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Mangetout


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Menus : 29€, Formule à 18€.
Formule à 16€ (au déjeuner, en semaine)
Accueil : jusqu’à 23h. Air conditionné.
Ouvert tous les jours. Fermé 2 semaines en Août.

82 rue Mazarine – 75006
Métro : Saint-Germain-des-Prés
01 43 54 02 11
[email protected]

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Le Pinxo de la rue D’Alger, cornaqué par Alain Dutournier, a lancé un stolon rive gauche. Format de poche au rez-de-chaussée ; salle plus grande et claire, exposant des toiles modernes de la collection de Dutournier, à l’étage. La carte et les prix sont identiques à ce qui est proposé dans la maison mère. Avec une ambiance « bistrot » surjouée par l’équipe (et ses copains bien envahissants le jour de notre visite). Dommage surtout que le plat arrive sur table tout juste tiède. Bon choix de vins classés par niveaux de prix. Avantage sur la maison mère : le bistrot est ouvert tous les jours.

À LA CARTE:

  • Crevettes et légumes vapeur en bouillon d’herbes parfumées 11€
  • Marbré de caillé de chèvre et gourmandises printanières 12€
  • Rouleau végétal de crabe royal, cahuètes grillées et jus coraillé 16€

 

  • Cœurs de canard à la plancha escaoutoun de maïs aux asperges vertes 17€
  • Agneau de lait des Pyrénées, cannellonis forestière, noisettes de gigot, cresson froissé 24€
  • Boudin noir charnu, vieux jambon crosutillant, guindillas, pomme reinette façon moutarde de Crémone 17€
  • Gambas sautées curry vert et riz soufflé, riz aux senteurs de lait de coco 20€

 

  • Tourtière landaise chaude, glace pruneaux armagnac 9€
  • Marcaron citron vert, kiwi frais, parfait ivoire, sorbet à la blanche de Gascogne 9€

 

Notre sélection

  • Champagne Pierre Gimonet Blanc de Blancs œnophile 2004 75€
  • Vin-de-pays-des-côtes-catalanes Vieilles Vignes 2004, G. Gauby 60€

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DÉCOUVREZ LA SÉLECTION LEBEY

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Côtes-du-Rhône vs. ANPAA : 1 à 0

Les responsables d’Inter-Rhône se félicitent à raison d’une jolie victoire en justice contre les forces prohibitionnistes beaucoup mieux dotées que cette inter-profession. Ils publient un communiqué mesuré. Le voici :
« Cette décision, est une décision équilibrée qui reconnait qu’une fois de plus la communication des Côtes du Rhône reste responsable tout en se voulant impactante », se félicite Michel Chapoutier, président d’Inter-Rhône. En effet, le jugement n’a pas fait droit à la demande de dommages et intérêts de l’ANPAA, mais prévoit la suppression du slogan sachant « qu’il ne peut être sérieusement soutenu que l’expression « goût de la vie » correspond à la composition du vin, même entendu de manière très extensive, comme provenant d’un produit, soit du raisin, « vivant » pour reprendre les termes de l’ordonnance de référé du 7 janvier 2015….lire la suite sur le blog bonvivant

Tombe la neige

Un peu de douceur pour contrer la brutalité du monde, on pourra ce week-end aller se balader dans le vignoble et y photographier les rangs de vignes sous la neige, vision paisible s’il en est (voir ici les images publiées par le domaine libanais Château Kefraya sur sa page facebook). L’interprofession des vins du Val de Loire en a d’ailleurs fait le thème d’un concours de photos (avec deux autres encore, toutes les explications sont ) auquel chacun peut participer jusqu’au 13 février prochain. Le règlement de ce jeu qui se déroule sur les réseaux sociaux sous le hashtag #LoireHiver est ici.

vinsd'hiver
Les photos ci-dessus ont été empruntées au site d’Interloire, interprofession des vins du Val de Loire et le titre de l’article à cette mélancolique chanson-.

