Accueil Blog Page 578

LES VENDANGES 2012EN FRANCE (1/2)


Michel Bettane a parcouru la France pendant les vendanges, comme chaque année. De ce tour, il est revenu avec quelques convictions. Que peut-on attendre de ce nouveau millésime ?
Les réponses, région par région, ci-dessous.

 

Un peu partout en France les vendanges 2012 ont été rendues difficiles en raison de mauvaises conditions climatiques de mars à juillet, et d’un temps instable après le 20 septembre, pendant une grande partie du ramassage des raisins. Mais, après un tri sévère de la récolte rendu possible par les progrès de la technique,
les maturités et l’état sanitaire des raisins sont excellents avec, dans beaucoup de cas, des vins très sérieusement constitués grâce à une toute petite récolte (souvent la moitié d’une récolte normale) et capables d’un long vieillissement. La crise économique mondiale empêchera les prix d’augmenter en proportion de la faible récolte
et la situation financière de beaucoup de vignerons  va se dégrader, avec de nombreuses faillites et cessations d’exploitation probables. Les régions les plus favorisées ont été la Champagne, Bordeaux (les merlots sur la rive droite), et la vallée du Rhône (sud). Ailleurs, les cépages les plus précoces récoltés en septembre ont mieux réussi que les cépages tardifs récoltés du 15 au 25 octobre, mais partout le talent du vigneron et sa capacité à sélectionner les meilleurs raisins feront la différence.

ALSACE

Les vendanges ont commencé vers le 10 septembre pour les raisins destinés aux crémants et se sont terminées vers le 15 octobre pour les vendanges tardives. Les meilleurs vins classiques ont été récoltés entre de nombreuses pluies entre le 5 et le 10 octobre pour le riesling et le gewurztraminer, une semaine avant pour les pinots gris.
La qualité a été sauvée par un mois d’août très chaud et sec après un printemps froid et une lutte constante des vignerons contre les différentes maladies du raisin. Les vins sont concentrés et aromatiques, mais il ne faut pas compter sur un développement favorable de la pourriture noble et donc sur de grandes sélections de grains nobles. Les sols les plus précoces et les plus drainants, comme les granits, devraient donner les meilleurs vins.

VALLE DE LA LOIRE

Comme partout en France les dates de vendanges ont été très étalées, en raison d’une très longue et inégale floraison, et le vigneron a du lutter tout le printemps et le début de l’été pour protéger le raisin des maladies.
Les vignerons bio ont le plus souffert, perdant une partie de la récolte mais les meilleurs d’entre eux ont récolté d’excellents raisins. Les raisins blancs, plus précoces ont le mieux profité de 4 très belles semaines du 15 août au 15 septembre. La région du Muscadet a vendangé une moitié de récolte entre le 18 et le 23 septembre et rentré un des vins les plus complets des dix dernières années. Les sauvignons de Sancerre et de Pouilly-sur-Loire ont suivi, Pouilly vendangeant en général un peu avant Sancerre, avec de beaux raisins bien parfumés même ceux rentrés sous la grisaille et de petites pluies vers le 10 octobre.  Les cabernets de Chinon et Bourgueil ont bien tenu les pluies d’octobre, mais il fallait quand même bien trier le raisin, spécialement ceux rentrés après le 20  octobre.
Les vins naissent très tanniques, denses, sérieux, moins aimables qu’il ne la faudrait pour une consommation précoce. Les chenins blancs ont le plus souffert mais il devrait y avoir de bons secs et demi-secs, et peu de moelleux.

VALLE DU RHONE

Grand triomphatrice du millésime la vallée du Rhône a partout produit des vins remarquables, du nord au sud, avec encore plus de tempérament dans la région de Châteauneuf du Pape. On craignait beaucoup vers le 15 août le blocage des maturités par la sécheresse car il n’était pas tombé une goutte de pluie depuis vingt semaines.
Un miracle a fait tomber 40 mm d’eau le 29 août dans le Vaucluse, débloquant immédiatement les maturités.
Il fallait donc vite rentrer les blancs et les syrahs pour éviter que les degrés ne déséquilibrent les vins mais les grenaches, très en retard ont pris leur temps et les vignerons les ont tranquillement ramassés du 20 septembre au 10 octobre selon les expositions. La récolte est hélas toute petite, souvent inférieure à 20hl/ha, mais les vins remarquables d’une tenue et d’une classe qui me rappellent 1978. Les syrahs du nord ont bénéficié d’un été un peu moins chaud mais assez sec avec une petite préférence pour Côte-Rôtie un peu plus précoce, les hermitages et les cornas ne devenant grands qu’après le 2 octobre, rendant justice aux vignerons les plus courageux et qui ont su attendre.

