Champagnes Palmer & Co, l’union des talents

Rémi Vervier, le directeur général et œnologue des champagnes Palmer & Co, nous raconte ce qui fait les différences (et donc les forces) de cette maison où l’esprit d’équipe est au service de la plus grande exigence

Vous être aujourd’hui directeur général de la maison Palmer & Co tout en assurant un rôle technique ?
Je fais partie des cinq œnologues de la maison qui travaillent aux côtés de Xavier Berdin, notre chef de cave. Quand nous sommes ensemble en dégustation, nous sommes tous au même niveau et je n’ai plus la casquette de directeur. Nous prenons collectivement et d’un commun accord toutes les décisions techniques.

Quel a été votre parcours ?
Ma famille s’occupe d’un domaine viticole à Pouilly-Fuissé. Aujourd’hui, c’est mon jeune frère, Denis, qui le dirige. Moi, j’ai rapidement eu envie de voir ailleurs. J’ai grandi dans cet univers de vigneron avant de faire mes études d’ingénieur agronome à l’Agro Paris Tech, suivies d’une spécialisation en viticulture-œnologie et d’un diplôme d’œnologue, obtenu en 1997. Après une courte expérience chez Veuve Ambal, j’ai passé dix ans chez Louis Latour, à Beaune, au poste de directeur technique.

Comment êtes-vous arrivé chez Palmer & Co ?
Chez Louis Latour, j’étais déjà membre du directoire avec des fonctions à la direction de l’entreprise. Palmer & Co m’a proposé un poste de directeur général. J’avais découvert la Champagne lors de mon stage de fin d’études chez Mumm, où Dominique Demarville était alors chef de cave. Là-bas, j’avais découvert et adoré le principe de l’assemblage. C’est assez gratifiant parce que cela permet de récompenser le travail fait à la vigne et en cave en améliorant le niveau de qualité. Je m’étais dit que je reviendrais un jour en Champagne. C’est donc avec beaucoup de conviction que j’ai répondu à l’appel de Palmer & Co.

Qu’est-ce que la coopération signifie pour vous ?
En fait, pour moi, ce n’est pas tant la coopération que la coopération chez Palmer & Co qui veut dire quelque chose. Pour moi, ce sont des gens qui travaillent dans le même état d’esprit. Je pense qu’il y a autant de modèles coopératifs qu’il y a de diversité chez les maisons de négoce ou chez les vignerons. Chaque entité doit avoir son âme ou sa vision des choses. Notre vision, c’est de vouloir faire bien et d’élaborer un produit dont nous sommes fiers. Je crois que c’est ce qui porte cette maison.

Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?
Grandir pour grandir ne nous intéresse pas. Tous les ans, la maison augmente ses surfaces de trois ou quatre hectares, en tenant compte des coopérateurs qui partent en retraite ou qui vendent leurs vignes. Aujourd’hui, nous en sommes à 440 hectares d’approvisionnement. Les vignerons qui nous rejoignent doivent partager nos valeurs. D’ailleurs, il sont soumis à une période d’essai d’une année avant d’être pleinement cooptés. C’est cette proximité technique avec les vignerons qui nous permettra de remplir 95 % du cahier des charges du label « Viticulture durable en Champagne » dès la prochaine vendange, avec l’objectif d’atteindre 100 %.

Vous êtes aussi à l’initiative du projet de construction de la cuverie située à Bezannes.
C’est un projet important, qui correspond à un investissement de 11 millions d’euros, mais aussi parce qu’en acquérant cet immense terrain, on dispose d’une réserve foncière, si un jour on en a besoin. Cette cuverie nous apporte une capacité de 22 000 hectolitres pour stocker nos vins de réserve dans les meilleures conditions possibles. L’architecte a reçu des consignes très strictes pour ne faire aucun compromis entre esthétique, technique et réflexion environnementale. Nous avons été récompensés par un label « Haute qualité environnementale » pour ce site. C’est un autre aspect de la maison, cette exigence technique très forte sans jamais négliger la dimension environnementale.

L’œnotourisme est également l’une de vos priorités ?
En plus de nos installations dans le centre de Reims, nous avons ouvert au public en 2018 le domaine du Chalet, à Chigny-les-Roses, qui propose à la fois chambres et table d’hôtes. Nous y avons notre propre chef à demeure, pour recevoir nos clients, nos amis et nos partenaires. Nous avons accueilli 1 700 visiteurs l’an passé, avec l’ambition de continuer à grandir. Cette petite pierre à l’édifice est notre manière de contribuer à l’élan œnotouristique en Champagne.

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