Elevé au bonnezeaux et aux coteaux-du-layon, Jean-René Matignon possède cette ouverture d’esprit et de palais des gens de Loire. Chef de culture et maître de chai lorsqu’il arrive à Pichon en 1985, il devient après le rachat par Axa en 1987, directeur technique. Une politique ambitieuse sous l’égide de Jean-Michel Cazes est alors mise en place : abandon de la machine à vendanger, drainage mieux adapté, réduction des rendements, élevage en barriques neuves de qualité donnent plus de complexité aux vins.
Le bond qualitatif entamé s’accélère en 2001 avec l’arrivée de Christian Seely : celui-ci favorise une sélection parcellaire plus poussée permettant de mieux cerner les terroirs susceptibles de pouvoir rentrer dans le grand vin avec la construction du nouveau chai en 2006. En 30 millésimes, Jean-René Matignon incarne la force tranquille talentueuse et attachante de ce second cru classé. Les progrès vont crescendo. Pichon Baron devenu un « super second » tutoie maintenant les premiers, avec des vins éclatants sur les dix derniers millésimes.

Le Terroir

Depuis son rachat par Axa, ce domaine situé dans le sud de l’appellation est passé de 40 à 70 ha, et l’on a ainsi pu replanter de belles parcelles. Les 30 ha qui font face au Château Latour tutoient les Léoville sur Saint-Julien ; elles sont historiquement les plus qualitatives ; c’est là où se situent les grands cabernets-sauvignons qui contribuent à la profondeur et à la complexité du cru.[/col] [col width=”six”] Les merlots situés plus au nord dans le secteur de Sainte-Anne sur des graves plus sablonneuses entrent pratiquement en totalité dans la composition des tourelles de longueville, vin en rondeurs et en charme. Véritable second vin, Les Griffons sont de facture plus classique, avec une proportion plus importante de cabernet-sauvignon.

Le style Pichon Baron

Pichon Baron possède l’énergie et la profondeur des meilleurs du Médoc avec un style très vibrant et une pureté de caractère liée au cabernet-sauvignon. C’est un vin tout en retenue avec une tension harmonieuse. Il se révèle à la fois austère, dense et élégant. Il possède en effet cette densité du pauillac, un peu austère à ses débuts, puis la puissance se développe en bouteille. Son aromatique développe le tabac, le cèdre, le cassis, la mine de crayon, et la touche saline apportée par le terroir.

Les millésimes dont Jean René Matignon est le plus fier ce sont ceux qui se révèlent les plus ingrats comme 2002, 2004, 2006, 2008 ou les spectaculaires 2011, 2012, 2013 qui montrent aujourd’hui toutes leurs qualités.[/col]


Pichon-Longueville Baron

2014

18/20

Vin très sanguin au nez. En bouche, le tannin se révèle élégant et soyeux avec des notes de fruits noirs et une belle fraîcheur. Il y a tout, ce vin complet se révèle d’une grande délicatesse.


2013

17,5/20

C’est très classique, avec une aromatique fraîche et un tannin énergique. La bouche livre des flaveurs aussi puissantes que fines, le palais se prolonge dans la continuité, avec une structure pleine et une tension remarquable du corps particulièrement harmonieuse et des notes salines et épicées en finale.


2012

17/20

On aime la densité charnue pour le millésime avec un tannin qui s’étire bien sur des notes nobles de havane.


2011

17,5/20

Belle ampleur en attaque avec une profondeur épicée et ses accents classiques de cèdre et de tabac, le vin a gagné depuis sa mise en bouteille.


2010

19/20

Ce vin coule superbement, on a un coté Saint-Julien au premier nez, puis le vin devient pauillacais avec des nuances de tabac. C’est sanguin et frais au palais avec une puissance tannique qui a de l’éclat. On a une impression de plénitude dans le raffinement. Vin exceptionnel !


2009

18,5/20

On est sur un millésime de sensualité, avec ses accents de crème de cassis et de poivre de Sichuan. Bouche enrobée et tonique, avec de la sève ; les tannins sont en train de se resserer. Si le vin est démonstratif aromatiquement, en structure il est plus serré.