LANGUEDOC, ROUSSILLON, PROVENCE, CORSE

Une toute petite récolte inférieure de 50 % à la normale mais partout une qualité très intéressante, marquée par une très longue période de sécheresse et un été très venteux rendant la vie du vigneron assez facile par rapport à ses autres collègues de France. La seule difficulté sera comme souvent celle des degrés alcooliques, très élevés sur les cépages rouges, et la forte teneur en tannin des raisins qui demandait beaucoup d’habileté pendant la cuvaison pour éviter d’extraire des tannins trop violents. Les grands vainqueurs seront les vins doux naturels, particulièrement ceux de grenache à Maury et Banyuls qui devraient rivaliser avec les plus grands portos. Je ne manquerai pas d’en acheter une petite collection pour ma cave.

Les vendanges 2012 en France (2/2)

Encore un Chinois

Le monde du vin va t-il à nouveau s’agiter en apprenant l’acquisition d’un grand cru classé de Saint-Emilion (Bellefont-Belcier) par un riche industriel chinois ? Comme pour la Bourgogne cet été ? La rumeur courait depuis quelques semaines et le montant de la transaction reste confidentiel pour le moment. Si ce n’est pas une première dans le Bordelais, voir ici, « c’est l’acquisition la plus prestigieuse en termes de notoriété et de prix en France », indique Frank Lagorce, l’intermédiaire mandaté pour cette vente, dans cet article-.

Nouvelles de châteaux

Chamirey : un nouveau caveau.

On vous l’avait dit déjà, la famille Devillard a ouvert il y a peu un nouvel espace de dégustation et de vente au cœur de son beau domaine de Chamirey, édifié au XVIIe siècle. Dédié à la Côte Chalonnaise, moins connue que la Côte d’Or, on y trouvera les vins des cinq domaines qu’elle exploite (Château de Chamirey, Domaine des Perdrix, Domaine de la Ferté, Domaine de la Garenne et Domaine du Cellier aux Moines). C’est Caterina Brault, sommelière parlant quatre langues, qui est chargée de l’accueil des visiteurs, du mardi au samedi, de 10h à 19h. L’endroit (voir photo ci-dessus) peut aussi accueillir séminaires et formations tout au long de l’année, c’est une première dans la région. Enfin, l’ouverture d’une table d’hôtes est prévue pour le printemps prochain.

Cos d’Estournel : un nouveau directeur.

Tout récemment nommé directeur général de Cos d’Estournel, une fonction qu’il prendra en février 2013, Aymeric de Gironde est diplômé du Groupe ESC Bordeaux. Il a acquis ses quinze ans d’expérience dans le monde des vins et spiritueux d’abord au sein du Groupe LVMH (Hennessy et Krug), puis chez AXA Millésimes dont il assurait la direction commerciale et marketing depuis 2006.

Rollan De By : un nouveau château.

Devenu propriétaire des châteaux Haut Condissas, en 1995, Tour Seran, en 2000, et La Clare en 2001,
Jean Guyon vient d’agrandir encore la famille des domaines Rolland de By, une des plus grandes propriétés viticoles du Médoc, avec l’acquisiton de Greysac. Ces soixantes hectares de graves argilo-calcaires sont plantés de merlot (50%), cabernet-sauvignon (45%), cabernet franc (3%) et petit verdot (2%). Âge moyen des vignes, 20 ans. Vendanges manuelles. Elevage de 12 mois en barriques (neuves à 25 %).

