Damien Leclerc est le directeur général d’une des plus célèbres coopératives françaises, La Chablisienne. Il revient en quelques mots sur les forces de la coopération et sa position dans le paysage viticole.

Faut-il vraiment une coopérative dans une appellation aussi prestigieuse que Chablis ?
Prestigieuse, certainement. Chablis est un mot qui a fait le tour du monde, mais une immense majorité du vin produit chez nous est commercialisé par les maisons de vins quelles que soient les formes juridiques, négoces, groupes ou coopérative. Seuls 20 à 25 % du chablis est mis en bouteilles puis en marché par des vignerons indépendants. Ceci n’a rien d’exceptionnel, il se pass
e la même chose en Champagne.

Qu’est-ce qui pousse les vignerons vers la coopération ?
Il se trouve que la coopération assure des solutions pérennes à des producteurs qui n’ont pas forcément envie de faire du commerce. Tous ne sont pas toujours capables d’assumer tous les métiers du vin. Et il y a un lien historique. La Chablisienne existe depuis 90 ans, créée en 1923 pour commercialiser ensemble, pas pour produire ensemble. Chaque vigneron est libre de ses choix, il est le maître chez lui. Ces vignerons ont fait le choix de la liberté durable.

Joli…
C’est la réalité et ce n’est pas une posture poétique. La coopération, c’est l’intelligence des hommes au-delà des colorations politiques. Nous sommes des démocrates, nous croyons aux forces sociales dans un esprit pragmatique et efficace. Il est indispensable de proposer aux vignerons une pertinence économique.

Parlons-en. Quelle est la part de l’export à La Chablisienne ?
L’export représente 60 % du chiffre d’affaire à destination de 75 pays. La production totale est portée par 30 cuvées distinctes, du petit-chablis nommé Pas si petit au grand cru château-grenouilles.

Donc, La Chablisienne marche bien ?
Oui. Une des raisons tient au fait que le centre de décision est au milieu du territoire de l’appellation. Pas à Paris, à Beaune ou ailleurs. C’est donc notre intérêt et celui des vignerons associés de préserver cette identité au fil du temps. « Coopération » et « durable » sont deux mots qui disent la même chose. À titre d’exemple, je suis le quatrième directeur en 90 ans…

Nicolas de Rouyn

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