Antoine Petrus choisit six vins chez Hedonism Wines


5 500 étiquettes offrant le top du globe, 2 200 spiritueux habilement sélectionnés, de la demi-bouteille en passant par le jéroboam pour rejoindre l’adelaïde et une cinquantaine de vins au verre d’1,5 £ à 65 £.
Derrière ces données, à faire tomber chaque passionné de vin à la renverse, se cache Hedonism Wines, un paradis au cœur de Mayfair.
Cette cave encyclopédique renferme la fine fleur du vignoble mondial : le Branco Palace de l’Hotel Bussaco au Portugal, des quinze litres de Torbreck, tous les grands de Bordeaux sur plus de 60 millésimes en passant par un peu de Cathelin, Réserve des Célestins et une vingtaine de millésimes de Rayas.
Au détour d’une allée, une centaine de montrachets différents converse avec des clos-du-mesnil. Screaming Eagle, cult-wine d’Oakville donne la répartie à Mouton et Pétrus sur les légendaires 1945 et 1961.
Mieux encore, Yquem s’étend sur un mur de cinq mètres de long alignant l’ensemble des millésimes de 1811 à nos jours et les Krankl de Sine Qua Non ont leur « VIP Room » dédiée à l’ensemble de leur œuvre viticole.
A deux heures de Paris, le monde du vin a trouvé son point d’ancrage. Mieux qu’un cadeau de Noël.


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[col width= »six »]Barbera d'Alba_vignota[/col]
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Conterno Fantino Barbera d’Alba Vignota 2013

Mis entre les mains de l’illustre famille Conterno, le barbera déploie un velouté très caractéristique. Brillante réussite du millésime 2013, au passage. Italie, quand tu nous tiens.

24,10 £

CONTACTER LA CAVE [/col]


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Hatzidakis Assyrtiko Cuvée 15 2013

L’assyrtiko est un des cépages blancs du Bassin méditerranéen les plus attachants et parmi les plus salins. Une note très précise d’aiguille de pin précède un ensemble pur et vibrant.

23,60 £

CONTACTER LA CAVE [/col]


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Rafael Palacios Louro 2013

Les pentes abruptes et humides de Galicie donnent naissance au Valdeorras. Blanc de gastronomie, formé par Godello et Treixadura. Grand nom d’Espagne, Rafael Palacios l’aime ciselé et profondément minéral.

17,30 £

CONTACTER LA CAVE [/col]


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Boekenhoutskloof`s The Chocolate Block 2013

Une fois prononcé correctement, The Chocolate Block rappelle, non sans mal, qu’il n’est pas nécessaire de courir après le bois lorsque la matière est là. Un exemple en terme de rouge sud africain, ne tardez pas.

22,10 £

CONTACTER LA CAVE [/col]


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Henschke Louis Semillon 2012

Le sémillon sur un des plus beaux terroirs australiens. Si Hendschke est connu pour son très couru Hill of Grace, Louis 2012 est un régal, entre ampleur de bouche et finesse aromatique.

27,80 £

CONTACTER LA CAVE [/col]


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Ridge East Bench Zinfandel 2012

L’inépuisable Paul Draper n’en finit plus de porter au plus haut le zinfandel. Une parcelle unique surplombant Dry Creek Valley donne de l’épice comme de la fraise cuite, parfaits témoins du savoir-faire maison.

27,60 £

CONTACTER LA CAVE [/col]



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3-7 Davies St, London W1K 3LD, Royaume-Uni
+44 20 7989 0085
Ouvert 7/7

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Gevrey-Chambertin 1er cru Clos du Chapitre, délicat


 

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos du Chapitre, rouge 2012

Cette parcelle située sur le cône de déjection de la Combe de Lavaux est plantée de vieilles vignes. La production est très réduite, seulement 1300 bouteilles, mais la bouche offre une grande élégance, avec un velouté séduisant et beaucoup de délicatesse. On sent là une grande précision dans la vinification, mettant en valeur un terroir de classe.
Jusqu’en 2027

16/20

CONTACTER LE PRODUCTEUR

La cave coopérative des Hautes Côtes s’est récemment dotée d’un nouveau nom commercial : Nuiton-Beaunoy. On laissera chacun se faire une opinion quant à la pertinence de ce choix, surtout lorsque les ambitions à l’export sont importantes, pour nous concentrer sur la qualité, en plein redressement suite à l’arrivée d’une équipe dynamique et motivée, qui en quelques années a su faire progresser la qualité des raisins vendangés comme les choix de vinification. Sur les derniers millésimes, la précision et la netteté des vins méritent toute l’attention des amateurs, et gageons que l’on n’est qu’au début du chemin. Environ un tiers des vins est issu des appellations de Côte de Nuits ou de Beaune, le reste venant des Hautes Côtes.