Prix Edmond de Rothschild 2012






Deux jeunes sommeliers, Mathieu Camillieri et Hugues Picot, sortis vainqueurs dʼun concours de dégustation et de connaissance des vins organisé par lʼAssociation des sommeliers de Paris en juin 2012, viennent de recevoir des mains de Nadine de Rothschild une bourse dʼétudes et de voyages dans le vignoble français et européen. Ce prix perpétue la mémoire du Baron – banquier, mécène, et rénovateur du Château Clarke – Edmond de Rothschild, disparu en novembre 1997. C’est Jean-Luc Jamrozik, président de lʼAssociation des sommeliers de Paris, qui veillera à la bonne utilisation de ces deux bourses dont l’objectif est d’améliorer le savoir, la pratique et lʼexpérience œnologique des lauréats, tous deux stagiaires dans la restauration, le premier à Londres et le second à Paris.

Grand Tasting 2012 : J-1


Ce vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre, nous vous donnons rendez-vous au Carrousel du Louvre, à Paris, pour la 7e édition du Grand Tasting.

Ce salon important vous permettra de découvrir les vins les plus mythiques, mais également les cuvées de jeunes vignerons talentueux. Cette année encore, plus de 350 producteurs français et étrangers seront présents, dont une superbe sélection de vins Italiens, sans oublier les plus grands vignobles de nos régions.
Pour vous garantir une expérience de dégustation unique, chaque vin présenté est agréé par les experts Michel Bettane et Thierry Desseauve avant d’être accepté au Grand tasting.

Le Grand Tasting propose également un programme complet de Master-Classes et ateliers gourmets (à découvrir ici). Ces séances, d’une heure environ, sont une excellente façon de rencontrer les vignerons, les chefs de caves, les maîtres de chais.

Pour celles et ceux d’entre vous qui souhaitent participer aux Master-Classes, il ne reste plus qu’une journée pour vous inscrire. Les inscriptions se terminent mercredi midi. Rendez-vous ici pour vous inscrire et imprimer vos réservations.

La machine à vendanger a gagné

Ni vous, ni moi ne lisons les projets de loi de finances émis par les gouvernements de la France. Cher vous, j’ai le regret de vous annoncer que nous avons tort. Et qu’est-ce que nous avons raté comme petite scélératesse ?
Dans le projet de loi de finances pour 2013, le gouvernement Ayrault (non, ne riez pas) a décidé de supprimer une grande partie des allègements de charges patronales applicables pour les travailleurs occasionnels de l’agriculture.
En clair, ça va devenir encore plus cher d’engager des saisonniers pour la taille ou des vendangeurs ou tous ces petits métiers d’appoint, métiers manuels qui garantissent un certain niveau de qualité à la vigne, un peu plus de vie dans les campagnes.
Là, normalement, les machines à vendanger gagnent par KO debout avec les félicitations de l’arbitre.

Mais que va-t-il dire, ce Ayrault-là, à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter, voire même de louer, les machines infernales ? À ceux dont les vignobles…

Les grands bordeaux pas (trop) chers

Comme ça marche très bien et que c’est un excellent moyen de faire comprendre aux amateurs pourquoi les grands bordeaux sont grands, l’opération Cartes sur table remet le couvert. Le principe est que toute la filière, du négociant au restaurateur, fait un bel effort sur ses marges et, bref, le vin arrive sur votre table (de resto) à un prix juste décent, presque abordable, mais pas bon marché. Oui, ami ricaneur, anonyme et un peu troll sur les bords, c’est aussi un excellent moyen de faire…

Louis Jaboulet, mort d’un grand vigneron

Il a tourné le siècle fin juin et il s’est éteint cette semaine, Louis Jaboulet avait cent ans. Ce grand homme de Tain-L’Hermitage avait repris l’affaire famiilale, Paul Jaboulet Aîné, des mains de son père en 1940, démobilisé alors de son régiment de chasseurs alpins.
Il enchaînera les grands millésimes dont le très fameux 1961 de son la-chapelle, sorte de vin du siècle, mythe absolu…

Vent de folie sur le Grand Tasting

 

Vendredi et samedi, ne m’invitez pas à dîner, j’ai Grand Tasting. Le plus grand événement Vin de France et de Navarre, c’est là, folie de n’y être pas. Cette année, 350 domaines, châteaux, maisons, présenteront en moyenne cinq vins chacun, soit environ 1750 vins à déguster. Plus tous ceux des MasterClass. À ceux qui goûteront tout, je dis bravo. Comme toujours, les choses se passent au Carrousel du Louvre, au centre de Paris. Au cœur, même.

