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Champagne Première (1/3)

Une sélection so chic des coffrets champagnes de l’année.
Ce qui reste une parfaite idée de cadeau quand on en manque (d’idées).

Le dandysme en héritage

Charles-Camille Heidsieck, fondateur de Charles Heidsieck, était un esprit pétillant et innovant. Ce coffret lui rend hommage. Voilà le brut réserve dans le nouveau flacon « crayère » aux tons monochromes. Coffret Charles Heidsieck, 65 euros.

So british

Veuve Clicquot innove avec un bouchon en forme de poignée de parapluie. Vous le fixez sur la bouteille, vous ajoutez la housse isotherme et vous voilà parti la bouteille au bras et non plus sous le bras. Le bouchon s’adapte à tous les cols de bouteilles. Suit me by Veuve Clicquot, 50 euros.

Not only for 007

Dans le dernier James Bond, Skyfall, l’agent aussi raffiné que secret est une fois de plus fidèle à Bollinger. Pour fêter ça, voici un coffret à la forme du silencieux du Walther PPK. Il fonctionne avec un code (007, tiens). Bollinger Grande Année 2002. Edition limitée, coffret 002 for 007, 150 euros.

Philanthrope

Paul-François Vranken, propriétaire, propose sa collection personnelle de vieux millésimes : 1947, 49, 55, 59, 69, 76, 83, 89, 90…
Choisissez l’année et recevez ce flacon dans un coffre laqué noir. Les Millésimes d’Or de Vranken, sur commande, à partir de 1000 euros.

Carafe révélatrice

Passer un grand champagne en carafe permet d’ouvrir plus intensément les arômes. Ce coffret contient le blanc de blancs Henriot, une sphère rafraîchissoir en bois laqué et une carafe développée spécialement. Edition limitée et numérotée, prix sur demande.

Champagne Première 2/3 ici
Champagne Première 3/3 ici

Plongée exceptionnelle dans les caves de La Tour d’Argent





Demain et après-demain, Christie’s organise une vente sans précédent de cognacs historiques issus des caves
de La Tour d’Argent et de feu le Café Anglais, détruit en 1913. Le propriétaire du premier établissement, André Terrail, ayant épousé la fille du propriétaire du second, Augusta Burdel, tous les vins ont pu être transférés dans les caves de la Tour d’Argent. Aujourd’hui, 400 000 bouteilles y sont stockées, sur deux niveaux, et gardées jour et nuit, on le comprend. L’amateur (ou le rêveur) trouvera ici l’impressionnant catalogue répertoriant les 180 lots proposés
aux enchères. Si les cognacs anciens du légendaire restaurant parisien avec vue sur la Seine en sont les stars
(la bouteille de Grande Fine Champagne Clos du Griffier de 1788 estimée entre 3 et 4 000 livres est l’une des plus vieilles jamais mises aux enchères), cette vente historique fera également la part belle à de vieux armagnacs, rhums, calvados, marcs, portos et whiskies ainsi qu’au vin, avec de très rares bouteilles issues de deux collections privées. Du côté de chez Christie’s, où l’on attend les collectionneurs férus du XIXe siècle, Noah May raconte que
« s’aventurer dans l’immense et prestigieuse cave de La Tour d’Argent donne l’impression d’être un archéologue, certaines bouteilles parmi ces rangées et ces rangées disposées du sol au plafond, à perte de vue, étant couchées là depuis un siècle. » Le propriétaire de La Tour d’Argent, prénommé André (Terrail), comme son grand-père,
se dit quant à lui très fier de la qualité et de la diversité des vins et spiritueux qu’il propose à ses clients (pas moins de 14 000 à la carte). En revanche, il estime qu’on lui commande bien trop rarement ces très anciens spiritueux et
c’est pour permettre à leurs amateurs dans le monde entier d’en profiter qu’il a décidé de les proposer aux enchères, une première dans l’histoire de La Tour d’Argent. Parmi les trésors les plus désirables sortis de cet oubli, deux jéroboams de cognac Grande Fine Champagne “La Tour d’Argent” de 1805, des bouteilles en verre soufflé d’un format extrêmement rare, estimées entre 10 et 15 000 livres chacun. Parmi les plus abordables, un lot de six bouteilles de calvados Camut de 1929 estimé entre 1200 et 1500 livres et un Bas Armagnac “La Tour d’Argent”
de 1875 estimé entre 6 et 800 livres. Vous avez dit Noël ?