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Au moulin à vent


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Menu : 25€ (au déjeuner, en semaine).
Formule à 16€ (au déjeuner, en semaine)
Accueil : jusqu’à 23h. Terrasse. Voiturier.
Fermé le samedi midi, le dimanche et le lundi.

20, rue des Fossés-Saint-Bernard – 75005
Métro : Cardinal Lemoine ou Jussieu
01 43 54 99 37
www.au.moulinavent.com

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Quel plaisir que de pousser la porte d’une maison qui sait résister aux tendances les plus futiles du moment ! La salle aux murs nicotinés, les épaisses nappes blanches et les profondes banquettes sont à elles seules la promesse d’une cuisine traditionnelle de qualité. Et c’est le cas ! À l’ardoise du jour la soupe de poisson de roche côtoie le perdreau rôti et les viandes grillées et sur la carte, le bœuf se décline dans tous ses états. On ne vient pas ici pour compter les calories mais pour prendre le temps de profiter des plaisirs de la table et des bons vins. En ces temps d’assiettes millimétrées, c’est bien rassurant…

À LA CARTE:

  • Grenouilles fraîches sautées à la provençale 36€
  • Frisée au lardon et œuf mollet 11€

 

  • Andouillette grillée au vin blanc ou à la sauce moutarde 22€
  • Le bœuf saignant dit à la ficelle 26€

 

  • Ardéchois crème de marron et crème fraîche 10€
  • Charlotte au chocolat 12€

 

Notre sélection

  • Côtes-du-rhône Lieu-dit Clavin 2010, Domaine de la Vieille
    Julienne 42€
  • Fleurie 2011, Christophe Pacaillet 29€

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Serge Hochar (Château Musar) est parti, son œuvre restera

Serge Hochar, PDG de Château Musar, président de l’Institut de la Vigne et du Vin, et ancien patron de l’Union Vinicole du Liban (UVL), est décédé le 31 décembre 2014 à 74 ans d’un accident en mer alors qu’il était en vacances avec sa famille à Acapulco. Il avait su à la fois mieux faire connaître son produit auprès des amateurs éclairés en Grande Bretagne, où il était ami de nombreux critiques influents, et en France où il parlait merveilleusement la langue et aimait la gastronomie. Il avait aussi et surtout tenu à lui conserver un style inimitable, aux antipodes des vins très structurés et colorés qu’on croit à tort être les enfants légitimes du soleil, mais qui trouvait sa source et sa raison d’être dans toute l’histoire des vins du pourtour méditerranéen.
En ces temps d’internationalisation du goût, de privilège de la puissance et de l’immédiateté des saveurs, Château Musar offre donc un brillant et très raffiné contrepoint. Ce cru historique de la plaine de la Bekaa déploie en effet un charme un rien suranné mais tout à fait envoûtant à travers ses vins rouges mais aussi blancs et même rosés, souvent proposés après plusieurs années de maturation en bouteilles. Château Musar exprime avec un talent très personnel la notion d’une civilisation du vin fondée autant sur le mélange complexe d’influences diverses que sur le primat de l’élégance.
Né en 1930 et tirant son nom du château du XVIIIe siècle, baptisé M’zar, Château Musar est l’œuvre d’une famille, les Hochar, et en premier lieu de Gaston qui s’amusa d’abord à créer ce vin, avec les conseils avisés de son ami Ronald Barton, qui dirigeait alors le célèbre cru de Saint-Julien, Château Léoville-Barton. Les Hochar se prirent au jeu et Musar devint, sous l’impulsion de Serge, fils de Gaston, le cru le plus célèbre du
Moyen-Orient.
Avec son vaste vignoble (180 hectares, en rouge : cabernet-sauvignon, carignan et cinsault ; en blanc : obeideh et merwah) situé à 1 000 mètres d’altitude dans la plaine de la Bekaa, il devint même le symbole, lors de la dramatique guerre qui ensanglanta le pays, d’une civilisation qui résiste et survit au fracas des armes.
Il faut découvrir l’original et généreux blanc 1999, empreint de noblesse et d’une élégance à l’ancienne, avec son ampleur et son bouquet mielleux. Château Musar rouge possède aussi un charme raffiné, particulièrement dans des millésimes 1998 et 1999 offrant beaucoup de subtilité et de longueur pleine de finesse.
Château Musar rouge 1999 est un vin très évolué, mais persistant dans ses arômes et très prenant par la finesse de ses sensations tactiles. Il réunit le meilleur de deux mondes : l’équilibre de corps et la fraîcheur qui ont fait la célébrité des crus classiques du Médoc, et les notes de résine de pinède et d’herbes aromatiques de garrigue qui embaument les hauts plateaux surplombant la Méditerranée.

