Depuis son achat en 1997 du château de Pressac, Jean-François Quenin voue chaque jour à son domaine. Ancien dirigeant de Darty, il est revenu dans le pays de son épouse Dominique avec un souhait : faire de Pressac l’un des meilleurs vins de Saint-Emilion. D’un seul tenant, son vignoble de 36,5 hectares épouse une veine argilo-calcaire aux sols rouges qui court de Saint-Émilion à Saint-Étienne-de-Lisse. Un amphithéâtre naturel où se succèdent plateau, coteau et pied de côtes. « Je réunis ici les profils de Canon, Pavie et Angelus », aime à dire le maître des lieux. Derrière la formule, il y a surtout une connaissance intime de ses parcelles et la conviction d’avoir entre les mains un terroir hors du commun. Mais il a fallu retrousser ses manches : « 50 % du vignoble ont dû être arrachés et les nombreux pieds manquants arrachés, puis replantés. »
Pour la partie technique, rien n’a été laissé au hasard : nouveau local de vinification en 2012, chai à barriques en 2013, puis chai végétalisé en 2021. Avec une cinquantaine de cuves, chaque parcelle dispose désormais de son espace et peut être suivie avec une précision extrême. Les conseils de Yannick Reyel et la complicité d’Hubert de Boüard accompagnent cette montée en puissance. Après tant d’années de patience, Jean-François Quenin peut enfin à mesurer les fruits. Son cru fait désormais jeu égal avec les premiers de cordée.
Pas question, toutefois, de s’endormir sur ses acquis. Face au changement climatique, la vendange entière, désormais proche de 20 %, apporte une nouvelle fraîcheur aromatique, tandis que l’élevage en amphores, à hauteur de 5 %, préserve l’éclat du fruit sans sacrifier le gras. À l’image de son propriétaire, Pressac avance sans précipitation, mais sans jamais s’arrêter. Un grand terroir patiemment reconstruit, devenu le reflet d’un homme : volontaire, exigeant et, avec le temps, profondément sage. Le prochain classement, en 2032, pourrait bien consacrer cette ascension.
Château de Pressac, La Rosée du Château de Pressac, bordeaux rosé
Une matière généreuse donne de la présence en bouche. Les notes de confiserie apportent une touche gourmande dans un registre original. Un rosé de caractère, qui trouvera naturellement sa place à table.
90/100 – 16 €
Très bon vin, Caractère
