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« Les dix vins de ma vie »

On est toujours le résultat de multiples influences, jamais une génération spontanée. Voilà les dix vins qui ont marqué ma vie, formé mon goût. Comme souvent, ces dix sont douze

Le saint-joseph de Chave
Il y a une grosse dizaine d’années, la lumière m’est apparue à la faveur d’un sublime saint-joseph de Jean-Louis Chave. J’avais compris (un peu mieux) l’appellation et la syrah. Bien sûr, il y a son hermitage, un sommet introuvable, hors de prix. Alors, oui, ce saint-jo. Pour longtemps.

Le champagne Blanc des Millénaires 1995 de Charles Heidsieck
Je suis tombé dedans aux premiers jours de mon irruption dans le mondovino grâce aux bons offices d’Alexandra Rendall, aujourd’hui…

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Vinexpo x Bettane+Desseauve, une nouvelle alliance

Depuis 1981, les salons Vinexpo rythment le grand air du business du mondovino. Bisannuel et bordelais jusqu’en 2019, désormais annuel et parisien sous le nom de Wine Paris & Vinexpo. Depuis longtemps également, les salons Vinexpo se sont internationalisés, en Asie comme aux états-Unis. Réservés aux seuls professionnels, ils donnent le la du marché du vin et permettent à tous ses acteurs de renforcer ou d’installer leur présence dans les secteurs géographiques stratégiques de la filière. Tous ces salons et rencontres professionnelles sont développés par Vinexposium, structure créée en commun par la chambre de commerce de Bordeaux, actionnaire historique de Vinexpo, et Comexposium, l’un des leaders mondiaux des salons professionnels, 100 % français lui aussi.

Lors de l’ouverture du salon Wine Paris & Vinexpo, le 13 février dernier, Rodolphe Lameyse et Thierry Desseauve, patrons respectifs de Vinexposium et de Bettane+Desseauve, ont annoncé la création d’une alliance pour promouvoir le rayonnement international des vins et spiritueux en organisant simultanément leurs événements Vinexpo et Le Grand Tasting à travers le monde. À partir du mois de mai 2023, les éditions de Vinexpo et du Grand Tasting auront lieu de manière concomitante à Singapour, Séoul, Tokyo et New York. À cette occasion, Le Grand Tasting se tiendra la veille de Vinexpo afin de permettre aux producteurs de développer leur activité sur les marchés clés au niveau mondial « Nous sommes ravis de collaborer avec Bettane+Desseauve, cette nouvelle synergie va élargir la portée de nos évènements pour aider nos clients à réussir sur les marchés internationaux grâce à une offre sur mesure », détaille Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexposium. « Il est indispensable que la filière vins et spiritueux maintienne des relations fortes avec les consommateurs pour s’adapter aux défis que représente la baisse de la consommation et rester compétitif sur un marché en mutation permanente. »
L’idée de cette alliance repose sur un constat simple : partout dans le monde, ce sont des professionnels qui animent et développent le marché du vin et des spiritueux, mais ce sont des consommateurs qui le font vivre en célébrant les meilleurs vins chez eux ou restaurant, entre amis et avec leurs connaissances professionnelles. Connaître ces consommateurs, leur raconter, leur expliquer les secrets des vignobles ou leur donner envie de découvrir les meilleurs vins, c’est précisément notre métier depuis la création de notre entreprise, et même avant ! Aussi, associer ces deux savoir-faire, français de surcroît, sous toutes les latitudes où Vinexpo ou Bettane+Desseauve ont posé leurs bagages et leurs bonnes bouteilles, a un sacré sens. « Faire rencontrer les meilleurs vins et ceux qui les font avec les consommateurs est notre mission depuis 2004. Associer sur la scène internationale notre expertise et nos événements au savoir-faire et à l’exigence de Vinexposium est un projet porteur de sens », explique Thierry Desseauve, président de Bettane+Desseauve. « Ensemble, en nous appuyant sur notre compréhension du secteur des vins et spiritueux, nous continuerons d’aider les professionnels à nouer des relations fortes et durables avec les consommateurs. »
Ce partenariat débutera par une série d’événements, inaugurée à Singapour dès le mois de mai 2023, puis à Séoul en octobre, à Tokyo en novembre et à New York en mars 2024.