Nous sommes Charlie

Le vin est peu de choses. Il est juste un symbole de civilisation. Pas uniquement de la civilisation chrétienne, celle aussi de l’islam d’Omar Khayyam, celle surtout d’un véritable art de vivre universel et intemporel. Le vin a accompagné le Siècle des Lumières, a escorté les banquets républicains où naquit notre démocratie et a même abreuvé les libations joyeuses et furieusement insolentes du Charlie première époque, celui du Professeur Choron, de Cavanna et, déjà, de Wolinski.
C’est cette civilisation que les massacreurs ignobles et misérables de Charlie Hebdo ont cru détruire, alors qu’ils ont au final transformé douze hommes civilisés en héros éternels. Je lève mon verre à toi, Cabu, qui a accompagné ma vie depuis ce lycée qui ressemblait tant à celui du Grand Duduche, toi dont retrouver chaque semaine un de tes dessins où tu pourfendais si savoureusement l’Immense Connerie humaine était un délice de gourmet. Je lève mon verre à toi, Wolinski, en me souvenant de ces après-midis passés à « lire sur un canapé en mangeant du chocolat Charlie, magazine d’humour et de bandes dessinées », comme tu m’y enjoignais au début de chacun de tes éditos de ce formidable canard, et en confessant que j’accompagnais souvent le chocolat d’un verre de vin… Je lève mon verre à vous tous, héros disparus aujourd’hui, et je vous dis que nous ne vous oublierons jamais. Je mêle mes larmes au champagne en vous portant un toast, mais je sais désormais que notre civilisation sortira plus forte et plus belle de cette épreuve.

Larcis-Ducasse : la grande verticale (1940-2010)


Le vignoble et son histoire


A l’est de Saint-Emilion, en allant vers Saint-Laurent des Combes, le château Larcis-Ducasse se situe dans le prolongement de la côte Pavie. Promu Grand Cru Classé en 1958 puis Premier lors de la dernière révision du classement en 2012, son propriétaire actuel nous a conviés à une dé-gustation couvrant la période 1940 à 2010.

Les 11,30 hectares d’un seul tenant sont exposés plein sud face à la vallée de la Dordogne, des-cendant le coteau avec un dénivelé de 70 mètres (le point culminant de Saint-Emilion s’établit à Troplong-Mondot à 76 mètres). Le terroir mêle des argiles ferrugineuses sur le plateau, des cal-caires à astéries sur le haut du coteau avec des éboulis calcaires sur son versant, des marnes puis un mélange de sables et de marnes argileuses en bas de côte. Malgré des maturités élevées, les vins conservent de bonnes acidités, grâce à ces sols froids riches en argiles, qui se traduisent au vieillissement par des notes mentholées.
La part de merlot (83%) est sensiblement restée inchangée depuis un siècle, même si le cru affi-chait 3,80 hectares au moment de sa vente en 1893, le phylloxera lui ayant porté un coup fatal. Il y eut aussi quelques rangs de cabernet sauvignon, arrachés au début des années 2000 pour laisser toute la place restante au cabernet franc, plus à même de briller sur ces sols froids. Aujourd’hui les vignes sont âgées en moyenne de 38 ans, plantées entre 5500 et 7500 pieds à l’hectare.

