Bon je sais, c’est un grand vin, cher, vieux et de toute façon à cause des dernières grêles il y en aura presque plus en millésime jeune sur le marché. En plus le domaine n’est pas inconnu. Et pour finir il a vieilli plus de vingt ans dans une cave à froideur constante (11°) et haute humidité, bref l’idéal. Mais de temps en temps ce type de vin rappelle
1- Que jusqu’à preuve du contraire nulle part au monde un blanc ne peut atteindre une telle beauté de parfum et de saveur.
2- Que les grands terroirs exigent pour montrer vraiment ce qu’ils ont dans le ventre un vieillissement suffisant, que presque plus personne n’est prêt à leur accorder même si tous veulent en parler et donner un jugement définitif dès le berceau.
3- Que la définition idéale de leur style n’a pas changé depuis au moins un siècle et demi !

 

Domaine des comtes Lafon

On ne sait qu’admirer le plus dans les arômes délicats mais si affirmés qui évoluent entre le miel de le plus fin, type fleur de châtaignier, le levain de boulangerie le plus aérien, la toute petite touche de caramel au lait (qui n’apparait qu’au- dessus de 14° de température, idéale pour tout d’ailleurs). Rien ici ne laisse supposer qu’à un moment ou à un autre il y a eu réduction artificielle provoquée par des mercaptans soufrés, type noisette super grillée, ou des notes de pomme rappelant une belle manzanilla, ou encore moins le cuir, l’animal ou la pomme blette de cidre rustique comme on en trouve dans certains chardonnays « nature ». D’ailleurs je n’ai jamais connu ce vin vraiment ingrat à déguster. Ces qualités se retrouvent en bouche avec une tenue parfaite sur au moins deux heures, avec une texture et une fin de bouche semblables –peut-être même un peu plus fines- que celle d’un beau Montrachet ou Chevalier Montrachet. L’ensemble est miraculeux sur des saint-jacques à la truffe blanche . Bref une certaine idée de la perfection. Et on se dit qu’il faudrait une échelle de notation spécial pour faire comprendre au public le fossé qui sépare ce vin de l’excellence normale que nous notons souvent seulement deux ou trois points en dessous. J’aurais tant aimé que quelques jeunes vignerons idéalistes du secteur aient pu partager ce flacon pour leur donner une vision juste de leur devoir pour l’avenir

 

19,5/20

Environ 500 euros la bouteille
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Dominique Lafon est au sommet de son art et il porte le domaine familial de Meursault à un niveau qualitatif exceptionnel. Travail biodynamique, vinifications millimétrées ont permis de gagner en pureté sur toutes les cuvées. Depuis 2011, il est présent dans tous les premiers crus murisaltiens, avec en cave des bouchères et des poruzots dignes de ce nom. Dans la continuité de 2010 et 2011, 2012 constitue un des sommets de la Bourgogne. Les superlatifs manquent, tellement ce domaine apporte une juste vibration à l’instant présent.

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1 COMMENTAIRE

  1. La Bourgogne terre de rêves et avec la plume de Michel terre de tous les fantasmes. Je n’ai jamais eu l’occasion de déguster un tel flacon mais c’est finalement pour cela que les vins de Bourgogne (rouge et blanc) cristallise mes plus belles émotions gustatives. Derrière le plaisir chaloupé, un certaine idée de la viticulture, des terroirs et du rapport à la nature, à notre terre.
    Maximilien

  2. Michel sait quelles transformations ce prestigieux Domaine a subit.
    Mr Lafon père (René Lafon) ingénieur ayant sauvé le Domaine de la vente ! avait la chance inouïe de pouvoir expérimenter sans avoir à rendre compte. Quel rêve !
    Ainsi, passionné par les blancs, il élevait sur lies pendant 3 années, ne filtrait pas,et vendait à ceux qui voulaient bien acheter. Critiqué par tous les autres, car il ne faisait pas comme les autres, il ne s’en souciait guère. Il avait aussi la chance d’avoir un autre métier dont il vivait, ce qui lui permettait de faire ce qu’il voulait. Pas d’actionnaire à qui rendre compte à l’époque. Heureusement,car il vendait à la moitié du prix de ce qui se pratiquait. Mais Mr Lafon faisait du vin pour le plaisir, et à cette époque on ne partageait pas d’information entre Domaines.
    Tout était fait à la main jusqu’au collage des étiquettes au pinceau sur 1/3 de la largeur de chaque côté. Lorsque Dominique vient prendre le relais en 1984, il fallait changer de mode opératoire ou le Domaine ne pourrait pas se développer ni survivre longtemps.C’est aussi l’époque où les actionnaires familiaux demandèrent que le Domaine produise des résultats. Dominique a réussi cette transformation et a développé le Domaine, en acquérant des surfaces supplémentaires de crus existants et en y ajoutant depuis quelques années de nouveaux 1er crus. Il mis en valeur les rouges qui n’intéressaient pas vraiment Mr Lafon père.Il créa aussi le Domaine des Héritiers du Comte Lafon. Tout en développant l’international il garde pour la France environ 40% de la production,ce qui est unique à ce niveau de reconnaissance mondiale.J’ai donc connu et je bois encore des vins de Mr Lafon père et bien sur de Dominique. Le 82 de Mr Lafon père était une splendeur inimaginable. Le 88 de Dominique est vraiment un immense vin, l’année demandait une très longue garde avant d’y toucher (en blanc comme en rouge). J’ai goûté le premier 88 blanc Lafon en 98, puis en 2003, 2005 et surtout de 2006 jusqu’en 2010. Je garde les derniers 88 pour voir en 2018. Depuis 84, Dominique enchaîne les grandes réussites: 85, 86, 88, 89, 90, 91, 92, 96, 99, 2000 etc…et même dans les “petites” années, ce qui est le signe d’un grand vigneron/vinificateur. Quelques soucis d’oxydation prématurée en 97/98 comme PARTOUT ( si je ne le disait pas on me le reprocherait assurément…. )
    A tous les Amateurs de grands vins: patientez et patientez encore. Merci au Domaine.
    (n.b. j’ai heureusement d’exceptionnelles conditions de conservation aussi)

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