50 ans d’Aberlour dans un flacon

La distillerie du Speyside signe une première historique avec le lancement de son Aberlour 50 ans d’âge. Une édition rare, où le temps devient matière et où chaque goutte raconte un demi-siècle d’histoire écossaise

Avec l’Aberlour 50 ans d’âge, la distillerie du Speyside franchit un cap inédit de son histoire. « C’est la première fois qu’on sort un 50 ans chez Aberlour », rappelle Aurélien Nuisement ambassadeur de marque France, soulignant la portée symbolique de ce lancement. Produite à seulement 20 flacons dans le monde, dont deux pour la France, cette édition ultra-confidentielle incarne selon lui « une véritable part d’Écosse et une œuvre d’art à part entière ».

 « Aberlour 50 ans d’âge est bien plus qu’un whisky ; c’est un héritage vivant, la rencontre du temps, de la nature et du dévouement sans faille de nos artisans », résume Graeme Cruickshank, maître distillateur chez Aberlour depuis plus de 35 ans. Distillé au début des années 1970, ce whisky est issu des anciennes méthodes de production de la maison, à une époque où Aberlour ne comptait encore que deux alambics. « On boit aujourd’hui une part d’histoire dans le verre », insiste l’ambassadeur de marque France, évoquant le travail de plusieurs générations de maîtres de chais, dont Graeme Cruickshank. Un demi-siècle de dégustations régulières et de décisions patientes a été nécessaire pour déterminer le moment idéal de son embouteillage. « C’est tout le travail de Graeme de vérifier les fûts et de se dire : là, on tient quelque chose d’exceptionnel. »

Contrairement à de nombreux whiskies très âgés, souvent marqués par le bois, Aberlour 50 ans surprend par son équilibre. « Ce qui frappe, c’est cette fraîcheur et ce côté très gourmand », explique-t-il. « On retrouve encore beaucoup de fruit, avec une belle longueur, ce qui est assez rare pour un whisky de cet âge. » Avec l’oxydation, la palette évolue, laissant apparaître des épices plus affirmées, signature d’un vieillissement réussi.

L’exception se prolonge dans l’écrin. Le coffret, conçu par le designer écossais John Galvin, est façonné à la main à partir de douze douelles de chêne issues d’anciens fûts Aberlour. « Ces douelles ne peuvent plus être réutilisées pour le vieillissement, elles trouvent ici une seconde vie », précise le Aurélien Nuisement. Sculptées pour rappeler l’écorce de l’arbre, elles traduisent le lien fondamental de la maison au bois. Le coffret repose sur un socle en granit provenant du mythique Warehouse n°1, aujourd’hui désaffecté. « On a littéralement un bout de la distillerie Aberlour à l’intérieur du coffret. »

Embouteillé à 45,2 %, « le degré parfait pour ce whisky » selon Graeme Cruickshank, l’Aberlour 50 ans est proposé au prix de 35 000 euros. Un flacon est déjà vendu en France, preuve que « la rareté, le temps et l’histoire restent des valeurs essentielles pour les collectionneurs ». Une première, appelée à devenir historique.

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