Le vignoble a vu passer quatre régisseurs majeurs depuis son rachat à la fin du 19e siècle, et ce sont les vins de ces différents maîtres de chai que nous avons dégustés ce jour-là. Car le château, appartenant à la famille Gratiot et ascendants depuis 1893, a toujours eu l’intelligence de confier ses intérêts propres à des mains expertes.
Il y eut d’abord Henri Raba, qui trouva un vignoble de seulement 3,80 hectares et des friches ; il replanta une partie des vignes sur le coteau. En 1925, son épouse Emilie, puis leur fils André lui succédèrent, jusqu’à la mort de ce dernier pendant la guerre en 1941.
S’ouvre ensuite la période de Pharaon Roche, jusqu’en 1978, un homme instinctif qui travaillait très bien eu égard au peu de moyens dont il disposait à l’époque. [/col] [col width= »six »]Il sut trouver, pour chaque millésime – et certains ne furent pas les plus faciles – le juste degré d’extraction, la bonne mesure de remontage, ou l’élevage le plus approprié. La nièce d’André Raba, Hélène Gratiot Alphandéry, une professeur de psychologie bien éloignée des intérêts viticoles, lui avait confié la charge de la pro-priété.
Le successeur de Pharaon Roche, Philippe Dubois, arrivait du Château Giscours. Expérimenté, il fut bien inspiré dans ses premiers millésimes, un peu moins les cinq dernières années. Comme dans beaucoup de crus, les années 80 ont toléré un peu trop de volumes, et ici sans doute, les vins ont du en majorité, pendant cette période, être issus du bas de coteau sableux, plus facile à cultiver. Depuis les choses ont changé et la majeure partie du grand vin est issu des terrasses calcaires.

Jacques-Olivier Gratiot succède à sa mère en 1990 et fait bâtir un nouveau chai en 1995. Menant par ailleurs une brillante carrière au sein du groupe l’Oréal, il s’en est lui aussi remis à d’autres hommes plus expérimentés en faisant appel en 2002 à Nicolas Thienpont (Pavie-Macquin et Bel-levue) et Stéphane Derenoncourt. Aujourd’hui sa fille Ariane s’apprête à prendre la relève. Stylistes mais avant tout vignerons, ils feront prendre au cru le virage serré des années 2000 et celui de la biodynamie (nonobstant quelques traitements de surface anti mildiou, un mal nécessaire sur ce secteur du bord des eaux), préservant intact ce terroir de premier ordre. David Suire, jeune œnologue brillant, fait partie de l’équipe, s’inspirant des plus grands blancs pour réaliser des rouges de grande précision. Les rendements sont diminués, les sélections plus rigoureuses, les extractions se font désormais par pigeage et non plus par remontage, les raisins ne sont plus foulés mais vinifiés en grains entiers, récoltés au cas par cas, par parcelle, en fonction de la maturité. Le parc à barriques est rajeuni, les tonneliers changés, privilégiant des chauffes douces, sans sucrosité, et quelques 500 litres ont été introduits également depuis trois ans.
La dégustation prend ici un tour nouveau, monte d’un cran tant en chair qu’en précision. Le 2010 conclut en apothéose ce large survol : 70 années traversées en 32 millésimes.


La dégustation

Dégustés au château le 20 novembre 2013, les vins furent pour la plupart d’entre eux servis en magnum.
Nous le précisons dans nos commentaires ci-après : (b) bouteille, (m) magnum.


 

1940 (b) 15,5/20

Robe diaphane, légèrement tuilée. Nez d’humus, tertiaire. La bouche est très fine, déliée, d’une texture de pinot, légèrement terreuse. Note réglissée, finale ferme, allonge fumée.


1945 (b) 16/20

Premier nez en retrait, qui se dégage à l’aération. La bouche est de grande finesse, racée, sen-suelle, avec des notes de cuir et d’épices. Parfait équilibre et finale épicée.


1952 (m) 15,5/20

La robe est plus profonde, plus concentrée que les deux millésimes précédents. Nez de réglisse, de cacao, de truffe et de sous-bois, avec aussi une pointe d’eucalyptus. On a plus de tonus en bouche, un toucher délicat et toujours très sensuel, mais marqué par des notes compotées, de fruits cuits, voire caramélisés, de marmelade, moins pures que sur le 1945.


1955 (b) 14,5/20

Robe tuilée, nez d’herbes coupées, de foin, de cuir usé. Le vin est marqué par des tannins secs, on sent une petite impureté en milieu de bouche, une note iodée. Cette bouteille est un cran au-dessous des précédentes.


1959 (m) 16,5-17/20

Grand vin, tout en subtilité ! La robe légère, qui rappelle les grands bourgognes d’âge, le nez variant entre cuir et fleurs, la bouche tout en dentelle sont un ravissement. Finesse et sensualité, notes graphites et empyreumatiques. Belle complexité.


1961 (b) 17/20

Robe profonde, très peu tuilée, qui ne paraît pas l’âge du vin. Nez frais, de fruits macérés, léger réglisse. Bouche dense et nerveuse, tout en retenue, énergique, avec un grain de tannins très caressant, fondu, d’une grande amplitude. Très grand vin qui tient toutes ses promesses.


