Alice Boinet, Alice Bonassi et Laurène Mary en Colombie.
Petite nouvelle dans l’aventure Bettane+Desseauve depuis quelques mois, Alice Boinet est plutôt du genre bavarde. Il faut dire qu’elle a beaucoup de choses à raconter. À seulement 24 ans, sa passion du vin et des voyages l’a amenée à construire un projet plutôt culotté : faire un tour du monde des vignobles de novembre 2017 à mai 2018.

7 mois de voyages,
3 continents,
7 pays visités,
47 vignobles découverts,
350 vins dégustés.

Forcément ça marque une vie et donne des clefs pour comprendre le monde du vin aujourd’hui, ce qui s’y fait, ce qui s’y passe, ce qu’il est fondamentalement devenu : planétaire. Une aventure et une vue d’ensemble essentielle, peut-être même indispensable. Rencontre.

Comment est née l’aventure de La Route Des Vendanges ?
A l’origine, il y a trois copines étudiantes en école de commerce et passionnées par le vin et les voyages, Alice Bonassi, Laurène Mary et moi-même. C’est une aventure qu’on voulait vivre en lui donnant une dimension entrepreneuriale. Le but ce n’était pas de partir six mois en vacances, mais d’aller découvrir l’univers du vin ailleurs qu’en France. Dès le début, on a construit ce projet comme une véritable expérience professionnelle.

Justement, comment prépare-t-on un projet d’une telle envergure ?
Nous avons longuement réfléchi au projet avant de nous lancer. La question du financement était essentielle. On a pu compter sur le soutien de notre école de commerce, l’ESSCA d’Angers, sur celui de la mairie de Deauville, dont je suis originaire, qui ont accepté de nous sponsoriser. Et puis il y a les gens qui nous ont aidé à affiner ce projet, surtout en ce qui concerne les détails pratiques ou les domaines à visiter. En même temps que cette recherche de sponsors, on a créé une association et réalisé une campagne de  crowdfunding qui nous a permis de réunir 14 000 euros, soit l’équivalent de ce que nous ont donné nos sponsors. À ce moment-là, le projet a pris une nouvelle dimension. On avait des engagements vis-à-vis des personnes qui nous ont soutenu.

Vous avez traversé trois continents et sept pays, rencontré des vignerons et dégusté un nombre important de vins. Qu’est-ce qu’on retient d’un voyage aussi intense ?
Beaucoup de choses. On s’est efforcé de tout consigner. Sur les réseaux sociaux comme sur notre site internet, c’était important pour nous de partager cette aventure. Cette démarche se justifiait par les engagements que nous avions vis-à-vis de nos sponsors, mais aussi pour que nos amis, nos familles, nos proches puissent nous suivre dans ce périple. Il faut écrire et publier quotidiennement, souvent dans des conditions techniques compliquées. Établir un plan de communication exigeant nous a donné beaucoup de visibilité. Après, bien sûr, chacune d’entre nous a eu ses coups de cœurs et ses endroits préférés. La Nouvelle-Zélande, le Colombie et le Canada m’ont beaucoup marquée.

Les vignes de Cloudy Bay en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande fait rêver beaucoup d’amateurs de vins globe-trotter. C’était ton cas ?
Ce qui impressionne en Nouvelle-Zélande, c’est la diversité des paysages. Je suis une amoureuse des grands espaces et de la nature. Il y a beaucoup de vignerons talentueux et des grands domaines européens qui s’y sont établis. La qualité des vins est bluffante. Surtout les sauvignons blancs de la région de Malborough. Ceux de Cloudy Bay sont vraiment à la hauteur de leur réputation. LVMH a beaucoup investi dans cette propriété et le niveau de qualité de la production est très élevé. Leur cuvée phare Te Koko est un vin de grande classe.

Les vins du Canada et de la Colombie t’ont aussi beaucoup étonné ?
On est arrivé au Canada au mois de mars… La particularité du vignoble canadien, c’est de produire des vins de glace. Avec le réchauffement climatique et des hivers plus doux, ce type de vin est devenu difficile à produire dans les vignobles du nord de l’Europe. Le Canada produit aussi de bons vins rouges, comme ceux du Vignoble des Murmures, installé au Québec.
La Colombie, c’est un autre monde. Il y a la chaleur et les idées reçues. Même si la drogue et la guérilla ont gangréné le pays, les mentalités changent et le milieu de la viticulture confirme que la société évolue en profondeur, notamment sur les conditions de travail des femmes. Le milieu du vin est encore essentiellement masculin. J’ai été surprise de compter 11 femmes parmi les 14 employés de Marquès de Puntalarga, l’un des quatre vignobles du pays.

Après un tel voyage, comment se passe le retour en France ? J’imagine que l’aventure ne s’arrête pas du jour au lendemain…
C’est un projet que l’on continue à faire vivre depuis que nous sommes revenues. Il faut trier des centaines de photos, réaliser le montage des vidéos, corriger toutes nos notes de dégustation, actualiser le site internet. Toute cette expérience nous a apporté beaucoup de compétences différentes, aussi bien en gestion de projet qu’en dégustation. Nous animerons bientôt un atelier-conférence à Deauville à propos des conditions de la femme dans le monde du vin. Je tire beaucoup d’enseignements de ce voyage, c’était une expérience de vie incroyable.

Propos recueillis par Louis-Victor Charvet

Pour en savoir plus sur le projet d’Alice et « La Route des Vendanges » :
Site internet : https://laroutedesvendange.wixsite.com/laroutedesvendanges
Facebook : https://www.facebook.com/RDVTourDuMonde.winetravel/
Instagram : https://www.instagram.com/laroutedesvendanges/?hl=fr

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