Raimonds Tomsons, un Letton en béton, est meilleur sommelier du monde

La finale du concours du meilleur sommelier du monde s’est achevée dimanche soir, couronnant le Letton RaimondsTomsons. La fin d’une compétition hors norme et l’aboutissement de parcours humains extraordinaires

Le pronostic est un jeu à risques. Si on se doutait vendredi qu’un outsider viendrait troubler le trio promis à la finale, on n’a pas trouvé le bon. Raimonds Tomsons et Nina Jensen, troisième et deuxième du précédent concours étaient bien au rendez-vous. Toute la France attendait Pascaline Lepeltier. Elle a hérité de la position la plus inconfortable, la quatrième, au pied du podium. On attendait aussi le japonais Wataru Iwata. Il n’est pas passé loin, il termine cinquième. Les volubiles Mark Guillaudeu et Francesco Marzola nous avaient diverti avec leurs personnalités extraverties. Ça n’a pas suffi, ils sont quinzième et seizième.

Le self made man à la chinoise

Le trublion du jour c’est Reeze Choi, le candidat chinois de Hong Kong. Olivier Poussier a dit de lui qu’il avait fait une excellente demi-finale. Il a été moins convainquant en finale. Sans démériter, avec un déficit d’expérience face à ses deux concurrents européens. Pourtant à l’aise, il a même fait rire les 4 000 spectateurs en disant qu’un vin manifestement faux sur une carte venait sans doute de son pays. Ce qu’il faut retenir, c’est son histoire incroyable. Celle d’un garçon issu d’une famille pauvre, qui a arrêté l’école à seize ans, fait tous les métiers du monde avant de trouver sa place à 21 ans dans un bon restaurant italien. Comme serveur. C’est pour mieux gagner sa vie que son manageur lui a conseillé la sommellerie. Il s’est pris au jeu, a multiplié les expériences. Le voilà troisième au concours de meilleur sommelier du monde, à 35 ans. Incroyable.

Le duel qui venait du froid

Tout s’est joué entre la Danoise et le Letton. Nina Jensen est une encyclopédie du vin. Elle semble avoir réponse à tout. Elle s’est précipitée dans les cinq questions finales où les trois candidats devaient deviner des domaines avec des images. Plus ils répondaient vite, plus ils prenaient de points. S’ils se trompaient, ils n’en prenaient aucun. Elle a été trop vite, n’a pas identifié la cuvée Sir Winston Churchill de Pol Roger et Case Basse de Soldera (Toscane). Le grand Letton Raimonds Tomsons, notre favori depuis vendredi, l’a surclassée dans l’aisance, semblant être chez lui. La scène, arrangée en restaurants, où les candidats devaient servir plusieurs tables, enchaînant les épreuves, ressemblait au restaurant où Raimonds œuvre depuis toujours. Il n’a pas plus identifié que les autres que le soi-disant petit vin fruité et prêt à boire était en fait « pété » d’acidité volatile. À l’aise avec les convives, ses juges, il a donné ce sentiment magique de ne faire aucun effort. Comme les deux petrus dégustés à l’aveugle et d’une classe évidente pour les trois candidats, Raimonds Tomsons a fait preuve d’une classe évidente aux yeux de tous.

Sa troisième tentative

Il finit enfin premier, parfaitement à sa place. Avec un naturel désarmant, il a dit en conférence de presse qu’il était impatient de retrouver sa femme, ses enfants, ses amis. Lui aussi a fait un sacré parcours depuis Roja, son petit village côtier sur la mer Baltique. Plus qu’à la remise d’un titre prestigieux, c’est à la conclusion d’une belle histoire à laquelle nous venons d’assister. Celle d’un petit gars de Lettonie qui s’est dit un jour qu’il pouvait devenir meilleur sommelier du monde. Il l’est devenu.