Le château Bernadotte change de mains

Le logo ci-dessus est celui du groupe hongkongais King Power auquel Louis Roederer vient de céder Château Bernadotte, acquis en 2007 en même temps que Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande. Si elle ouvre une nouvelle page d’histoire, cette reprise devrait permettre la poursuite des efforts entrepris ces cinq dernières années par la Maison de Champagne dans ce vignoble d’une quarantaine d’hectares qui produit environ 200 000 bouteilles par an (AOC Haut-Médoc). Le premier vin du château bénéficie du statut de cru bourgeois. Créé et basé
à Hong-Kong, le groupe King Power a développé une expertise dans six principaux secteurs d’activité à travers le monde : alimentation & boissons, immobilier & leasing, loisirs & santé, développement de marques & de services de distribution spécialisée, industrie manufacturière et sports. Déjà très présent en France, où il possède le groupe Agatha, King Power y exploite un réseau de distribution reposant sur un vaste portefeuille de marques, dont un certain nombre dans le secteur du luxe (Hennessy, Rémy Martin, Martell, Courvoisier, Camus, Dom Pérignon, Château Lafite-Rothschild, Château Mouton-Rothschild, Cartier, IWC, La Perla, Godiva). L’acquisition de Château Bernadotte s’inscrit dans sa stratégie globale d’expansion et son réseau de vente au détail en duty-free est considéré comme un atout majeur pour soutenir davantage les vins du domaine sur le marché international.



Deux vins, un style (médocain)


Certains disent du millésime 2009 qu’il surpasse le 2005 par son exubérance, sa douceur, sa folie, pendant que d’autres le comparent à 1982. Jean-Michel Lapalu estime simplement que toutes les conditions climatiques étaient réunies pour assister à la naissance d’un grand millésime. Soleil généreux, températures élevées, mais jamais caniculaires, et nuits fraîches. L’ensoleillement a été largement supérieur à la moyenne trentenaire et le déficit pluviométrique comparable à la magnifique année 1982. La floraison très homogène de juin et la sécheresse nécessaire de juillet ont permis à la végétation de se mettre en veille et au fruit de s’épanouir, une transition harmonieuse essentielle à la qualité du millésime. Les vignes des Domaines Lapalu sont plantées de deux cépages qui se complètent : le cabernet-sauvignon, timide, boudeur, tardif et le merlot, enjoué, exubérant, précoce, festif. Voici la version 2009 de leur assemblage, deux vins aux couleurs profondes, marqué par des tanins puissants mais souples et des degrés naturels aux alentours de 13° avec de belles acidités, garantes d’une bonne conservation. Très ouvert, le Château Liversan est prêt pour une consommation immédiate (prix public, 17 €). Le Château Patache d’Aux (19 €) exprimera tout son potentiel après quelques années de garde.



Robert Parker et après

Drôlement, l’annonce du retrait de Robert Parker provoque beaucoup de réactions chez ceux qui l’ont vilipendé le plus. Ils se perdent en conjectures.

Rappel des faits
Le célèbre critique américain se retire et vend son Wine Advocate à un groupe d’investisseurs singapouriens. La responsabilité éditoriale revient à une Australienne. L’objectif est de concentrer ce Wine Advocate nouvelle manière vers les marchés asiatiques. Parker continuera à déguster les bordeaux et les rhônes. Pour les détails et la déclaration de Parker, voir le blog de François Mauss. Parmi les réactions lues ici et là, ce qui arrive en tête est la délicate question de la succession.

Qui va remplacer Parker ?
Michel Bettane a une réponse, qu’il m’a confiée hier soir avant de partir dans le Piémont, puis en Bourgogne pour un cycle de dégustations. Que dit-il ? « Robert Parker est irremplaçable. Plus jamais, un critique aura seul une telle influence. Tout ce qui a fait Parker ne se reproduira plus. La génération montante n’aura pas la même audience. Il y aura des spécialistes par pays, peut-être des collectifs, mais ils ne seront pas assez forts pour être mondiaux comme l’a été Parker. On jugera la nouvelle équipe à sa volonté de conserver les fondamentaux de Parker, ce qui est, à mes yeux, mission impossible. »
Un avis qui contredit ceux qui, comme Vincent Pousson, par ailleurs excellent, pensent que les candidats se bousculent au portillon de la succession. Même si, à la marge, tel ou tel se tortille pour se faire valoir, personne ne remplacera Parker parce que personne ne souhaite vraiment voir l’émergence d’un nouveau Parker.
Observons ce qu’il se passe pendant la Semaine des primeurs à Bordeaux lire la suite…

Ils ne sont pas en bio, ils disent pourquoi

Une nouvelle fois réunis, la directrice technique des propriétés médocaines de CA Grands Crus et les directeurs de Rollan de By, Fieuzal, Marquis de Terme et La Pointe nous disent pourquoi, en dépit du goût du jour, les vignobles dont ils ont la charge ne sont pas conduits en agriculture biologique.

