Sans le développement du port de la capitale girondine, ouvert à la fois sur l’arrière-pays et sur le grand large, les vins de Bordeaux n’auraient sans doute pas connu le même destin. Des siècles durant, fleuves et rivières ont été de véritables « autoroutes du vin » où voguaient les bateaux vers l’Angleterre et les ports du Nord, puis vers l’Asie. Au XIIe siècle, la galère des Romains laisse la place à la nef, premier navire européen à s’aventurer en haute mer. Lui succèdent la flûte hollandaise au XVIIe siècle, le brick au XVIIIe, la gabarre au XIXe, époque où l’on s’enflamme pour le vin « retour des Indes », bonifié par le bercement des flots. Puis vient le temps des transatlantiques à bord desquels se dégustent les plus grands crus.

 

Des porte-conteneurs tractés par des cerfs-volants

Aujourd’hui, vague verte oblige, de vieux gréements reprennent du service et des voiliers futuristes sont à l’étude, comme des porte-conteneurs tractés par des cerfs-volants. Plus de 2 000 ans de ces relations complices entre le vin et le port de la Lune sont racontés dans ce livre-album richement documenté. On suit le roulis des siècles, l’extension du commerce du vin avec l’Angleterre au Moyen Age, l’essor du port qui devient le deuxième du monde après Londres lors des échanges avec les Antilles et l’Amérique, les métamorphoses au XXe siècle jusqu’aux nouvelles voies explorées dans ce long dialogue entre l’eau et le vin de Bordeaux. Comme cette idée d’immerger les bouteilles sous la mer pour favoriser leur vieillissement. Tous à bord… d’eaux !

Pascale Cassagnes


Richard Coconnier, Sonia Moumen, Philippe Prévôt, Voguent les vins – Une histoire bordelaise, Editions Sud Ouest, 20  euros

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