On sent que Michel Rolland a, depuis 2011, mis son œil et sa patte à Château Cantin. L’un est aiguisé et l’autre de velours, mais le rôle de l’œnologue star qui exerce son influence sur les deux rives de Bordeaux et bien au-delà jusque dans les deux hémisphères, ne se limite pas à faire l’assemblage ou à choisir le degré de chauffe des barriques. Sa mission est stratégique et quand il s’agira de revoir le classement de Saint-Emilion, son expertise pèsera bien évidemment dans la balance. Sans vouloir préjuger de l’indépendance du jury et de l’autorité de l’Inao (Institut National des Appellations d’Origine), il y a le vin qui est présenté et ceux qui présentent le dossier.

Le vin marche sur deux jambes et il en a toujours été ainsi. Même si le critère principal reste la dégustation. A voir le chai, où reposent 340 barriques bien alignées et maintenues à 16 degrés, la maison est tenue. Le 2010 était déjà très réussi et les millésimes suivants sont en constante amélioration.

« Notre ambition est claire pour Château Cantin, nous souhaitons monter d’un cran », rappelle Jean-Marc Dulong. Ignorés par le classement de 1855, les vins de Saint-Emilion ont pris six fois leur revanche depuis. Ils ont inventé en 1954 le classement à géométrie variable, dont la révision décennale a l’immense mérite de redistribuer les cartes. La dernière date de 2012 mais il était encore trop tôt pour pouvoir prétendre faire bouger les lignes.

Entre temps, l’outsider est devenu un véritable challenger. Les rendements sont raisonnables, 43 hectolitres par hectare en 2014 pour un plafond fixé à 50 hectolitres, ce qui laisse une marge de progression. Bref, Château Cantin est bien parti pour devenir en 2022 le 65e Grand Cru Classé de Saint-Emilion

Thierry Dussard

 


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