2008

17,5/20

Hyper classique, superbe de fraîcheur sur la feuille de cassis, ce vin constitue une leçon de goût pour ceux qui veulent connaître les grands pauillacs, on est sur un modèle de style.


2007

18/20

C’est gourmand, soyeux, avec de belles rondeurs et du ressor. On aime l’aromatique riche où se mêlent cassis, cèdre et épices. C’est déjà bon et il y a du potentiel, on succombe à la finale sur la boite à cigare.


2006

17,5/20

« C’est le premier millésime réalisé dans le nouveau chai. Il fallait en effet plus d’espace pour la vinification et la construction du nouveau chai nous permet de travailler de façon plus précise et d’allonger le temps de l’élevage pour passer de 15 à 20 mois. » Plus fermé, ce vin encore un peu anguleux et serré possède une jolie matière derrière, c’est un grand vin de gastronomie.


2005

18,5/20

Nez superbe de cèdre, boîte à cigare d’une grande pureté. On aime l’équilibre entre la puissance et l’élégance. La profondeur épicée et fraîche se prolongent ponctuée par une finale menthée. C’est au niveau d’un premier.


2004

17/20

Ce vin évolue parfaitement avec un tannin qui se détend et prend de l’ampleur avec une droiture stylée plus profonde que sur le 2002.


2003

18/20

C’est une réussite majeure du millésime, avec une puissance contenue et une fraîcheur de constitution qui fait merveille.


2002

16,5/20

Vrai caractère de Pauillac dans sa définition, avec ses accents de cèdre et de tabac et un tannin élancé solide et bien proportionné.


2001

17/20

Nez de tabac blond, tanin élancé bien enrobé avec une profondeur épicée.


2000

18,5/20

Superbe réussite, on a une réelle plénitude, ce vin commence à s’ouvrir et il s’installe progressivement sur le devant de la scène tannique.


1999

16/20

On est séduit par le nez de tabac brun, la bouche allie tendreté et fraîcheur épicée, ce vin de charme est aujourd’hui à point.


1998

17/20

Profondeur veloutée avec une belle énergie en bouche, on aime la densité vineuse du millésime dans un style d’un classicisme pur.


1997

16/20

Vin de charme aujourd’hui, avec une aromatique spécifique au millésime, mêlant le caramel au lait avec un zeste de poivron rouge, les tannins sont bien lissés et il y a de la profondeur, vin qui est à son apogée.


1996

18/20

Nez plus profond, le tannin s’est patiné, on a une jolie matière en bouche, elle est supérieure au nez, on a des accents de vieille liqueur de cassis, de feuille morte et de tabac.


1995

16/20

Petite nuance animale au nez que l’on ne retrouve pas en bouche, tannin frais avec plus de densité. Par rapport au blocage de maturité, le vin s’en sort bien.


1994

15/20

Les tanins sont encore puissants et fougueux, avec le côté compact du millésime.


1991

15/20

Nez de cigare, de raisins de Corinthe, de poivre gris, tannin allongé de bonne facture. Surpasse actuellement les 1992 et 1993.


1990

18/20

Eclat particulier de grand cabernet sauvignon avec son nez de tabac, de cèdre, fruits noirs, exceptionnel en bouche, car il est complet dans l’expression de raffinement du cru .Il fait très jeune.


1989

17,5/20

Les tanins sont fondus, suaves, il y a toujours une belle plénitude en bouche avec une ossature pure derrière et une fin menthée distinguée.


1988

16,5/20

Vin droit et élancé avec des accents épicés dans un style classique savoureux.


1987

14,5/20

C’est le premier vrai millésime d’Axa, le nez offre une pointe épicée, la bouche souple et soyeuse est de demi-corps, ce millésime préfère le veau à la viande rouge. A boire.


1986

16/20

« Sur ce millésime les rendements sont plus bas, on taille plus court », c’est une année intermédiaire, entre la période Bouteiller et celle de Jean Michel Cazes. On apprécie le tannin élancé et épicé qui a du ressort, Il y a plus de chair avec une construction de vin digne de ce nom.


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