Réseau rassemblant des millions d’individus engagés sous la bannière d’une « alimentation bonne, propre et juste », par exemple des chefs, des exploitants, des pêcheurs ou encore des experts et des universitaires, Slow Food compte 1 500 antennes locales dans le monde. Ce mouvement qui organise régulièrement des événements et des campagnes et accompagne aussi les 2 500 communautés Terra Madre « qui produisent, à petite échelle et de manière durable, des aliments de qualité », fait partie des signataires d’une lettre ouverte aux membres du Parlement européen concernant le traité de libre-échange transatlantique (à lire ici dans son intégralité).

Ce lundi 6 juillet, quelques jours avant la reprise du vote du rapport d’initiative sur le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TAFTA ou TTIP, pour Transatlantic Trade and Investment Partnership), tous les parlementaires ont reçu cet appel à voter contre le TTIP émanant de 484 organisations de la société civile européenne. Prévu pour le 10 juin, le débat a été repoussé après l’ajout de plus de 200 amendements à cet accord. Le vote doit avoir lieu ce mercredi 8 juillet et pour Slow Food, la seule solution est son rejet total.

Carlo Petrini, le président de Slow Food, estime que si le TTIP passe, « notre système alimentaire quotidien, qui subit déjà des changements drastiques et dissimulés, continuera sa déconnexion avec la sphère humaine. Les accords de libre échange, depuis l’ALÉNA, n’ont pas réellement conduit à une augmentation de la qualité de vie des petits producteurs ni des individus plus faibles économiquement, mais uniquement multiplié les gains des spéculateurs les plus riches. »

Pour Ursula Hudson, présidente de Slow Food Allemagne, « le TAFTA n’est pas du tout acceptable dans son état actuel. Nous avons besoin de tout autre chose : de démocratie, de transparence et de protection légale des droits de l’homme, pas de plus de droits permettant aux corporations de saisir les tribunaux*. Nous souhaitons la préservation et le développement de la politique environnementale européenne, les normes que nous avons obtenues jusqu’ici, au lieu de leur subordination à la logique du libre-échange. »

Enfin, le directeur exécutif de Slow Food USA, Richard McCarthy, se dit véritablement préoccupé par cette course à la dérégulation « diminuant les contrôles et la transparence de notre système alimentaire, qui apportera en vérité beaucoup d’incohérences, car les communautés aux États-Unis et en Europe tentent actuellement de reprendre le contrôle en matière d’étiquetage alimentaire, d’origine des aliments et de la manière dont ils sont produits ou élevés. »


*Le TTIP prévoit un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États qui « permettrait aux corporations de poursuivre les gouvernements devant des tribunaux privés, lorsque des actions nationales interfèrent avec leurs investissements ou diminuent leurs profits, une pratique qui saperait l’État de droit et les principes démocratiques. »

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