Romanée-Conti, Petrus, Mouton-Rothschild, la vente exceptionnelle du Crédit Municipal de Paris

Le 15 février, cette vente aux enchères réunit trois grandes étiquettes du vignoble français. Le rendez-vous met à l’honneur les glorieux millésimes 2000 et 1982

Trois producteurs, 21 lots. Les caisses en vente, toutes quasiment encore scellées, proviennent d’une belle cave. Les vins du domaine de la Romanée-Conti tiennent le premier rôle avec 15 lots. « C’est rare de pouvoir proposer des caisses de six bouteilles. Là, on a six caisses du millésime 2000. Neuf bouteilles seront proposées à l’unité. Il y a aussi un lot de trois bouteilles de la-tâche » explique Nicolas Chwat, directeur ventes-expertise-conservation du Crédit Municipal de Paris. « La vente est complétée par un petrus 1982 en impériale dans un état incroyable, dont le niveau et l’état de la capsule sont impeccables. En plus, il y a aussi un mouton-rothschild 2000 en quatre impériales et un jéroboam » détaille Aymeric de Clouet, expert en vins près la cour d’appel de Paris. 2000 est la première année où Mouton-Rothschild abandonne exceptionnellement son étiquette habituelle pour faire une bouteille sérigraphiée, où l’on retrouve son bélier, symbole de la propriété. Pour le domaine de la Romanée-Conti, la décennie 1990 propose de nombreux millésimes remarquables et marque une progression permanente du domaine. Pour Petrus, 1982 est un millésime de référence, comme 1947 et 1961.

Stockage optimal
Le Crédit Municipal de Paris met à disposition un salon et un service de livraison des bouteilles à domicile. « Nous possédons une cave sécurisée qui offre des conditions optimales pour assurer une bonne conservation et un vieillissement des bouteilles » précise Nicolas Chwat. Le service de stockage n’est pas uniquement lié au prêt sur gage. Il concerne aussi les personnes qui viennent entreposer leurs vins, sur rendez-vous, pour profiter des conditions idéales du lieu. Température et hygrométrie sont contrôlées 24 heures sur 24 grâce à une sonde.
Aymeric de Clouet assure qu’il « contrôle l’état de la bouteille, le niveau, l’étiquette et la capsule. Si une bouteille est très évoluée, c’est à cause d’une cave assez chaude. Lorsque le niveau commence à baisser, c’est probablement dû à une cave sèche. Si au contraire, nous avons des étiquettes piquées partout, mangées par les lérots, nous savons que c’est une cave de campagne ». Dans le cas de cette vente, « nous avons beaucoup de chance ». L’impériale de petrus 1982 est dans un état fantastique. Les rares flétrissures sur l’étiquette montrent que la cave était sans doute un peu humide, sans excès. Le niveau montre qu’elle a été conservée dans des conditions parfaites.

Participer à la vente
Cette vente est ouverte aux amateurs et aux professionnels. Les frais acheteurs sont de 14,40 %. Pour y participer, vous pouvez venir au Crédit Municipal de Paris le jour de la vente, enchérir par téléphone ou sur le site interencheres.com. Le prix de départ des lots varie de 6 600 euros à 40 000 euros.

Prêt sur gage, c’est quoi ?
C’est l’obtention un prêt immédiat contre le dépôt d’un bien qui fait l’objet d’une estimation. « Nous accordons un prêt entre 50 et 66 % de la valeur de l’objet déposé. Il est régi par un contrat d’un an reconductible et peut être interrompu sans aucune pénalité. Les frais sur ce type de prêt se situent autour de 4,90 % tout compris. L’expertise gage premium concerne des prêts sur gage dont les objets ont une valeur d’au moins 40 000 euros et qui vont nécessiter une expertise et une authentification particulière. On fera alors appel à des experts comme Aymeric de Clouet. Enfin, c’est aussi une activité de conservation et de stockage pour des œuvres d’art et du vin » affirme Nicolas Chwat. Cette activité de prêt sur gage pour des grands crus ou de conservation de vin est une activité qui existe depuis longtemps. Le service gère aussi des biens de valeur comme des objets d’art.