1962 (b) 16/20

Nez d’amande, de kirsch relayé en bouche par une grande saveur épicée. Ce vin a de la tenue, de l’élégance, un côté athlétique et paradoxalement une lecture encore très juvénile, avec de la puis-sance et du nerf. La finale trahit une petite évolution mais l’ensemble reste fin et complexe.


1964 (m) 16,5/20

La robe est jeune, sans signe d’évolution (aidée aussi par l’effet magnum). le nez torréfié, de tabac, de fumée et de moka, tranche avec les millésimes précédents. La bouche affiche un moelleux plus affirmé, une grande suavité et des notes empyreumatiques. Belle saveur, droiture, tension : il fait beaucoup plus jeune que son millésime ! La finale est enlevée, avec un léger sec cependant.


1966 (b) 16-16,5/20

De nouveau on entre dans un registre tertiaire, avec une robe plus évoluée que le 1964 et un nez de sous-bois. La bouche reste svelte et musclée ; il y a du vin et la finale ne faiblit pas.


1967 (b) 17/20

Très beau vin ! A peine évolué, avec de légers pourtours tuilés, il est encore bien vaillant. Nez gourmand, presque pâtissier, de caramel au lait. La bouche est tendre, fumée, d’une grande sen-sualité. Racé, persistant, ce vin reste tonique et incroyablement présent, avec un accent mentholé sur la finale.


1970 (m) 16,5/20

Robe claire, couleur framboise, légèrement trouble. Nez de graphite et de merrain. Bouche diserte, ample et fumée, avec de l’énergie. Un vin solide, avec une petite accroche réglissée en finale.


1971 (m) 17-17,5/20

Robe sensiblement égale à celle du 1970, soit légère et framboise. Nez discret, floral, encore ju-vénile, bien ouvert. La bouche suit ce registre expressif, tout en puissance et en notes fumées. C’est un vin carré, de large étoffe, strict mais superbement racé.


1975 (m) 13,5/20

[Depuis 1972, les mises en bouteille se font obligatoirement au château]. Ce millésime a cristallisé toutes les attentes, arrivé après trois années médiocres. Mais même boudé par la critique, il s’est révélant décevant et ce magnum n’échappe hélas pas à la règle. La robe est légère, sans évolution marquée, mais en bouche, on perçoit une légère déviance aromatique, des tannins secs, un manque de maturité et de charme, avec une touche iodée.


1978 (m) 14,5-15/20

Robe claire, aux reflets tuilés. Nez puissant, évoquant le cabernet, d’herbes sèches. Bouche dense mais où perce un manque de maturité.


1982 (m) 15/20 ?

Toujours une robe de teint clair, sans signe appuyé d’évolution. Nez de moka, très fumé. Malheu-reusement en bouche le tannin paraît sec, granuleux. Il faudrait revoir ce millésime, prétendument excellent sur le papier. Sans doute un problème de bouteille (bouchon) ?


1983 (m) 15/20

Nez animal, viandé, épices, de clou de girofle, qui rompt avec les millésimes précédents. Bouche dense, mûre, atypique du cru, qui sèche un peu sur la finale.


1985 (m) 14-14,5/20

Belle robe rubis, scintillante. Mais le nez n’est pas totalement pur, les tannins secs et la finale courte.


1988 (m) 16-16,5/20

Robe vaillante, de couleur pourpre. Nez fruité, gourmand, pâtissier, avec des notes de fruits rouges avenantes et préservées. La bouche est franche, juvénile, fraîche et longiligne, avec un côté épicé et juteux extra. C’est un millésime bâti sur l’acidité, qui se présente aujourd’hui admirablement bien. Réjouissant !


1989 (m) 15,5-16/20

Solaire, avec une trame fine et sphérique, ce millésime réussi, indéniablement, pêche par une pe-tite sécheresse de tannins et une finale un peu courte pour sa catégorie. Il lui manque un surcroît d’énergie et un petit trait de génie pour passer dans la catégorie des mythes.


1990 (m) 15,5-16/20

Robe assez claire, nez animal, viandé, bouche de même ordre, fine et fumée, torréfiée. On a du jus, de l’énergie, mais le vin manque de sensualité et de chair. Il vit ses derniers sursauts, honnê-tement mais sans la magie que peut livrer le cru dans ses grandes heures.


