Michel Bettane au Chili, notre saga de l’été


L’été a commencé chaud,

nos vins auront peut-être cette année
un profil d’hémisphère sud. Autant commencer à s’y habituer en révisant nos connaissances
sur les vins chiliens, modèles du continent sud-américain.

CARNET DE ROUTE >À consulter ici…

 

ERRAZURITZ : ACONCAGUA

La famille Chadwick descendante directe des fondateurs est aujourd’hui à la tête d’une des firmes les plus respectées du Chili, propriétaire de 700 ha de vignes et capable de produire millions de bouteilles. Le nouveau cuvier d’architecture fort élégante est situé dans un endroit de rêve, et permet de vinifier les premiers vins issus de leurs vignes d’Al Manzanar, secteur de la vallée d’Aconcagua proche de la côte océanique, sur des micro climats plus tempérés, qu’on recherche avidement aujourd’hui. J’ai ainsi beaucoup aimé leur pinot noir Arboleda 2014 , légèrement fumé, énergique, précis et sans lourdeur. Mais s’il faut choisir ce sont les syrahs qui impressionnent le plus, comme en 2012 la cuvée La Cumbre. . Les cuvées de prestige sont en force, comme Don Maximiano, à dominante de cabernet sauvignon mais qui n’égale pas l’élégance des meilleurs Maipo, ou Sena, assemblage très savoureux et spectaculaire de 5 cépages, mais assez étranger au goût français. Je dois avouer qu’ici aussi une évolution de style, impulsée par les œnologues de la maison et en particulier Francisco Baettig, va dans une direction qui aura toutes nos faveurs, avec la recherche d’un degré alcoolique moins imposant, et d’une finesse et pureté aromatique plus poussée. L’échantillon de Sena 2014 dégusté en est la meilleure preuve.

IN SITU VIGNA SAN ESTEBAN ACONCAGUA

Propriété plus « paysanne » qui cultive encore beaucoup de vignes pour le raisin de table, qui rime au Chili avec rentable. Mais la famille Vicente a planté une étonnante colline de 35 hectares sur des sols schisteux arides, surplombant la rivière Aconcagua, un peu comme l’Hermitage le Rhône, et y pratique une viticulture très intelligente dans le palissage et l’irrigation, car ici il faut économiser l’eau ! J’y ai dégusté et de loin le plus abouti des carmeneres de mon séjour, sans coté terreux ou poivron au nez, et visiblement influencé par l’œnologie bordelaise, Horatio Vicente ayant travaillé à Mouton-Rothschild et participé aux assemblages de Mouton-Cadet. La cuvée 6852 du millésime 2012 possède un splendide nez épicé et beaucoup de suite en bouche, mais la Grande reserve 2013 où 5% de syrah et 5% de cabernet complètent les 90% de carmenere possède encore plus de vigueur de constitution, de moelleux et d’allonge, dans un style un peu moins frais cependant. Ce type de vin sera une révélation pour de nombreux européens. La cuvée de prestige Laguna del Inca 2012 n’est pas encore à mon sens pleinement aboutie, avec 30% de syrah qui jurent un peu avec les tannins du carmenere, mais ses notes de graphite révèlent un terroir de haute qualité.


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