Pontarlier commémorera ce week-end lors de la 15e édition de sa manifestation annuelle dédiée à l’absinthe le centenaire du décret qui entérinait l’interdiction de ce spiritueux proposé dès 1805, sur la base d’une recette suisse, par la distillerie fondée par Henri-Louis Pernod. Issue de la grande absinthe, une plante utilisée dans l’Egypte ancienne pour ses vertus thérapeutiques, « la fée verte » et son rituel de préparation raffiné connaissent au XIXe siècle un succès émaillé de sulfureuses légendes. Depuis quelques années, elle suscite à nouveau un vif engouement dans le domaine de la mixologie, qui fait écho à celui qu’elle connut autrefois outre-Atlantique. C’est en effet à l’Absinthe House de la Nouvelle-Orléans que serait né le Sazerac, premier cocktail à base d’absinthe et l’un des plus vieux cocktails connus. 



Evénement culturel à vocation pédagogique créé en 2001 par l’association « Les amis du musée de Pontarlier », Les Absinthiades donneront traditionnellement lieu ces 3 et 4 octobre à différentes animations, concours de dégustations, visites de distilleries ou encore salon des collectionneurs (le programme complet du week-end est à découvrir en cliquant ici). Parmi différentes approches de l’histoire du célèbre spiritueux, L’absinthe dans la presse humoristique (exposition) ou L’absinthe, source d’inspiration des poètes de la fin du XIXe siècle (conférence), cet anniversaire aux accents particuliers sera également l’occasion d’une réflexion sur l’interdit, sujet d’une exposition qui se tiendra à la chapelle des Annonciades (entrée libre) :

« 1915 : L’absinthe est interdite en France de manière absolue, complète et définitive. Si le coup est dur pour Pontarlier, ce ne semble pas être la principale préoccupation du reste de la France qui vit dans la guerre, ses angoisses et ses tracas. L’Histoire a prouvé il n’y a pas si longtemps que l’interdiction n’était en fait ni définitive, ni irrévocable. Mais, et depuis fort longtemps, les interdits, limitations et interdictions ne manquent pas – souvent justifiés par la sécurité, la protection des individus et de leur santé, ponctuels (pour des travaux, par exemple) ou définitifs. Et il est vrai que, souvent, rebelles, indisciplinés et grognons, nous avons du mal à accepter tout ce qui semble entraver notre liberté, même quand les législateurs veulent prendre soin de nous. A l’occasion de ce centenaire de l’interdiction de l’absinthe, nous avons souhaité évoquer les interdictions à travers le cinéma (…) et en invitant des artistes à s’exprimer sur ce sujet. Alors, pour une fois, ces interdictions seront à consommer sans modération. »

(Exposition InterdictionS, samedi et dimanche de 10 h à 18 h)



Avant le décret qui mit fin à des décennies de succès (la faveur du public lui est acquise dès 1830 et connaît un pic en 1870), la production absinthe occupait vingt-cinq distilleries qui employaient, à l’heure du passage au XXe siècle, la moitié des habitants de Pontarlier. Si les « spiritueux à base de plante d’absinthe » sont de nouveau autorisés en 1988, il faut attendre la loi abrogeant l’interdiction de 1915 pour que Pernod Absinthe renaisse, en 2011. Outre le fait de s’associer à la manifestation de ce week-end, la marque lance à l’occasion de cette commémoration deux éditions limitées, une « Edition Spéciale 2015 » (68 °) et « Pernod Absinthe Blanche » (50°). « Fidèle à la terre de ses fondateurs », Pernod Absinthe cultive la grande absinthe sur les terres de Pontarlier et utilise pour la fabrication des procédés traditionnels qui sont les mêmes qu’au début du XIXe siècle.

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