Il y aura les stars et les découvertes. Il y aura à boire pour tous les goûts et pour tout le monde.
Le fin du fin, ce sont les MasterClass. Une verticale de Masseto, la cuvée extrême d’Ornellaia, il fallait être au Davos du vin pour y goûter. Ou au Grand Tasting, cette année. Quinze ans de Haut-Bailly…

Les coulisses du vin


Question 1. Comment peut-on fêter le beaujolais nouveau, le troisième jeudi de novembre, à Paris aussi bien qu’à New-York ? Réponse. C’est Haropa qui s’y colle. Vous voilà bien avancés, me direz-vous. Tout va s’éclairer quand je vous aurais dit que ce mot étrange – formé avec les mots Havre, Rouen et Paris, qui veut aussi dire « Harbours of Paris » – est celui du premier port mondial pour l’exportation de vins et spiritueux (55 entrepôts de stockage des vins et alcools, 2,6 millions de m2 d’espaces de stockage et de transit, conteneurs spécifiques, facilités administratives
et douanières, le tout sous certification ISO 28 000 de l’autorité portuaire havraise). Le directeur commercial du port
du Havre, Hervé Cornède, indique que « l’opération beaujolais nouveau impose à tous les acteurs de la chaîne une logistique sophistiquée dans laquelle Haropa constitue un maillon fort. ». Ce que confirme Philippe Georges, le directeur général pour la France de Giorgio Gori, transporteur-logisticien qui a obtenu pour la quatrième année consécutive l’exclusivité du marché des vins Georges Duboeuf. « Le temps de transit très court, la qualité et la fiabilité des prestations logistiques et portuaires, ainsi que les partenariats que nous entretenons avec de nombreux armateurs présents justifient notre fidélité. » Dès le 17 octobre, 1,75 millions de bouteilles ont été acheminées depuis les entrepôts Georges Duboeuf à Romanèche-Thorins (Saône et Loire) jusqu’au port du Havre, 80 % par rail (ce sont les « wine shuttles ») et 20% par la route. Le 29 octobre, entreposées dans pas moins de 125 conteneurs, elles ont rejoint New-York où les opérations de déchargement se sont achevées le 8 novembre. « En cette période d’activité maritime déjà tendue en raison des fêtes de Thanksgiving et de Noël, nous nous félicitons d’avoir rempli une nouvelle fois notre obligation de résultat. » D’autant que le défi a été particulièrement difficile à relever en raison de la décidément très capricieuse météo de 2012. Vendanges très tardives en France, certes, mais aussi ouragan Sandy aux Etats-Unis.

Question 2. Quel bois pour quel vin ? Réponse ce jeudi 29 à Bordeaux, lors de la conférence sur le thème de l’élevage sous bois que tiendront conjointement les tonneliers de France (Fédération Française de la Tonnellerie) et l’Institut Français de la vigne et du vin au salon Vinitech-Sifel 2012 dans le cadre du colloque Mondiaviti. La filière bois, le vin au contact du bois, la composition et la qualité des bois de chêne et leurs conséquence sur la qualité des vins, la sécurité sanitaire, l’hygiène des barriques ou encore le bilan-carbone de la filière sont au menu de cet événement. A l’issue des différentes interventions, qui dureront toute la matinée, la Fédération Française de la Tonnellerie procédera au tirage au sort du gagnant du quizz sur la tonnellerie qu’elle a proposé à ses adhérents. Le vainqueur se verra remettre un fût composé de douelles et pièces de fonds fournies par chacune des tonnelleries adhérentes. Un objet unique, donc, frappé du logo des Tonneliers de France, fait pour élever une très belle cuvée.

Question 3. Comment fait-on quand même de la publicité pour le vin dans un pays qui ne l’autorise pas ?
Réponse .