Meilleur sommelier du monde : « L’essentiel, c’est d’être calme et détendu »

Le letton Raimonds Tomsons est un sérieux concurrent au titre de meilleur sommelier du monde à Paris. Physiquement athlétique, ce professionnel de haut-niveau est aussi passionné que perfectionniste. Il dirige le cercle Barents Wine Collectors à Riga

Comment se sont passé les demi-finales ?
Je me sens bien. Mais pas « très bien ». Je me sentais mieux en Belgique (NDLR, lors du précédent concours à Anvers où il a fini troisième). Je ne pense pas avoir fait de grosses erreurs. La dégustation des vins s’est bien passée. Le plus dur a été la dégustation à l’aveugle des boissons non-alcoolisées et le menu végétarien à inventer avec. Ça m’a sorti de ma zone de confort. Sur l’épreuve de service, j’ai quasiment fini dans les temps. On verra bien. La qualification dépend aussi du résultat des autres.

Le métier de sommelier est un mélange de savoir et d’instinct. Vous êtes d’accord ?
Le savoir, c’est la base. Mais l’essentiel, dans le cadre de cette compétition, c’est d’être calme et détendu. Ça permet de bien utiliser ses connaissances et de laisser sa personnalité s’exprimer. Si on est trop nerveux, on ne peut pas se concentrer. Aujourd’hui, j’étais calme. Bien sûr, quand Andreas Larsson (NDLR, un des jurés), dit en souriant que les trois vins rouges qu’on goûte à l’aveugle sont les mêmes, c’est déstabilisant. J’ai dit que les trois venaient de Bordeaux. D’autres ont dit que c’était des syrahs, deux que c’étaient des cabernet-sauvignon de Californie. On verra bien.

Vous êtes toujours calme et méthodique.
Je veux simplement cocher toutes les cases dans le cadre de l’exercice qu’on me soumet. Chaque détail compte dans l’analyse du vin ou de la boisson. Je suis curieux de découvrir le vin effervescent qu’on nous a fait goûter à l’aveugle.

Être européen est-il un avantage, dans la mesure où vous avez facilement accès aux principaux pays producteurs de vin ?
D’une certaine façon, oui. Mais aujourd’hui vous trouvez quasiment tous les vins en Asie. C’est peut-être moins vrai en Amérique Latine. Après, l’argentine Valeria Gamper, meilleur sommelier des Amériques, est basée en Espagne, dans un très bon restaurant. Je viens d’un pays qui ne produit pas de vin. Le fait est que je m’intéresse à tous les vins, sans discrimination.

Pourquoi êtes-vous devenu sommelier ?
Je suis né dans un petit village sur les bords de la mer Baltique, à Roja. On buvait surtout de la bière et des spiritueux. Quand je suis parti à Riga, la capitale de la Lettonie, pour aller au lycée, j’ai suivi un programme de service. Après la première année, j’ai fait un stage dans un excellent restaurant avec un chef exceptionnel (NDLR, le restaurants Vincents, tenu à l’époque par Martins Ritins). Je me suis passionné pour la gastronomie et le vin en particulier. J’ai beaucoup voyagé avec le chef, on a fait des grands restaurants européens. Ma passion est née comme ça. Je suis resté vingt ans dans ce restaurant.

Devenir meilleur sommelier du monde, ça représente quoi pour vous ?
Je suis perfectionniste. Si je fais quelque chose, je veux être le meilleur. Après avoir concouru à Mendoza, puis en Belgique, après avoir gagné le titre de meilleur sommelier européen en 2017, il me reste cet objectif évident. Si je n’y arrive pas, ça n’est pas la fin du monde. Regardez les autres. Il y a un groupe magnifique d’excellents professionnels. La préparation à ce concours a pris plus d’un an. Même si je ne deviens pas le meilleur sommelier du monde, je serais de toute façon un meilleur sommelier que celui que j’étais avant d’avoir entrepris cette quête. C’est ça qui compte.

Les 17 mercenaires (de la sommellerie internationale)

Le concours ASI de meilleur sommelier du monde a lieu à Paris. Des 68 candidats du départ, 17 sont encore en piste pour grimper sur le toit du monde. Qui survivra aux demi-finales ?

Ambiance électrique à l’immense hôtel Pullman Montparnasse. Le stress est palpable dans les couloirs. Les demi-finales, qui départagent les 17 derniers candidats, sont sur le point de débuter. Trois épreuves à enchaîner dans trois salles. La première salle est celle de dégustation du vin. La deuxième concerne les cocktails et les boissons « non-alcooliques » qu’il faut identifier et proposer avec un menu végétarien. La troisième est celle du service, avec un invité japonais prestigieux et un convive qui veut une bière plutôt que du champagne.

