Les nouveaux horizons de la Maison de la Chapelle

Créée par Delphine et Grégory Viennois, la Maison de la Chapelle nous régale depuis une dizaine d’années de cuvées d’irancy, chablis et désormais rully et mercurey. S’il étend ses gammes au sud de la Bourgogne, ce petit négoce ne change pas de cap

Il a grandi à Chalon-sur-Saône, elle à Chablis, et c’est dans l’Yonne qu’ils se sont rencontrés. À l’époque, ils travaillaient tous les deux au domaine Laroche, dans le Chablisien, Grégory en tant que directeur technique pendant que Delphine officiait à l’administration des ventes. Ces compétences, ils ont un jour souhaité les mettre à profit en créant leur propre structure, Maison de la Chapelle, nommée ainsi en hommage à leur village, La Chapelle-Vaupelteigne, situé à quelques encablures de Chablis. L’aventure débute avec le millésime 2014. Le rôle de Grégory tombe sous le sens au vu de son parcours. Œnologue diplômé de l’institut Jules Guyot de Dijon, ancien de l’écurie Derenoncourt, directeur technique durant sept ans pour les maisons Michel Chapoutier et Ferraton Père & Fils, il prend en charge la vinification comme la sélection des fournisseurs et des parcelles. À ses côtés, Delphine, qui supervise par ailleurs les aspects commerciaux et administratifs de cette structure 100 % négoce, est présente à toutes les étapes de la vinification. « Ce que j’adore faire avant tout, c’est rendre les gens heureux autour d’un verre de vin. C’est la meilleure des récompenses, quand on me dit que c’est bon. Même si parfois, c’est par pure politesse. J’aime être passeur du terroir, expliquer à tous nos ambassadeurs la personnalité du vin. Pour la partie technique, je laisse faire Grégory les yeux fermés, mais je rentre la vendange avec lui, on déguste ensemble. Et quand il faut trancher, on le fait à deux. » Le choix d’Irancy n’a rien d’anodin. Depuis 2011, Grégory ne produisait chez Laroche que des blancs de chardonnay, lui, le natif de côte chalonnaise qui avait appris à vinifier les pinots noirs aux côtés de Nadine Gublin au château de Chamirey, à Mercurey. « Les rouges me manquaient un peu. Irancy ne rentrait pas dans le périmètre de Laroche, donc il n’y avait pas d’ambiguïté quand on a eu l’opportunité de démarrer avec les pinots noirs de cette appellation. » Leurs cuvées ont tout de suite détonné dans la région par leur fruité gourmand et mûr, aux notes de cerise, et surtout cet inimitable toucher qui caractérise les vins de Grégory. Il privilégie en effet l’infusion à l’extraction, péché d’orgueil de trop de familles locales. On retrouve également ce toucher dans des blancs soyeux où la trame calcaire défile en bouche, car par la suite la gamme de la maison s’est élargie à d’autres cuvées de l’Yonne. Évidemment quelques chablis, mais aussi une ouverture sur le sud de la région depuis 2024, nom de code Les Pièces, avec une production ultra confidentielle (quelques pièces, justement) de crus sélectionnés chez des amis vignerons, entre Rully et Mercurey, en attendant peut-être Pouilly-Fuissé ?

Les blancs


Chablis 2024

Bouche élégante, trame calcaire tendue au toucher finement poudré. Un vin à la finale saline et salivante.
89/100


Chablis 1er cru Fourchaume 2024

Bouche ronde portée par des parfums de fleurs plus que de fruits. La craie mouillée signe bien la finale dans ce millésime que l’on boira jeune.
90/100


Chablis 1er cru Fourchaume 2023

Un toucher soyeux en bouche, des parfums de fruits et de fleurs, de petits amers savoureux en finale.
92/100


Chablis 1er cru Montmains 2023

Un jus épuré, tout en finesse, le fruité est fin et frais, la finale est glissante et soyeuse, en fraîcheur.
90/100


Chablis 1er cru Mont de Milieu 2023

Joli fruité ananas bien mûr, typique du cru. La puissance du fruit est bien retendue par une finale saline légèrement piquante.
93/100


Les Pièces, Les Maizières 2024, rully

Très floral, puissant. Une bouche portée par de salivants amers, sapide et énergique.
92/100


Les rouges


Irancy 2024

Un fruité cerise un peu kirsché, une bouche ronde que l’on boira vite.
88/100


Irancy 2023

Dans ce millésime, on a clairement cherché à privilégier le fruit et la délicatesse du toucher dans une année où, visiblement, on ne pouvait pas obtenir plus de concentration et de densité. Grégory a préféré vinifier en infusion pour une cuvée tout en finesse et en gourmandise.
89/100


Les Bâtardes 2024, irancy

Une matière plus présente que dans la cuvée générique d’irancy. En bouche, les fleurs et les fruits rouges se succèdent comme parfums dominants. Un vin agréable à boire assez vite.
90/100


Les Bâtardes 2023, irancy

Une robe assez claire (c’est souvent le cas dans ce millésime), un nez prononcé et gourmand de cerise bien mûre, une bouche souple. En somme, un vin élégant, très charmeur et très fin, d’évolution rapide.
91/100


Les Beaux Monts 2023, irancy

Un nez gourmand de purée de framboise, le fruité est assez mûr. La bouche est savoureuse, dans le même registre fruité, mais plus compoté (gelée). C’est un millésime assez souple dans sa structure tannique, il n’est pas destiné à une longue garde.
91/100


Les Pièces, mercurey 1er cru Les Champs Martin 2024

Des tannins fermes, ce qui dans le millésime n’était pas chose si aisée, la bouche demande même encore un peu de patience.
92/100


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