Toute la filière attend du bio, le caviste, le distributeur, l’importateur, et vous êtes toujours en conventionnel. Comment osez-vous ?
Anne Le Naour : Voilà bien notre époque, nous sommes diabolisés (rires). Il importe, à mon sens, d’être prêt pour cette conversion. On ne mène pas un vignoble en bio sans un personnel qui y croit. Une sensibilité des équipes techniques est indispensable. On ne passe pas en bio parce que c’est dans l’air.

Le bio n’est possible que sur une propriété menée par son propriétaire ?
A.L.N : Non. Mais dans les propriétés dont j’ai la charge, tout le monde n’est pas forcément convaincu de l’intérêt du bio. Ce qui ne nous empêche pas de faire des essais sur 19 hectares. En tant que directrice technique, je ne peux pas faire ce choix seule. Il y a un risque. Sur les millésimes…

Points de vue sur le bio


On lira ici l’avis de directeurs de vignobles qui ne conduisent pas en bio les domaines dont ils ont la charge.
Et on lira dans le quatrième numéro de la newsletter «Vins & Spiritueux» publiée par l’Ecole de management
de Bordeaux (BEM – KEDGE Business School), l’article consacré aux «Paradoxes apparents des vins bios»
(en téléchargement ) ainsi que celui évoquant les circuits de distribution de ces mêmes vins (issu du mémoire de Recherche appliquée MVS 2010–2011, Coralie Rames–Briois, sous la direction du professeur Tatiana Bouzdine-Chameeva). D’un côté le terrain, de l’autre l’enseignement, avec de part et d’autre un même souci de réalité.

Les cinq vins pour retrouver la fraîcheurde vos vingt ans

Avec la montée en degrés alcooliques des vins, on se prend à regretter l’époque où l’indice d’alcool contenu dans les vins se promenaient tranquilement entre 11 et 12,5°. Pourtant certains vignobles parviennent à contenir cette montée en puissance. Parmi lesquels, la Loire qui s’en est presque fait une spécialité. La fraîcheur des rouges de Loire, c’est maintenant. Et c’est ici.

Château de Brézé
saumur, Clos du Tue Loup 2010.
15,5/20
On peut légitimement crier au loup avec ce tanin gourmand, salin et crayeux ; c’est une belle réussite.
Apogée : 2012 à 2022.
Prix : 12€

Ampelidae
Vin de Pays de la Vienne K 2010
15,5/20
Accents de cerise noire et d’épices, la bouche offre un tanin juteux et épicé avec déjà une vraie gourmandise.
Apogée : 2012 à 2019
Prix : 17€

Domaine de Mirebeau
vin de pays du Val de Loire, Coteau Kanté 2009
14/20
Vin toujours gourmand, on croque dans les fruits rouges et le tanin se fait juteux.
Apogée : 2012 à 2014
Prix : 18€

Domaine des Roches Neuves
saumur-champigny, Marginale 2010
16,5/20
Tanin raffiné, avec de l’énergie et une fraîcheur de fruits délicieuse, c’est déjà très bon, à condition de carafer le vin une heure avant le service.
Apogée : 2012 à 2022
Prix : 25€

Domaine Yannick Amirault
bourgueil, La Peite Cave 2010
17/20
Bien que l’échantillon ne soit pas parfait, on ne peut qu’être impressionné par la complexité des saveurs avec un nez de fruits noirs et des tanins enrobés, vraiment onctueux.
Apogée : 2012 à 2024
Prix : 20€

Après le Bristol, la Tour d'Argent





Le pâté en croûte est une affaire sérieuse. La finale 2012 du championnat du monde qui lui est consacré
s’est tenue à la maison M.Chapoutier et le jury* a récompensé cette année Yohan Lastre, second de cuisine à
La Tour d’Argent. Il succède à Eric Desbordes, champion 2011. David Guillermain du restaurant 33 Cité, à Lyon,
et Stéphane Herrenberger de l’Hôtel du Palais de Biarritz l’accompagnent sur ce podium gastronome, en deuxième et troisième position. En vidéo, Régis Marcon et Mathieu Viannay, cinq étoiles à eux deux, nous racontent leur amour des bonnes choses du genre pâté-croûte. Ici, les vainqueurs 2011 et 2012 nous disent pourquoi il a toute
sa place sur les grandes tables.