Nous voilà dans la première salle, intimiste, où nous restons pour voir défiler les 17 candidats. Quatre exercices de dégustation de vin les attendent ici. Trois verres de vin rouge arrivent. À l’aveugle, ils doivent en déterminer les similitudes en deux minutes. Puis on leur révèle… que ce sont les trois mêmes vins. Seuls les contenants d’élevage en bois sont d’origine différente. Oui, mais d’où ? Une minute. Puis vient un vin effervescent, anonyme évidemment, qu’il faut décrire pendant quatre minutes. C’est long. Dernière épreuve, cinq boissons, des alcools, qu’ils doivent identifier. Le troisième donne du fil à retordre à tout le monde. On n’en sait pas plus que les candidats qui défilent. Ils sont tous bons, bien sûr. Mais plus ou moins. Certains sont pénalisés par un anglais pas limpide. Et quand le stress s’en mêle, ça donne parfois une logorrhée incompréhensible.

Que la meilleure gagne ?
Dans ceux qui se détachent, on distingue deux styles de candidats. Les hyper-scolaires. Hyper-bons, hyper-pros, n’hésitant jamais, mais manquant parfois de naturel. Face à eux, les intuitifs. Éventuellement moins péremptoires dans leurs connaissances, mais plus généreux, plus spontanés. À ce jeu-là, l’américain Mark Guillaudeu a marqué le plus de points. Il est le seul qui a arraché des sourires au jury composé d’Olivier Poussier, Andreas Larsson et Heidi Mäkinen, tout en restant performant. Très bonne prestation également du japonais Wataru Iwata. Avec cette méticulosité japonaise, cette précision, mais aussi beaucoup d’aisance, alors qu’il est passé en dernier, au bout d’une longue attente. Citons enfin Pascaline Lepeltier qui, avant d’être française, est brillante. Alliance de confiance en soi et de délicatesse, elle a été très bonne dans cette épreuve de dégustation. Moins dans les cocktails disait le buzz des couloirs. La danoise Nina Højgaard Jensen, une des favorites, nous a semblé moins à l’aise, sans doute déconcertée par cette histoire de « On vous a bien eu, c’était le même vin, trouvez l’origine des bois ». Le candidat de la Norvège, Francesco Marzola, sicilien de naissance, a été très bon sur la dégustation des rouges. Il les a identifiés de la même origine sans cligner des yeux, mais a été plus hésitant dans l’analyse de l’effervescent. Ce qui est difficile, c’est d’être bon en tout. Concluons avec le letton Raimonds Tomsons qui semble avoir tout pour lui. Grand, visage émacié, il vous regarde de ses yeux bleus perçants avec calme et assurance. Il lui manque peut-être une petite touche de naturel. Mais on prend les paris : il sera un des finalistes de dimanche et affrontera deux de ceux qu’on vous a cités. Tout se jouera en trois quarts d’heure pour chacun. Que le meilleur gagne.

La finale est retransmise en direct sur la chaîne Youtube de l’Association Sommelier Internationale dimanche à partir de 14 heures.

 

 

Le Meilleur sommelier du monde, au cœur du concours

Le quai d’Orsay a accueilli ce mardi la cérémonie d’ouverture du concours du Meilleur sommelier du monde (du 7 au 12 février). 68 candidats venus de 65 pays s’affronteront durant cinq jours. Un seul candidat sera élu meilleur sommelier du monde ce dimanche. Pascaline Lepeltier y défend fièrement les couleurs de la France.

« Le voyage a été long pour arriver ici, mais tous les derniers détails sont maintenant en place. Nous serons fiers de mettre en valeur les concurrents, leurs compétences et leurs connaissances, mais aussi Paris, la France et ses délices gastronomiques », a déclaré Philippe Faure-Brac, président de l’Union de la sommellerie française et organisateur de l’événement. Les demi-finalistes seront dévoilés ce soir à l’Hôtel de ville de Paris.

