Le virus vertueux de l’innovation semble avoir gagné Montrose, désormais voué au développement durable. Les terres ont été remises en culture traditionnelle. Contre la flavescence dorée, le traitement est obligatoire, mais le tracteur ne passe qu’une fois, et dose en fonction des pièges à cicadelle, cet insecte suceur qui dessèche les bois. Cette approche sur mesure se retrouve dans les installations haute couture entièrement rénovées. Si le cuvier inox construit en 2000 n’a pas nécessité une rénovation complète, il a bénéficié d’une nouvelle isolation. Il a également été équipé d’une vingtaine de cuves supplémentaires, de petites tailles, qui permettent plus de précision dans le travail du parcellaire. Enfin, sa toiture porte une partie des 3 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, invisibles de l’extérieur, qui équipent l’ensemble des bâtiments. Invisible, aussi, “la centrale de géothermie qui assure à Montrose une signature carbone quasi nulle, nous permettant de diviser par deux la consommation d’énergie”, ajoute Hervé Berland avec une pointe de fierté. Un tracteur électrique a même fait ses premiers essais, et bientôt l’observation par drone permettra d’affiner la mesure des maturités.

Finalement, lorsque la famille Charmolüe a mis fin à plus d’un siècle de présence à Saint-Estèphe, c’est Montrose qui en est sorti grand gagnant. Ses tanins légendaires, ses arômes de fruits noirs, et son côté salin, presque maritime, que l’on attribue à sa proximité avec l’Atlantique, ont dorénavant trouvé un écrin à sa mesure. Les élégantes arcades de pierre blonde du grand chai, qui évoquent celles du Grand théâtre de Bordeaux, accueillent ainsi en majesté les 60 % de barriques neuves du grand vin.
Martin et Olivier Bouygues ont même acquis en 2006, les 30 hectares de Tronquoy Lalande, un autre Saint-Estèphe, promu Cru Bourgeois supérieur trois ans auparavant. Le directeur Yves Delsol y réalise un travail de précision, en ligne avec celui des équipes de Montrose. Tout en apportant à la table des Bouygues une vraie gourmandise, un hectare de vin blanc à base de sémillon, et 40 % de sauvignon gris.

 


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