L'œuvre au blanc

En 1990, Joseph Henriot décidé d’isoler dans une cuve un assemblage 100% chardonnay provenant exclusivement de Mesnil-sur-Oger, Chouilly, Avize et Oger, grands crus de la côte des Blancs. Depuis, chaque année, une partie de la vendange effectuée par la Maison Henriot dans ces quatre villages est ajoutée à cette cuve. Selon les décisions du chef de cave, Laurent Fresnet, ce pourcentage se situe entre 3 et 20 % de la récolte et cet ajout annuel donne lieu à une extraction de quantité équivalente de vin. Ce principe de réserve perpétuelle est aussi connu sous le nom de solera.

L’année dernière, la maison a proposé pour la première fois aux amateurs le « champagne unique, très peu dosé » (moins de 5 grammes par litre) issu de cette réserve qui a désormais vingt-cinq ans d’usage. Limitée à mille flacons, uniquement des magnums, cette production baptisée « Cuve 38 » portait sur les assemblages des années 1990 à 2007. Après le tirage, effectué en 2009, le vin a vieilli cinq ans dans les caves de la maison. Cette année, mille magnums sont à nouveau proposés d’un champagne différent, puisqu’il comprend en plus l’année 2008 (tirage effectué en 2010 + cinq ans de vieillissement). 


Et ainsi de suite, les éditions à venir de ce vin à la robe jaune pâle exprimeront chaque année, en grand format et en série limitée, la typicité des terroirs dont il est issu autant que la singularité du style de la maison Henriot et l’excellence d’un savoir-faire transmis sur huit générations « dans la continuité et la tradition. » Œuvre initiée par Joseph Henriot, cette réserve perpétuelle dont l’existence est longtemps restée secrète est désormais à la charge de son fils Thomas, qui dirige depuis 2014 cette maison familiale fondée en 1808 et toujours indépendante.

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Champagne Henriot, Cuve 38 (2e édition), 500 euros le magnum

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