Depuis l’invention sidérante du beaujolais nouveau, tout et son contraire a été produit et distribué. D’un vin de soif gouleyant, sympa, voire indispensable dans une vie d’amateur, on est passé à de drôles de boissons qui ne plaisaient à personne, mais se vendaient très bien à travers le monde entier, Japon et USA en tête. Mais le beaujolais, fût-il nouveau, n’échappe pas au cercle vertueux d’amélioration de la qualité de tous les vins en France. Le nouveau beaujolais nouveau est bon, cette année. Comme l’année dernière, d’ailleurs, mais mieux.

De fins stratèges se voyaient bien tuer le beaujolais nouveau pour garantir la survie des dix crus (morgon, fleurie, moulin-à-vent, etc.). Quelle erreur. La marque « Beaujolais » ne peut pas imaginer se passer d’un tel atout : un rendez-vous mondial à date fixe avec sa clientèle et, par extension, un mois de novembre tout entier consacré au beaujolais dans presque tous les pays du monde. La renaissance des vins des monts du Beaujolais concerne aussi le « nouveau », comme on dit là-bas.

Ce soir, réservons lui l’accueil qu’il mérite.

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