Michel Bettane au Chili, notre saga de l’été


L’été a commencé chaud, nos vins auront peut-être cette année
un profil d’hémisphère sud. Autant commencer à s’y habituer en révisant nos connaissances
sur les vins chiliens, modèles du continent sud-américain.

CARNET DE ROUTE >À consulter ici…

J’ai eu beaucoup de chance de découvrir le vignoble Chilien à la fin d’un mois de mars particulièrement torride, mettant parfaitement en valeur l’opposition incroyable entre la sécheresse presque désertique du cœur de la vallée centrale et les oasis vertes des vallées transversales, métamorphosée par l’eau de fleuves et de rivières prenant leur source dans les contreforts des Andes. J’ai eu encore plus de chance de visiter les vignobles dans un pays pacifié, moderne, ayant parfaitement profité de la première longue période de tranquillité d’une histoire incroyablement chargée pour la population en souffrances de tout ordre, coup d’états, guerres civiles, crises économiques, tremblements de terre et tsunamis dévastateurs.
La vie urbaine dans les grandes cités favorise le développement de la convivialité pour une population qui aime sortir, boire et manger. Elle attire aussi de nombreux touristes étrangers venus des Etats-Unis ou des pays voisins, Pérou, Argentine et surtout Brésil, qui eux aussi aiment boire, manger et visiter les nombreuses merveilles naturelles du pays. Dans ce contexte le vin fait partie de la vie normale des familles, sans le chichi et le snobisme qui existe dans nos vieux pays occidentaux, mais aussi sans leur raffinement. Le chilien aime avant tout le vin rouge, costaud, épicé, plein de fruit, bu jeune et sans tralala. Une nouvelle génération, souvent majoritairement féminine s’intéresse plus aux blancs, qu’elle boit parfois pour eux-mêmes, au verre, dans les bars de Santiago ou de Valparaiso et de plus en plus aux vins effervescents. On n’aime pas les vins trop chers (5 à 10 000 pesos – entre 5 et 13 euros- semblent largement suffisants pour un vin de qualité), les cuvées iconiques partant à plus de 95% à l’export.

Il n’y a pas encore une gastronomie de grand luxe, avec des sommeliers exigeants sur les accords mets et vins, comme au Brésil, mais le mouvement commence dans les restaurants des wineries les plus prestigieuses.

Mon programme de visite a été fixé par Wines of Chile, association officielle de promotion des vins chiliens auprès des professionnels étrangers ou nationaux, et s’est limité au cœur de la vallée centrale, sur une bande de 300 kilomètre entre le nord, le nord-ouest, le sud et le sud-ouest de Santiago. J’ai pu visiter en profondeur une douzaine de propriétés parmi les plus représentatives de l’histoire du vin dans le pays, et qui continuent à produire des vins de référence. Partout j’ai constaté que la nouvelle génération d’agronomes et d’œnologues se pose de justes questions l’évolution idéale de leurs pratiques et du goût des vins. Il est évident que la viticulture biologique ou biodynamique progresse, avec le souci d’une meilleure connaissance des sols, du matériel végétal et de la plantation progressive des cépages qui conviennent le mieux. On se dirige aussi vers des vins rouges plus équilibrés en alcool et en tannin, vendangés à un moment plus précoce et plus précis où la richesse en sucre des baies est plus modérée et l’acidité plus vivifiante, sans être exagéree.

crédits photo d’ouverture : Paulina Sanchez

 


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