1995 (b) 14,5/20

Robe pourpre assez franche et jeune encore. Nez de musc, mûr, de fruits noirs. La bouche est suave mais sur un registre fluet, manquant de chair et de nerf. L’alcool se fait sentir sur la finale. dommage pour ce millésime pourtant réussi en général (mais généreusement cultivé…).


1997 (m) 15/20

Avec une belle robe rubis, éclatante, et un nez bien fruité, ce 1997 présente bien. La bouche n’est pas totalement équilibrée malheureusement, un peu asséchante et courte. Il reste le fruit et l’intention louable d’un bon vin. Pas si mal sur ce millésime difficile où peu ont su trouver la parade.


1998 (m) 16/20

Impeccable robe, bien préservée. Nez fruité, assez généreux. Il y a du vin, c’est mûr, plein, ample. Moins sensuel que puissant, ce millésime se veut plus carré que caressant. C’est son style, mais il séduit quand même largement dans ce registre.


2000 (m) 16-16,5/20

Belle jeunesse de robe, encore empreinte de glycérol. La bouche est mûre, ample, affable, avec une finale un peu stricte. Cela reste un bel ensemble classique, avec un fruit mûr, bien extrait.


2001 (m) 16-16,5/20

Le nez évocateur du cabernet laisse entrevoir un petit manque de maturité. La bouche est suave, souple, avenante, très fumée. Un vin droit et énergique, de belle réalisation classique.


2002 (m) 16,5/20

Nez de griotte et de cuir frais, engageant. La bouche est riche, puissamment gainée, avec des notes de fruits frais très aimables, du jus et de la gourmandise. Belle réussite sur ce millésime entre-deux !


2004 (m) 16,5-17/20

Encore une réussite habile dans un millésime qui n’a pas toujours eu la cote… ! Nez de camphre, de fruits bien mûrs, suivi d’une bouche de même acabit, élancée et droite, sur les fruits rouges. Une belle suavité d’ensemble, tout en charme, avec le menthol des grands crus. On sent la patte Thienpont / Derenoncourt qui s’affirme.


2005 (m) 17/20

Magistral. Nez juteux, disert, frais, sur les fruits rouges. La bouche est large, bien mûre, avec une note fumée très distinguée. Jus suave, emphatique. Un vin dense et puissant de toute beauté, taillé pour aller loin encore.


2006 (m) 16,5/20

Un nez qui truffe ! En bouche, c’est un vrai régal, avec des notes de fruits frais, de la densité, de la longueur. Très beau classicisme, équilibre idéal. Le parfait saint-émilion probe et racé.


2007 (m) 16/20

Mûr, dense, fumé, ce millésime réussit là où d’autres ont échoué. On est plus dans un registre de finesse et de suavité, comparé à ces prédécesseurs dont il n’a pas la puissance ni la gourmandise. Mais c’est décidément très bon.


2009 (m) 17/20

Dans un millésime exemplaire, ce vin en est l’interprétation parfaite. Encore dans les limbes, il affiche déjà une grande race de caractère, de la chair, et une belle finale enlevée, très fraîche.


2010 (m) 17,5-18/20

Encore un cran au-dessus du 2009 ! Large, frais, envoûtant, avec des notes de fruits noirs parfai-tement mûrs, de graphite et de menthol, ce vin fait partie des grands, assurément. Enorme poten-tiel.


Château La Rose-Figeac 2005, élégant


 

Château La Rose-Figeac 2005

Repris en main par Nathalie Despagne pour le millésime 2013 qui s’annonce tout en élégance, la-rose-figeac est le seul figeac de Pomerol. Le 2005 un peu sur la réserve mérite un carafage de trois heures pour qu’il exprime ses accents de truffe et dévoile son grain de soyeux très spécifique du secteur. Le 1985 offre un fondu très stylé et le 1973 est surprenant de fraîcheur et de fruit avec une texture veloutée de nature à rassurer toutes les personnes nées cette année là.
A 85 euros le magnum
ACHETER


Détenu par la famille Despagne, ce domaine comprend 5.2 hectares. Les vignes sont âgées de 60 ans environs et sont composées à 90 % de merlot, 5 % de cabernet franc et 5 % de cabernet sauvignon. Le Château La Rose-Figeac est situé au-delà du fossé qui forme la frontière avec Saint-Emilion.

rose-figeac