Le temps passe sans le moindre ralentissement des débats éternels. Sur les réseaux sociaux, tout recommence tout le temps à la page 1 du livre, cette impression de patiner dans la semoule qui est assez lassante. Le côté « ouais, mais » qui lasse à vive allure, l’obligation de tout réexpliquer sans cesse. L’éternelle mise en perspective d’une lutte des classes périmée. Les riches contre les pauvres, ça me fait penser au regretté et excellent Reiser. Il disait : « Quand les riches vont au large, ils gagnent des coupes. Quand les pauvres vont au large, ils se font engueuler par les CRS ». Rien ne change y compris dans le monde du vin qui n’est pourtant que… du vin. Un produit de partage et convivialité comme on dit chez les plus basiques des cavistes, pas de quoi convoquer les bataillons de la mort. Et pourtant, encore et encore, tel journaliste compromis accuse tel autre des pires turpitudes, tel twittos fou accuse les vins chers d’être bourrés de poisons divers, chacun brandit son drapeau noir avec l’arrogance du rogomme en pleine crise de foi, un blogueur affairiste et idéologue crie à l’illégitimité chaque fois que l’un ou l’autre de ses aînés dit quelque chose d’intelligent, n’importe quelle stagiaire placée sur le devant de la scène par les hasards des rencontres accuse tout le monde des pires forfaitures et prétend en faire une activité à plein temps et s’étonne que quelques-uns ne soient pas super pour. Bref, l’internet du vin, c’est Daech à tous les étages et si personne n’a été encore égorgé, c’est à regret pour nombre des excités qui engorgent les tuyaux d’internet avec leurs propos déments et leurs photos floues.
Et, pendant ce temps, une blogueuse émérite annonce sur Facebook : « Un de mes lecteurs dit qu’il adore le vin sans alcool. Voilà matière à croisade. » En effet, darling. D’autres disent « j’en ai marre de Facebook ». Ce n’est pas de Facebook dont vous avez marre, les gars, c’est du disque rayé qui fait office de débat.

Print Friendly, PDF & Email

1 COMMENTAIRE

  1. Je me demande, Nicolas, si ces coups de gueule justifiés ne sont pas simplement du pain béni pour les benêts qui n’arrivent à se valoriser que par la critique qu’ils ont d’auteurs qui leur sont tellement supérieurs !

    Quand donc arriveront-ils à mettre un peu d’intelligence dans leurs réponses ?

    Va savoir, Charles…

  2. Il est certain que tous autant que nous sommes, nous leur faisons une pub indue, mais ces gens font aussi des dégâts parmi les esprits les plus faibles. Le marketing de l’émotion et le manichéisme le plus basique sont leur fonds de commerce. Contre ça, il faut s’élever violemment, quitte à passer pour un méchant garçon auprès des plus sensibles de nos lecteurs.
    Mais toi et moi, nous savons bien que nous sommes de gentils buveurs de grands vins, rien d’autre.

  3. N’étant pas un fou lecteur de blogs, j’avoue ne pas savoir qui sont “les gens” dont vous parlez à demi-mot… mais d’accord sur le fond, le bashing est à la mode, bien plus que la critique bienveillante… voire les compliments. Quel dommage. Il y a pourtant beaucoup de belles et bonnes choses du vin à commenter. Les personnages politiques des extrêmes n’obtiennent de l’audience et des votes que lorsqu’ils provoquent… et on ne découvre le vigneron ultra-bio que lorsque ce dernier risque la prison et soulève l’indignation (et les kalachnikovs!) contre “le système”. Pour être plus positif, je me souviens de ce Haut Brion blanc 1995 noté 6 étoiles (sur 5 possibles) dans un magazine “spécial millésime” suite à une erreur d’impression: c’est devenu le vin le plus recherché en primeur à cette époque ! Le public croit ce qui est “écrit dans le journal” ou “vu à la télé”. C’est, pour moi, toujours le même problème de fond, décuplé par l’exposition plus facile d’aujourd’hui. Avec beaucoup d’intervenants aujourd’hui, le public ne sait plus s’il doit croire ce qui est écrit. Avant les blogs, être lu et pouvoir en vivre était signe de compétence et de crédibilité, l’auteur avait fait ses preuves. Aujourd’hui, n’importe qui s’expose par egotisme, même sans lecteurs; alors pour en trouver, ça dégomme ! Rassurons nous, la niche des lecteurs amateurs préfère sans doute passer du temps à la recherche de commentaires bienveillants pour découvrir des bons vins que par le perdre à lire des discours belliqueux !

    • C’est intéressant, vous avez à peu près raison sur tout. Un petit bémol, toutefois. Le monde des blogs aka la blogosphère ou bloglouglou, etc. est composé de blogueurs qui ne tirent pas de revenus de leur activité. Qui, pour l’essentiel, ont des revenus d’autres provenances (salaires, pensions, autres). Ce qui veut dire que leur durée de vie est assez limitée dans le temps, la lassitude est un puissant facteur d’érosion.
      Ne surnagent que les gros blogs (Bourgogne Live ou le blog du Grand Jury sont deux bons exemples) et les tout petits qui agrègent une petite bande d’amateurs dont la fidélité donne du jus aux auteurs. Et émergent aussi quelques blogs gastro+vins comme celui de Vincent Pousson dont l’extrême pression sur les réseaux et une publication quotidienne donnent des résultats convaincants en termes d’audience, voire d’influencve, mais ça, c’est plus compliqué à mesurer.

  4. Merci de citer Bourgogne Live Nicolas, mais le site, plus qu’un blog d’ailleurs, est en sommeil depuis le mois de juin. Non pas par lassitude mais tout simplement par manque de temps. En effet, notre travail pro (réalisation de films) a fini par grignoter aussi ce “temps libre” nécessaire à l’écriture de billets.

    Le peu de temps qu’il me reste, je le consacre aujourd’hui aux réseaux sociaux pour rester informé de ce qui se dit dans le monde du vin et aller de temps en temps suivre un lien pour aller lire un bon billet chez les uns et les autres. Comme par exemple le blog de Nicolas Lesaint, vigneron au château de Reignac. Comme quoi il n’y a pas que le Bourgogne dans la vie 😉

    François

  5. Bonjour,

    Je vois que vous avez bien réussi votre objectif par cet article: mettre le feu à la vinosphère…
    Après j’ai un certain plaisir à lire votre guide et votre site… mais pas que vous… Je ne pense pas etre le seul de vos lecteurs dans ce cas et si c’est pour etre considéré comme un benet… Après je me doute bien que la part de provoc et volonté de faire le buz est majeur dans cet article…
    Mais pensez que j’y repenserais peut etre deux fois avant de racheter votre guide.
    Bonne journée

    E. Pouliquen

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here