Comme souvent pour les maisons d’ancienne réputation, parfois certaines générations sont moins exigeantes que celles qui ont précédé, et la qualité des vins déçoit alors les amateurs. Chanson n’a pas été épargnée par ces aléas humains, et suite au décès de Paul Chanson en 1974 un long déclin s’amorce. À tel point que l’œnothèque de la maison n’a presque tien conservé de cette époque, près d’un quart de siècle tout de même ! Lorsque la société Jacques Bollinger (holding familiale des champagnes du même nom) étudie le dossier en vue d’acquérir la maison, conseillée par Jean-Pierre Confuron, il n’est pas fait mystère de l’ampleur de la tâche. La transaction est officiellement conclue en 1999, et le foncier devient la première priorité.

Premier chantier, la remise en culture du vignoble. Avant, les sols étaient désherbés chimiquement. Dès 2000, on recommence les labours, progressivement afin de ne pas encore plus meurtrir une vigne qui a déjà souffert d’une non-culture aussi destructrice. Afin de laisser à la plante le temps de reconstituer un chevelu (un système racinaire) dans des horizons profonds, les premiers passages de charrue sont très superficiels. Ce n’est que depuis 2010 que l’ensemble du vignoble est butté, la démarche aura pris une décennie. Dans la foulée de l’abandon des désherbants, la machine à vendanger est proscrite.

 

Second chantier, aller vers la lutte biologique. Sans volonté de revendiquer un label, ni dogmatisme aucun, dans une approche mesurée. Premiers essais en 2006, tous les blancs sont cultivés selon un modèle bio dès 2010, et aujourd’hui cela concerne l’ensemble du vignoble.
Troisième chantier, dans la foulée des deux précédents, valoriser le parcellaire du domaine, soit plus de 100 parcelles. Une cartographie précise de l’intégralité du domaine permet de suivre individuellement chaque parcelle (voir sur notre vidéo, à 2’40’’l’exemple du Clos des Fèves, découpé en 6 parcelles). À l’aide de codes couleurs, toutes les infos permettent de connaître l’âge de la plantation, le type de porte-greffe, le matériel végétal (massal ou clonal), etc., ce qui permet d’introduire une traçabilité depuis les opérations de taille jusqu’à la fin de l’élevage en fût et la mise en bouteille.

 


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