On continue, comme on l’a fait ici et , la tournée des vignobles à l’heure de la récolte. Toujours avec Vignobles & Signatures et toujours avec des textes fournis par les propriétaires des domaines. Du direct, quoi.


GRAVES
« Sur les 200 hectares des vignobles Lesgourgues, nos vendangeurs et vendangeuses vont s’offrir une balade du Bordelais aux Pyrénées. Aujourd’hui aux châteaux Haut Selve et Le Bonnat dans les Graves, ils iront ensuite dans le Gers, à Madiran, au Château Peyros, pour finir en Bas-Armagnac au Château de Laubade. Avant de les mettre au travail, Arnaud et Denis Lesgourgues, les héritiers de cette saga familiale initiée par leur grand-père en Gascogne, leur offriront peut-être de déguster “la part des Anges” de leur Armagnac, la seule à avoir été élevée au titre de World Class Distillery. Pour l’instant, en AOP Graves, à l’aube des vendanges, le vignoble est très sain. Les sols de graves, très filtrants ont bien amorti la pluviométrie importante. Le cycle végétatif a été retardé et les vendanges des blancs (sauvignon blanc et gris) ont commencé le 14 septembre, ce qui n’est pas dans les habitudes de la maison (en 2011, année précoce, nous avions vendangé dès le 23 août). Nous prévoyons de vendanger les rouges fin septembre. Globalement, en termes de volume, nous nous attendons à une récolte plutôt basse dans son ensemble, voire faible pour les sauvignons blancs aux grappes et grains plus petits qu’à l’accoutumée. La dégustation des premiers sauvignons blancs est prometteuse. Les écarts de maturité qui existaient fin juillet d’un pied à l’autre ont été compensés par un excellent climat sec et ensoleillé, installé depuis la fin juillet. Les raisins présentent un très bel équilibre entre maturité et acidité. SI l’amateur veut venir s’en rendre compte par lui-même, le Château Haut Selve sera ravi de l’accueilli les 20 et 21 octobre, en présence de trois producteurs de foie gras, miel et fromage de brebis Ossau-Iraty dans le cadre des Journées portes ouvertes des Graves. »


BEAUJOLAIS
« Au lieu-dit “Les Dépôts”, à quelques kilomètres de Beaujeu, capitale historique du Beaujolais, la famille Tête est au service du vin depuis le début du XIXe siècle. Étape autrefois importante lors de l’acheminement des vins vers Paris, “Les Dépôts” ont gardé leurs magnifiques caves voûtées. Aujourd’hui, Jean Tête et sa fille Justine assurent la continuité et restent fidèles à cet adage qui veut que rien ne puisse se créer sans s’appuyer sur son passé, son vécu et ses racines. La famille est propriétaire de 20 hectares de vignobles à Lantignié (Château des Alouettes) et à Quincié (Domaine des Jumelles) pour les Beaujolais Villages, et à Régnié, Brouilly et Moulin-à-Vent pour les crus.
En Beaujolais, le nature a souffert d’avril à juillet et le végétal a eu un processus de maturation plus lent. Pour autant, les vendanges démarrent à une date « moyenne » pour la région. Septembre et son temps magnifique, venté et sec, va permettre de cueillir des raisins de bel équilibre avec de la fraîcheur et du fruit. La vendange sera manuelle bien évidemment le Beaujolais étant une des rares région, avec la Champagne, où les récoltes continuent à se faire presque exclusivement à la main. »


CHAMPAGNE
« Chez Drappier, chaque parcelle s’exprime à sa façon et “choisit” quand va commencer sa propre vendange. C’est cette liberté entretenue sur les 55 hectares du vignoble qui permet des assemblages expressifs. Les aléas climatiques de 2012 ont façonné ici une année très Champenoise… Une météo variée, souvent subtile, et parfois extrême, qui devrait engendrer un superbe millésime pour le pinot Noir, cépage roi de ce domaine familial. Faibles rendements et contrastes de température jour-nuit vont favoriser des arômes complexes et harmonieux de fruits des bois et de gelée de coing, signe distinctif de nos champagnes. L’orage de grêle du 7 juin, le plus violent qu’ait connu le domaine en deux siècles, a détruit, entre autres, la récolte destinée à la Cuvée Quattuor. En revanche, les parcelles de la Grande Sendrée, probablement placées sous la protection de Saint-Bernard de Clairvaux, ont été miraculeusement épargnées. Nous espérons donc bien élaborer une Grande Sendrée 2012, mais il faudra attendre 2019 pour la déguster. Humilité, travail et patience… »


SAINT-EMILION + POMEROL
« Joseph Janoueix, à l’origine négociant comme l’était son grand-père, a très vite compris l’intérêt de posséder ses propres vignes. Résultat, trois générations de Janoueix sont maintenant propriétaires de trois châteaux à Saint-Emilion et trois autres à Pomerol et l’on trouve leurs vins jusque dans les caves de l’Elysée. D’après Stéphane Toutoundji, leur œnologue-conseil, 2012 est un millésime fait de patience. La vigne a pris son temps, et il va falloir aussi prendre son temps pour vendanger et trier. Comme partout, le vignoble a eu froid, mais au final le potentiel est là et le millésime s’annonce plutôt qualitatif et intéressant. Les vendangeurs sont là, les vendangeuses sont plus belles que jamais et Jean-François Janoueix se demande déjà combien de mariages seront issus de ce millésime. Il faut dire qu’il les encourage : il a installé, in situ, une boîte de nuit appelée le Glouglou ! »


BOURGOGNE

« Chez Antonin Guyon, les vins – corton, pernand-vergelesse, beaune, volnay, meursault, et puligny-montrachet) sont vinifiés dans une cuverie hyper moderne avant de vieillir tranquillement au sein des magnifiques caves du XVIIIe siècle. Ici, les vendangeurs reviennent peut-être pour la visite… La Bourgogne, c’est la Bourgogne ! Les vendanges 2012 ont commencé le 21 septembre avec un certain retard par rapport à la moyenne de la décennie, la faute à un printemps pourri et à une floraison longue et tardive. C’est cette étape importante du cycle de la vigne qui détermine la date des vendanges. Il faut compter environ 100 jours après la fleur pour que le raisin soit mûr. Cette année, nous avons commencé par la Côte de Beaune et nous poursuivrons avec la Côte de Nuits. Nos vignes de Volnay Clos des Chênes et de Meursault Charmes ont subi la grêle et nous avons perdu une grande partie de la récolte. Si la récolte sera l’une des plus faible depuis 10 ans, le beau temps d’août et septembre permet d’envisager un millésime de grande qualité. Le beau temps qui s’annonce pendant toute la durée des vendanges nous rend très optimistes, les vendangeurs vont couper de magnifiques raisins bien mûrs ».

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