William Wouters, président de l’Association de la Sommellerie Internationale, précise que « nous n’avons jamais eu un concours aussi diversifié et mondial que celui-ci. Avec la qualité des sommeliers aux quatre coins de la planète, la seule chose à laquelle nous pouvons nous attendre, en termes de candidats aux demi-finales et à la finale, est l’inattendu. Ce concours pourrait être remporté par n’importe lequel des 68 concurrents ».

…………

Nous avions annoncé ici l’ouverture de la billetterie pour assister à la finale du concours du Meilleur sommelier du monde.
Vous pouvez acheter vos places ici pour assister à la grande finale.
Lire ici l’interview Véronique Dausse, directrice du château Phélan Ségur à Bordeaux, partenaire du concours.

Saint-Valentin 2023, la playlist idéale

Notre sélection de flacons et coffrets à découvrir ou à redécouvrir à deux.
Ils feront un cadeau, accompagneront un moment,
une rencontre, un repas ou une soirée mémorable

I just called to say Castelnau

Ce coffret de la maison Castelnau est composé d’une bouteille de brut rosé et de deux flûtes. Un assemblage de 30 % de chardonnay, 20 % de pinot noir et 50 % de meunier. Le meunier et le pinot noir sont issus de vieilles vignes. Vinifiés en rouge, ils apportent de la gourmandise, de l’équilibre et de l’élégance. La bouche est svelte et acidulée. La finale aux notes de pamplemousse rose.

52,82 euros
boutique.champagne-castelnau.fr

Still loving BB

Bleu Brut est accompagné de deux flûtes. Un joli champagne composé majoritairement de pinot meunier (45 %) et dans lequel 30 % de vins de réserve proviennent d’une solera initiée en 2004. Le bord de mer n’est pas loin, côte normande ou côte d’Azur.

Besserat de Bellefon, BB Line 1 bouteille + 2 flûtes, 55 euros le coffret
boutique.besserat

Love me Pannier

Signé par la maison Pannier, ce rosé de saignée brut se démarque par sa couleur orange soutenue obtenue grâce aux pinots de la montagne de Reims (présents à 80 %) complétés par un peu de chardonnay de la côte des Blancs qui fixe le rouge fruité et le blanc floral avec beaucoup de distinction et d’élan. Zestes de pomelos, jolie tension et finale homogène.

Pannier, Égérie, 108,80 euros
champagnepannier.com

I will always love Gosset

Petite maison située à Épernay dans l’univers des géants de la Champagne, Gosset peut s’appuyer une équipe technique talentueuse, dirigé avec brio par son chef de cave Odilon de Varine. Adjointe de longue date, Gabrielle Malagu le rejoint désormais dans la fonction. Ce rosé fixe le saillant des chardonnays et la structure fruitée des pinots noirs. Les légères senteurs de truffe noire et de réglisse l’orientent sans aucun doute vers la belle gastronomie.

Gosset, Grand Rosé brut, 64 euros
boutique.champagne-gosset.com

Dessine-moi un cœur

Avec ce millésime 2012, le château Phélan-Ségur réinterprète le monogramme historique de la propriété, inspiré par ses origines irlandaises. Ce coffret est réalisé avec un papier composé de 80 % de fibres recyclées et décoré pour l’occasion avec des cœurs rappelant le symbole de la maison. Ce 2012 a un nez expressif et charmeur. En bouche, le vin est souple, gras, séducteur, le boisé est discret avec une belle longueur sur la fraîcheur. Un saint-estèphe modèle.

Château Phélan-Ségur, saint-estèphe 2012, 45 euros le coffret
boutique.phelansegur.com

L’amour est un bouquet de roses

Gérard Bertrand ne fait pas les choses à moitié. Côte des Roses s’amuse avec son design particulier à réiventer le bouquet de fleurs. Avec fond de verre, en forme de rose, la bouteille trouvera aussi naturellement sa place au milieu d’un bouquet. L’attention est charmante, le vin aussi.

