont arrivés, « puisqu’il y a autant de beaujolais et beaujolais-villages nouveaux que de viticulteurs » maîtrisant le savoir-faire nécessaire, de la conduite du cépage gamay à la très précise et courte macération (4 à 7 jours) en passant par les vendanges manuelles.
Petite revue de détails avant la dégustation de ce soir.

De la vigne au verre

Les deux AOC productrices de “nouveau” couvrent plus de 10 000 hectares de vignes et donnent naissance à des vins dont les caractéristiques varient comme ailleurs en fonction des terroirs et des producteurs. 60 % des vins de l’appellation beaujolais, qui comprend 72 villages, sont commercialisés en “nouveau” (environ 140 000 hl en 2013). Les beaujolais-villages nouveaux sont issus de 38 communes et représentent plus d’un tiers des vins commercialisés (92 000 hl en 2013). La production des beaujolais et beaujolais-villages nouveaux est passée de 2 millions de bouteilles (15 000 hectolitres) dans les années 50 à une moyenne de 231 000 hectolitres aujourd’hui (31 millions de bouteilles), soit un tiers de la production du vignoble beaujolais*.

Succès japonais

Parfois associés à des vins “industriels” ou “technologiques”, probablement à cause du succès désormais mondial de la fête qui consacre leur sortie, les beaujolais nouveaux sont issus d’une vinification artisanale qui explique sans doute leur place parmi les leaders des vignobles français en matière d’exportation (en pourcentage). En 2013, ils se sont vendus dans 110 pays à raison de 13 millions de bouteilles (100 000 hectolitres, soit plus de 40 % des volumes commercialisés). Très apprécié au Japon, premier marché importateur avec 7 millions de bouteilles, le beaujolais nouveau rosé a fait son apparition sur le marché français en 2007. Si sa production est encore confidentielle, 800 000 bouteilles, elle augmente de millésime en millésime..

Et sinon, ça se garde ou pas ?

Après la dégustation de ce soir (l’interprofession a mis en place sur son site un outil recensant toutes les adresses du réseau Bistrots Beaujolais dans le monde, cliquer ici), on peut oublier ses bouteilles préférées dans sa cave, jusqu’aux fêtes de fin d’année ou aux premiers barbecues de printemps. Pour faire son choix, on pourra se référer à l’unique concours officiel dédié au vin nouveau, le Trophée Lyon Beaujolais Nouveau. Organisé par l’Union des œnologues de France, en partenariat avec Inter Beaujolais et avec le soutien du département du Rhône et de la région Rhône-Alpes, il récompense chaque année depuis 2001 les meilleurs beaujolais et beaujolais-villages nouveaux. Dévoilé dimanche dernier, le palmarès 2014 est à découvrir ici.

trophéelyonbeaujolais


*Les deux tiers restants sont dévolus aux beaujolais et beaujolais villages de garde ainsi qu’aux dix crus du Beaujolais (brouilly, chiroubles, chénas, côte de brouilly, fleurie, juliénas, morgon, moulin-à-vent, régnié, saint-amour).

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