* Les chefs Régis Marcon, Emmanuel Renaut, Guillaume Gomez, Christian Têtedoie, Mathieu Viannay, Eric Desbordes et Christian Née, le directeur général du Restaurant Paul Bocuse, Vincent Le Roux, le pâtissier Sébastien Bouillet, le charcutier Gilles Giroud, le journaliste Emmanuel Giraud, les créateurs du concours Gilles Demange et Arnaud Bernollinet et les vignerons Michel Chapoutier et Gérard Chave.

Qu’est-ce qu’on fait ce week-end ?






On lit.

A l’heure où la mondialisation fati la part belle à des produits aussi déracinés que possible, « le champagne déroge et résiste ». C’est sur cette base que le livre des deux historiens Serge et Claudine Wolikow* – elle est spécialiste du XVIIIe siècle, il est l’auteur de nombreux ouvrages autour de l’histoire de l’Internationale Communiste et ils ont organisé ensemble deux colloques et une exposition itinérante très courue sur l’histoire du vin de Champagne – 
raconte le champagne. Pas sa légende dorée ou revisitée pour faire pétiller les yeux des consommateurs, mais son histoire, avec un H, dans tout qu’elle a d’inattendu et d’édifiant, comme ces révoltes du début du XXe siècle qui sont à l’origine de l’organisation exemplaire de la Champagne, où le succès du vin profite à tous et pas seulement à quelques-uns. Trois siècles de la vie d’un terroir à la stricte délimitation, de ses négociants, de ses viticulteurs et de ses raisins. Trois siècles de l’évolution (et des révolutions) d’un vin autrefois réservé à l’aristocratie devenu le symbole universel de la célébration. 256 pages, 
38 €, Les Editions de l’Atelier.

On apprend.

L’année dernière, en septembre, deux nouvelles dénominations géographiques ont été reconnues par l’INAO dans l’AOC touraine, venant récompenser le travail de définition de leurs terroirs effectué depuis de longues années par les vignerons. Les vins produits selon ces nouveaux cahiers des charges viennent d’arriver sur le marché, le moment est donc venu de découvrir ce qu’est un touraine-oisly et un touraine-chenonceaux. Le premier est un vin blanc issu à 100% de sauvignon blanc produit sur un territoire discret et assez méconnu du Val de Loire, néanmoins porteur d’une véritable tradition viticole et berceau historique du cépage sauvignon, le village de Oisly. Le second existe en blanc (sauvignon) comme en rouge (côt et cabernet franc) et provient d’une aire d’appellation qui englobe, outre le célèbre château de Chenonceau, vingt-sept communes situées sur les coteaux des deux rives du Cher.

On fait du shopping.

Enfin, elle est ouverte, la nouvelle cave de La Grande Epicerie (du Bon Marché). Le chef des lieux, responsable d’une sélection accomplie dans tous les terroirs de France auprès des nouveaux talents de la viticulture comme des confirmés, s’appelle Hugues Forget. Fruits de son patient ouvrage sur le vieillissement de vins acquis en primeur, 200 000 bouteilles sommeillent dans les réserves qui seront présentées au sommet de leur maturité. Ces 550 m2 dédiés au vin (2000 références + 1000 alcools et champagnes) sont situés au niveau -1, à côté du nouvel espace mode hommes, pour réunir, nous dit-on, tous les éléments de « l’art de vivre au masculin ». On ne commentera pas, on se contentera simplement d’encourager les tenantes de « l’art de vivre au féminin » à aller visiter dès ce week-end ce bel endroit (photo ci-dessous) et à squatter ses tables de dégustation, qui sont au nombre de six. Trois pour l’exploration des terroirs de France, une réservée aux grands formats (que la Cave collectionne depuis des années), une autre pour les champagnes, et la dernière située dans le caveau où reposent 375 vins prestigieux ou rares dans des conditions hygrométriques irréprochables. Enfin, Hugues Forget et son équipe de sommeliers délivrent depuis plusieurs années des conseils autour des accords mets et vins que ce nouveau lieu concrétise avec un restaurant de cinquante couverts tenu par Jean-Jacques Massé, meilleur ouvrier de France.