Gérard Bertrand, Côte des Roses, 8,90 euros
cote-des-roses.vin

Hymne à l’amour

Le chardonnay est la signature de la maison Laurent-Perrier. Issu des meilleurs coteaux de la Montagne de Reims et de la côte des Blancs, il compose à 100 % ce blanc de blancs. Minéralité et fraîcheur sont au rendez-vous grâce à une maîtrise parfaite de la vinification et un sens certain du style. Taillé pour la gastronomie.

Laurent-Perrier, Brut nature, 96,95 euros
plus-de-bulles.com

Jazz à Cognac

Ce XO est intensément aromatique, floral et fruité, peu boisé. Le procédé de distillation sur lies donne aux cognacs de l’ensemble de la gamme Camus une intensité décuplée. Le XO est celui qui représente le mieux la signature de la maison. Il est proposé dans cette belle carafe.

Camus, XO, 320 euros
camus.fr

Cattier in love

La maison Cattier propose ce coffret élégant, composé d’une bouteille de brut premier cru accompagnée de deux flûtes. Ce champagne est composé de 60 % de meunier de la Montagne de Reims, 20 % de pinot noir et 20 % de chardonnay. Avec 40 % de vins de réserve et un vieillissement en cave de plus de quatre ans, cette cuvée accompagnera à merveille ce moment unique.

Champagne Cattier, brut premier cru, 58,50 euros
boutique.cattier.com

Histoire d’un amour

Un blanc de blancs d’une maison historique. Nez harmonieux, fines touches fumées, citronnées, d’acacia et de beurre frais. La bouche est onctueuse et dotée d’une densité crémeuse, le fruité est mûr et la finale portée sur les amers. Mémorable.

Abelé, Blanc de blancs, 45 euros
lafinebulle.fr

La grande symphonie

Depuis plus d’un siècle, quatre générations dans un fort esprit de famille ont dessiné l’âme de cette maison encrée dans le paysage champenois. Ce comtes-de-champagne rosé est élaboré à partir de grands pinots noirs, de grands vins rouges issus de Bouzy et d’Ambonnay. Cette cuvée se réjouit du temps avec une impressionnante élévation. Immense vin, aujourd’hui et pour longtemps.

Taittinger, Comtes de Champagne Rosé 2009, 270 euros
plus-de-bulles.com

Vodka parade

Élaborée avec des raisins français, cette vodka célèbre le voyage, la passion et la douceur des fruits exotiques. Produite en édition limitée, elle s’apprécie à deux, avec des glaçons ou en cocktail. Une soirée placée sous le signe des tropiques. C’est chaud.

Cîroc Vodka, Passion, 37 euros
amazon.fr

Madame rêve

Année de Madame rosé 2009 est un joli champagne à la bouche ample et puissante sur la cerise confite. La capsule est recouverte de strass Swarovski. Ça brille, c’est beau, ça fera son effet.

Pierre Mignon, Année de Madame Rosé 2010, 93 euros
eshop.boutiquepierremignon.com

Une nouvelle grande famille du vin

Un chef d’entreprise normand qui aime le vin s’associe avec des sommeliers en vue pour créer Famiwine, une application aux multiples promesses. Savoir où trouver le vin qu’on aime et réunir producteurs, diffuseurs et consommateurs dans une communauté

À l’origine était Sylvain François. 51 ans, aîné de son frère Thomas, issu d’une famille d’éleveurs-propriétaires de chevaux de course. D’ailleurs, la passion ne l’a pas lâché. Le dernier crack de l’écurie du Closet c’est Horsy Dream, étalon de 14 ans, réceptacle de tous leurs rêves.
L’homme est entreprenant. Il a aussi réussi en important des vêtements de sécurité en Europe. Normand, bon vivant, son grand-père l’a initié aux plaisirs de la table et du bon vin. Devenu copain avec Samuel Ingelaere, ancien sommelier de Marc Veyrat, ils ont commencé par lancer une maison de négoce et un club pour amateurs de bonnes bouteilles. Leur dernier bébé, c’est Famiwine, une application pour smartphones dont la promesse est d’aider les amateurs à trouver les bons vins. Comprendre : « savoir lesquels sont bons ». Et concrètement, quels restaurants ou cavistes les distribuent. Une info qui manque souvent. Pour rendre ça ludique, ils ont conçu l’appli comme une sorte de réseau social. Chacun se crée un profil, partage ses bons plans et coups de cœur, se met en relation avec d’autres utilisateurs avec lequel il crée une communauté d’affinités.

