Une super coop
Je ne sais pas si cette cuvée est toujours produite par la cave coopérative, en tout cas elle l’a embouteillée en 2016. J’aime cette petite cave, qui défend pratiquement l’intégralité d’une appellation méconnue du Sud-Ouest, sauf évidemment des joueurs de rugby agenais ou toulousains. C’est l’une des plus engagées de France dans la pratique certifiée d’une agriculture respectueuse et l’une qui respecte le plus ses adhérents sur le plan moral, sanitaire et économique. La méconnaissance vient du crime que constitue pour certains snobs – c’est à cela qu’on les reconnait – l’adoption des cépages bordelais, cabernets et merlots, au lieu d’auto-proclamés autochtones. On le sait, ce dernier concept est scientifiquement faux, les cépages dits bordelais étant justement nés entre le Pays basque, la vallée de l’Adour et les piémonts espagnols et français.

De l’importance du bouchon
Par ailleurs, j’ai payé un lourd tribut depuis deux ans à l’inégalité de la qualité des bouchons produits par la filière du liège et encouragée par ceux qui se voilent la face en ne la dénonçant pas. Entre pétrus et léoville-las-cases 1989 et la-tâche 1990, quel que soit le prix payé pour le bouchon, les vins ont fini à l’évier. Pire, dans ma dernière tournée bordelaise et sur des millésimes récents comme 2012 ou 2017, à de très nombreuses reprises, j’ai fait ouvrir une seconde bouteille et, à la grande surprise des propriétaires et œnologues embarrassés, on voyait nettement les différences entre un bon bouchon et un bouchon liégeux, voilant les arômes, le goût et l’origine. Cela fait de nombreuses années que j’entendais les discours de la filière sur les améliorations, mais je me faisais une petite collection de vins bouchés de façon alternative. Je les ai laissé dormir dix ans ou plus et je commence à les ouvrir. Ce 2007 est bouché synthétique Nomacorc, voir la photo, et douze ans plus tard son aspect est nickel, facile à ouvrir et d’une impeccable intégrité mécanique.

Plaisir total et imprévu
J’ai rarement dégusté depuis quelque temps un vin aussi immédiatement net, aussi frais, aussi facilement lisible et goûtable que ce délicieux 2007, parfaitement équilibré, au tannin délicat et intégré, à la maturité de raisin idéale et, je le dis tout net, supérieur à plus de la moitié des crus classés bordelais du même millésime. Je n’ose imaginer ce que donnerait une dégustation à l’aveugle entre buveurs de bonne foi. Et quand un vin n’a ni déviation vaguement liégeuse, ni réduction ou petite oxydation ou petite présence animale ou de décomposition de la matière liée à de mauvaises levures ou une mauvaise protection du bouchon, le plaisir est total et vraiment imprévu. Sans parler du rapport qualité-prix pour un vin qui valait certainement bien moins de 10 euros. Bravo et merci Buzet.

Les Vignerons de Buzet, Astris Cabernet-Merlot, Buzet 2007
https://www.nouslesvigneronsdebuzet.fr/boutique/

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