800 domaines viticoles sélectionnés
Pas question de répertorier tous les vins et tous les établissements de France. Pour sélectionner les domaines dignes de faire partie de la grande Famiwine, François et Ingelaere se sont associés avec deux pointures de la sommellerie, Olivier Poussier et Benjamin Roffet. Il y a pour le moment 800 domaines viticoles sélectionnés. Au-delà de la promesse initiale, l’idée est de créer une sorte de triangle relationnel entre les producteurs de vin, les restaurants et professionnels qui les vendent et les grands amateurs qui les boivent. Tout le monde ayant a priori intérêt à être connecté aux uns et aux autres. Si une partie de l’appli est gratuite, il faut payer pour profiter de la totalité des fonctionnalités. Cinq euros pour l’amateur, 20 euros HT pour le professionnel. La collecte de données permettra ensuite à Famiwine de cibler finement qui boit quoi, qui vend quoi et où. Reste, dans l’immédiat, à fédérer une communauté suffisamment nombreuse d’amateurs de vins qui, à défaut de fréquenter un club privé de dégustation, veulent avoir accès aux bons vins et à ceux qui les aiment. Juste en sortant leur smartphone.

Taittinger sacre Thibaud IV, son comte de Champagne

Dans la magie de ses crayères de la colline Saint Nicaise, Taittinger a l’habitude de recevoir ses visiteurs. Fermées pour travaux (jusqu’en septembre 2024), c’est aujourd’hui la demeure des comtes de Champagne qui ouvre ses portes. Derrière, mini-pièce de théâtre et dégustation d’un nouveau genre autour de Thibaud IV, son personnage emblématique

L’homme est à l’origine de l’histoire de la maison. Thibaud IV (1201-1253) est roi de Navarre. Il est aussi conquérant et troubadour, d’où son surnom de « Chansonnier ». Secrètement épris de sa tante Blanche de Castille, mère du futur Saint-Louis, il invente l’idée de l’amour courtois. Parti en croisade en 1239, il aurait ramené d’Orient deux trésors encore inconnus du monde chrétien : la rose de Damas et le plant d’un nouveau cépage, un ancêtre du chardonnay.

Pour faire découvrir ce personnage de légende, Taittinger a construit sa nouvelle offre œnotouristique. Le cadre : une bâtisse du XIIIe siècle où les comtes de Champagne donnaient des fêtes. L’expérience est accompagnée par des guides professionnels. Elle propose une immersion dans l’atmosphère des banquets médiévaux à travers quatre épisodes de la vie de Thibaud IV. Le tout sans images, avec la seule force du récit sonore et de la musique signés par des talents rémois (Armelle Lesniak, la narratrice, Yuksek, compositeur de musique, l’historien Patrick Demouy, etc.). « Nous avons volontairement souhaité ne pas faire appel à la projection, ni imposer de décor » souligne Armelle Lesniak. « Pour que chacun se laisse guider par son imaginaire, à partir de la vibration des voix des personnages et des ambiances sonores proposées par cette mini pièce de théâtre intérieure ».

De grands champagnes à nos oreilles
Autour de la table, pendant 45 minutes, on se laisse emporter par les discussions cocasses ou profondes des convives du Comte et de la Comtesse. Avec eux l’Archevêque, Dame Isabeau, Dame Pétronille, Marguerite de Bourbon, Enguerrand, le jeune chevalier, Blanche de Castille et le Sénéchal de Joinville, incarnés par les voix des différents comédiens.

Le vin de Champagne est aussi au cœur de l’expérience. Deux cuvées phares : le brut-réserve, aérien, élégant et équilibré, parfaite incarnation du style de la maison. Et comtes-de-champagne 2012, blanc de blancs de légende comme le personnage dont il porte le nom, composé de chardonnays des cinq villages de la Côte des blancs (Avize, Chouilly, Cramant, Mesnil-sur-Oger et Oger). Grande expérience.

« A la table de Thibaud IV, Comte de Champagne »
Billetterie en ligne : https://book-a-visit.taittinger.fr/